Connect with us

À la Une

Scènes choquantes à Kananga : Des chefs coutumiers se battent pour l’enveloppe présidentielle de 16.700 USD !

Published

on

La quiétude au sein des autorités coutumières du territoire de Demba, dans la province du Kasaï-Central, est sérieusement mise à mal depuis le départ du Président de la République, Félix Tshisekedi, à l’issue de son récent séjour officiel dans la région. Une vive polémique secoue actuellement l’Association des chefs des groupements de Demba, sur fond d’accusations de détournement présumé d’une enveloppe présidentielle évaluée à 16.700 dollars américains, destinée aux autorités coutumières ayant pris part à l’accueil du Chef de l’État à Kananga.

Une enveloppe présidentielle au cœur des accusations

Selon un document officiel rendu public le jeudi 29 janvier, dont CONGOPROFOND.NET détient une copie, plus de 6 chefs coutumiers responsables de groupements sont mis en cause dans cette affaire, qui alimente une tension croissante au sein de la chefferie locale. Les signataires de la note dénoncent la disparition inexpliquée des fonds remis dans le cadre de l’itinérance présidentielle, censés couvrir principalement les frais de transport et de mobilisation des autorités coutumières venues de Demba pour participer à l’accueil du Chef de l’État au chef-lieu provincial.

Une lettre adressée aux autorités politico-administratives

Dans cette correspondance adressée aussi bien aux autorités politico-administratives provinciales que nationales, les chefs coutumiers s’estimant lésés réclament justice et exigent la restitution immédiate des fonds. Le document, qui porte un nombre important de signatures, traduit le ras-le-bol des bénéficiaires présumés, dénonçant un acte qu’ils qualifient de grave atteinte à leur dignité et à leurs droits.

« Nous vous demandons de pouvoir nous remettre dans notre droit de toucher à notre argent de transport laissé par le Chef de l’État Félix Tshisekedi, porté disparu sans aucune trace », peut-on lire noir sur blanc dans cette note à caractère accusatoire.

Les signataires estiment que cette situation, au-delà du préjudice financier, constitue une violation des usages coutumiers et un facteur de division au sein de l’autorité traditionnelle de Demba.

Des chefs coutumiers nommément cités

Parmi les personnes citées dans ce document comme présumés auteurs du détournement figurent notamment les chefs coutumiers suivants : Dibinga Mampuya, Mande Tshinkenke, Luyamba Onolongo, Ndaya Kabanda et Katuambi. Les plaignants affirment que les présumés détourneurs sont clairement identifiés et appellent les instances compétentes à agir sans délai.

La partie dite victime sollicite ainsi l’intervention urgente des autorités administratives, politiques et judiciaires afin d’éviter une aggravation de la situation, craignant que ce conflit interne ne dégénère davantage.

Une bagarre publique qui choque l’opinion

Il sied de préciser que cette affaire serait à l’origine de la bagarre jugée honteuse survenue en pleine journée dans la ville de Kananga, opposant le camp des présumés détourneurs à celui des bénéficiaires lésés. La scène, filmée par des témoins, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation au sein de l’opinion publique locale et nationale.

Ces images, devenues virales, ont porté un sérieux coup à l’image de l’autorité coutumière, pourtant considérée comme un pilier de la cohésion sociale et de la stabilité communautaire dans la région.

Une tension persistante et des appels à la justice

À l’heure actuelle, la tension demeure vive au sein des autorités coutumières de Demba. Plusieurs voix s’élèvent pour appeler au calme, tout en exigeant que la justice fasse son travail en toute indépendance, afin de situer les responsabilités et de rétablir la confiance au sein de la chefferie.

Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités traditionnelles sont appelées à jouer un rôle central dans la gouvernance locale, la paix sociale et l’accompagnement des actions de l’État. Pour de nombreux observateurs, une clarification rapide et transparente de ce dossier s’impose, afin d’éviter que ce différend n’entache durablement l’image des institutions coutumières du Kasaï-Central.

En attendant d’éventuelles réactions officielles des personnes mises en cause ou des autorités compétentes, l’opinion publique reste suspendue à l’évolution de ce dossier, devenu emblématique des tensions internes que peuvent générer la gestion des fonds publics et les attentes sociales autour des visites présidentielles.

Félicien MK/CONGOPROFOND.NET

 

À la Une

Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda plaide pour une refondation institutionnelle

Published

on

Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine. 

À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda, à titre personnel, appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions

Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.

L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.

Un mandat présidentiel plus long

Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.

La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.

Les fonctions de souveraineté et la question identitaire

Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.

Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.

Vers un Parlement monocaméral ?

Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.

Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.

Rappelons que l’activiste Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. Ses nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de ce citoyen qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

Continue Reading