À la Une
Crise à l’Est de la RDC : Après Kinshasa, les facilitateurs de l’UA à Kigali, un rapport très attendu à Addis-Abeba
Après une première étape à Kinshasa, les facilitateurs de l’Union africaine (UA) pour l’est de la République démocratique du Congo poursuivent leur mission diplomatique dans la région des Grands Lacs. Reçus jeudi 29 janvier par le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, les cinq anciens chefs d’État africains qui composent ce panel de haut niveau sont attendus ce vendredi à Kigali pour une rencontre avec le président rwandais Paul Kagame. La délégation se rendra ensuite au Burundi avant de présenter les conclusions de sa mission lors du prochain sommet de l’UA prévu à la mi-février à Addis-Abeba.

À Kinshasa, l’urgence de la désescalade et du dialogue
À Kinshasa, les échanges entre le chef de l’État congolais et les facilitateurs de l’UA, en présence de la médiation togolaise, ont porté sur la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Chargé d’accompagner les processus de paix dits de Washington et de Doha, le panel a pour objectif prioritaire de favoriser la désescalade des tensions, de maintenir le dialogue entre les parties et de promouvoir un rapprochement durable.
« Il s’agit de trouver des solutions africaines aux problèmes africains », a souligné un diplomate en poste en RDC, rappelant la volonté de l’Union africaine de reprendre la main sur les mécanismes de règlement du conflit. Une approche saluée par le président Félix Tshisekedi, qui a exprimé son soutien à cette initiative continentale lors de la séance de travail.
Un rapport attendu au sommet de l’UA à Addis-Abeba
À l’issue de cette tournée régionale, les facilitateurs devront remettre à l’Union africaine un rapport détaillé assorti de propositions concrètes. Ce document servira de base aux discussions lors du prochain sommet de l’organisation panafricaine. « Nous allons écouter les uns et les autres et voir ce qui peut être fait », a déclaré l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde, insistant sur la nécessité d’une écoute inclusive et d’une approche pragmatique.
Kigali, première visite collective du panel
La mission se poursuit ce vendredi 30 janvier à Kigali, marquant le premier déplacement collectif de la délégation dans la capitale rwandaise. Cette étape intervient quelques semaines après la réunion d’harmonisation des processus de paix pour l’est de la RDC, organisée à Lomé, au Togo, à la mi-janvier. À cette occasion, les participants avaient souligné la nécessité de renforcer la médiation africaine. « L’Union africaine doit jouer un rôle déterminant » dans la mise en œuvre des processus de Washington et de Doha, avait alors affirmé le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe.
Si certains membres du panel, à l’instar de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo (en charge des questions de défense et de sécurité ) se sont déjà rendus au Rwanda par le passé, d’autres effectuent leur première visite officielle à Kigali depuis leur nomination, notamment l’ancienne présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza et Sahle-Work Zewde.
Cap sur Gitega, future présidence de l’Union africaine
Après l’étape rwandaise, les facilitateurs de l’UA sont attendus à Gitega, au Burundi, pour une première prise de contact avec les autorités burundaises. Ce déplacement revêt une importance particulière, le Burundi devant assurer la présidence tournante de l’Union africaine à partir du mois prochain.
À travers cette tournée diplomatique, l’UA tente d’insuffler une nouvelle dynamique à la recherche de la paix dans l’est de la RDC, en réaffirmant sa volonté de placer la résolution du conflit au cœur d’une réponse africaine concertée et crédible.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Scènes choquantes à Kananga : Des chefs coutumiers se battent pour l’enveloppe présidentielle de 16.700 USD !
La quiétude au sein des autorités coutumières du territoire de Demba, dans la province du Kasaï-Central, est sérieusement mise à mal depuis le départ du Président de la République, Félix Tshisekedi, à l’issue de son récent séjour officiel dans la région. Une vive polémique secoue actuellement l’Association des chefs des groupements de Demba, sur fond d’accusations de détournement présumé d’une enveloppe présidentielle évaluée à 16.700 dollars américains, destinée aux autorités coutumières ayant pris part à l’accueil du Chef de l’État à Kananga.

Une enveloppe présidentielle au cœur des accusations
Selon un document officiel rendu public le jeudi 29 janvier, dont CONGOPROFOND.NET détient une copie, plus de 6 chefs coutumiers responsables de groupements sont mis en cause dans cette affaire, qui alimente une tension croissante au sein de la chefferie locale. Les signataires de la note dénoncent la disparition inexpliquée des fonds remis dans le cadre de l’itinérance présidentielle, censés couvrir principalement les frais de transport et de mobilisation des autorités coutumières venues de Demba pour participer à l’accueil du Chef de l’État au chef-lieu provincial.
Une lettre adressée aux autorités politico-administratives
Dans cette correspondance adressée aussi bien aux autorités politico-administratives provinciales que nationales, les chefs coutumiers s’estimant lésés réclament justice et exigent la restitution immédiate des fonds. Le document, qui porte un nombre important de signatures, traduit le ras-le-bol des bénéficiaires présumés, dénonçant un acte qu’ils qualifient de grave atteinte à leur dignité et à leurs droits.
« Nous vous demandons de pouvoir nous remettre dans notre droit de toucher à notre argent de transport laissé par le Chef de l’État Félix Tshisekedi, porté disparu sans aucune trace », peut-on lire noir sur blanc dans cette note à caractère accusatoire.
Les signataires estiment que cette situation, au-delà du préjudice financier, constitue une violation des usages coutumiers et un facteur de division au sein de l’autorité traditionnelle de Demba.
Des chefs coutumiers nommément cités
Parmi les personnes citées dans ce document comme présumés auteurs du détournement figurent notamment les chefs coutumiers suivants : Dibinga Mampuya, Mande Tshinkenke, Luyamba Onolongo, Ndaya Kabanda et Katuambi. Les plaignants affirment que les présumés détourneurs sont clairement identifiés et appellent les instances compétentes à agir sans délai.
La partie dite victime sollicite ainsi l’intervention urgente des autorités administratives, politiques et judiciaires afin d’éviter une aggravation de la situation, craignant que ce conflit interne ne dégénère davantage.
Une bagarre publique qui choque l’opinion
Il sied de préciser que cette affaire serait à l’origine de la bagarre jugée honteuse survenue en pleine journée dans la ville de Kananga, opposant le camp des présumés détourneurs à celui des bénéficiaires lésés. La scène, filmée par des témoins, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation au sein de l’opinion publique locale et nationale.
Ces images, devenues virales, ont porté un sérieux coup à l’image de l’autorité coutumière, pourtant considérée comme un pilier de la cohésion sociale et de la stabilité communautaire dans la région.
Une tension persistante et des appels à la justice
À l’heure actuelle, la tension demeure vive au sein des autorités coutumières de Demba. Plusieurs voix s’élèvent pour appeler au calme, tout en exigeant que la justice fasse son travail en toute indépendance, afin de situer les responsabilités et de rétablir la confiance au sein de la chefferie.
Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités traditionnelles sont appelées à jouer un rôle central dans la gouvernance locale, la paix sociale et l’accompagnement des actions de l’État. Pour de nombreux observateurs, une clarification rapide et transparente de ce dossier s’impose, afin d’éviter que ce différend n’entache durablement l’image des institutions coutumières du Kasaï-Central.
En attendant d’éventuelles réactions officielles des personnes mises en cause ou des autorités compétentes, l’opinion publique reste suspendue à l’évolution de ce dossier, devenu emblématique des tensions internes que peuvent générer la gestion des fonds publics et les attentes sociales autour des visites présidentielles.
Félicien MK/CONGOPROFOND.NET
