Sécurité
RDC : Banditisme urbain, enlèvement à Kinshasa, nouvelles unités de police, le commandant de la police s’exprime
La lutte contre le banditisme urbain en République démocratique du Congo (RDC) dépend de la résolution des problèmes sociaux qui en sont responsables.
Le commissaire provincial de police, Blaise Kilimba Limba, a exposé la situation lors d’une conférence de presse ce dimanche, concernant l’éradication du banditisme urbain.
Il a souligné que ce fléau existait depuis de nombreuses années et que les problèmes sociaux en étaient la principale cause. Bien que la police nationale ait pour mission de traquer les criminels et de les punir conformément à la loi, il est important de souligner que sans une amélioration des conditions sociales, il sera difficile de mettre fin au phénomène des Kuluna.
« Le Kuluna (banditisme urbain) est un phénomène social qui existe depuis longtemps. Pour l’éradiquer, il est nécessaire de résoudre les problèmes sociaux qui en sont à l’origine. Tant que ces problèmes sociaux ne seront pas résolus, il sera difficile de mettre fin à ce banditisme urbain. Cependant, la police ne baisse pas les bras. Nous poursuivons nos opérations pour traquer ces Kuluna et les soumettre à la rigueur de la loi« , a déclaré Blaise Kilimbalimba, commissaire provincial de la police nationale de Kinshasa.
Kanyama Kasese, une solution parmi d’autres
Parmi les solutions envisagées pour lutter contre le banditisme urbain, il y a le projet de former des ingénieurs au centre de rééducation et d’apprentissage des métiers du service national de Kanyama Kasese, dans la province du Haut Lomami. Ce centre, axé sur l’agriculture et l’élevage, nécessite plusieurs ressources pour accueillir et encadrer cette catégorie de personnes afin de favoriser leur réinsertion sociale.
« Ce processus est en cours, mais il y a une planification. Kanyama Kasese est un centre qui dispose d’instructeurs et de toutes les ressources nécessaires, car c’est avant tout un centre agro-pastoral. Ainsi, pour envoyer un autre groupe de Kuluna là-bas, il faut réunir tous les éléments nécessaires pour les accueillir et les encadrer. Une fois qu’ils sont envoyés là-bas, ils bénéficient d’une formation pour faciliter leur réinsertion sociale », a-t-il expliqué.
Le phénomène des Kuluna, un terrorisme urbain
La police congolaise considère le banditisme urbain comme une menace sérieuse, responsable de nombreux problèmes en RDC, compte tenu de la gravité des crimes commis par ces délinquants.
« Nous ne devons pas prendre le phénomène des Kuluna à la légère. C’est un problème majeur qui nécessite des solutions appropriées. Ces criminels commettent des infractions. Il s’agit en réalité d’un terrorisme urbain. C’est pourquoi nous les transférons devant l’auditorat militaire afin qu’ils soient jugés selon la loi militaire », a déclaré le commandant de la police de la ville de Kinshasa.
Que faire en cas de libération de ces récidivistes ?
Depuis plusieurs années, la population congolaise dénonce la libération de bandits Kulunas après leur arrestation par la police. Ces individus retournent ensuite dans leurs quartiers pour commettre de nouveaux actes criminels. Des mesures ont été prises pour que chaque bandit ou groupe de bandits soit puni conformément à la loi.
« Notre objectif est de mettre fin à cette pratique où les Kulunas arrêtés sont libérés après un certain temps et reviennent se venger des victimes qui les ont traduits en justice. Aujourd’hui, lorsqu’on vous arrête en tant que Kuluna, c’est la juridiction compétente qui s’occupera de votre cas. Vous serez contraint de purger la peine qui vous est infligée », a-t-il précisé.
Le double aspect du phénomène des enlèvements à Kinshasa
Depuis plusieurs années, des cas d’enlèvements ont été signalés en RDC, bien que certains cas puissent être douteux malgré la réalité de ce phénomène.
La police de Kinshasa est consciente de ce problème et tente de le résoudre en renforçant les mesures de sécurité et en enquêtant sur les cas d’enlèvement. Le commandant de la police de la ville a souligné qu’il existe un double aspect dans le phénomène des enlèvements à Kinshasa. Certains cas sont réels et doivent être traités avec sérieux, tandis que d’autres peuvent être le résultat de rumeurs ou de fausses informations.
Il est important pour la population de signaler rapidement tout cas d’enlèvement présumé à la police afin qu’une enquête puisse être menée. La collaboration entre la police et la population est essentielle pour lutter efficacement contre ce phénomène.
Création de nouvelles unités de police
Dans le cadre des efforts pour renforcer la sécurité à Kinshasa, de nouvelles unités de police ont été créées. Le commissaire provincial de police a annoncé la création de l’Unité d’intervention rapide (UIR) et de l’Unité de lutte contre le grand banditisme (ULGB).
L’UIR est une unité spéciale formée pour intervenir rapidement et efficacement dans des situations d’urgence, telles que des attaques armées ou des troubles civils. L’ULGB, quant à elle, est une unité chargée de lutter contre le grand banditisme et de traquer les criminels dangereux.
Ces nouvelles unités de police sont un ajout important aux efforts de sécurité à Kinshasa et contribueront à renforcer la présence policière dans la ville.
En conclusion, la lutte contre le banditisme urbain et les enlèvements à Kinshasa en RDC est un défi complexe qui nécessite à la fois des mesures de sécurité renforcées et des efforts pour résoudre les problèmes sociaux sous-jacents. La police travaille activement pour traquer les criminels, renforcer la sécurité et garantir que les coupables soient traduits en justice. La collaboration entre la police et la population est essentielle pour assurer la sécurité de tous.
Monica Bubanji Congoprofond.net
Sécurité
14 décès en janvier, 8 blessés en février sans prise en charge… : la société civile dresse un bilan sécuritaire alarmant du premier trimestre 2026 à Butembo
La Coordination urbaine de la Société civile du Congo (SOCICO) à Butembo a présenté, ce 15 avril 2026, un bilan sécuritaire préoccupant couvrant les trois premiers mois de l’année. Selon cette structure, 14 personnes ont été tuées au mois de janvier dans différents incidents, notamment des incursions d’hommes armés, des cas de justice populaire et des découvertes de corps sans vie.
Le mois de février a, quant à lui, a été marqué par plusieurs drames, dont des éboulements et des actes criminels ayant fait au moins 8 blessés graves, déplorés sans prise en charge adéquate. Bien qu’une relative accalmie ait été enregistrée en mars, la SOCICO estime que la situation sécuritaire reste fragile et préoccupante dans la ville.
Face à ce constat, la société civile dénonce la faible réactivité des services de sécurité et l’impunité persistante. Elle appelle les autorités à renforcer les patrouilles mixtes, intensifier les enquêtes et améliorer l’éclairage public, tout en exhortant la population à collaborer avec les forces de l’ordre et à éviter le recours à la justice populaire.
Exaucé Kaya
