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RDC : Matata Ponyo conteste sa condamnation et dénonce une instrumentalisation politique et tribale de la justice

L’ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo et opposant politique, Augustin Matata Ponyo Mapon, est longuement revenu sur sa situation judiciaire, lors d’une émission à TV5 Monde mercredi 28 janvier, à la suite de sa condamnation pour détournement de fonds publics prononcée en mai 2025 par la justice congolaise.

Interrogé sur les raisons de son départ du pays après cette décision judiciaire, Matata Ponyo a formellement rejeté l’idée d’une condamnation juridiquement valable à son encontre. Selon lui, la procédure ayant conduit à cette décision viole les principes fondamentaux consacrés par la Constitution congolaise et ne saurait, de ce fait, produire des effets légaux.

« Je n’ai jamais été condamné au regard du droit », affirme l’ancien Premier ministre

Augustin Matata Ponyo soutient que, du point de vue strictement juridique, aucune condamnation ne peut être retenue contre lui, estimant que les règles constitutionnelles encadrant le jugement des citoyens n’ont pas été respectées. Il affirme que la justice congolaise a agi en dehors du cadre légal afin de sanctionner un responsable politique ayant refusé de coopérer avec le pouvoir en place.

« En ce qui me concerne, au point de vue du droit, je n’ai jamais été condamné », a-t-il déclaré, rappelant que la Constitution impose que tout citoyen soit jugé conformément à la loi, condition qui, selon lui, n’a pas été remplie dans son dossier.

Un départ du pays présenté comme un acte de protection

Réagissant aux accusations de fuite, l’ancien chef du gouvernement explique que son éloignement du territoire national relève d’un droit à la protection personnelle face à ce qu’il considère comme une justice instrumentalisée. Selon lui, lorsqu’une personne n’est pas jugée conformément à la loi, elle est en droit de prendre des mesures pour préserver sa sécurité et sa dignité.

Il insiste néanmoins sur le fait qu’il ne s’est jamais soustrait à la justice, rappelant avoir répondu aux convocations judiciaires durant plusieurs années. Matata Ponyo affirme avoir refusé des propositions de protection à l’étranger, préférant, dit-il, faire face aux procédures judiciaires afin de défendre son honneur et son intégrité morale.

Une justice politisée et à caractère tribal

Dans ses déclarations, l’opposant politique dénonce ce qu’il qualifie de procès politique et tribalo-ethnique. Il affirme que les magistrats ayant statué sur son dossier seraient issus de la même communauté que le président de la République, ce qui, selon lui, remet sérieusement en cause l’impartialité et l’indépendance de la justice.

« Comment est-il possible, dans un pays qui compte plus de 450 tribus, qu’un ancien Premier ministre soit jugé uniquement par des magistrats appartenant à la tribu du chef de l’État ? », s’est-il interrogé, qualifiant cette situation de « jugement tribalo-ethnique ».

Ces accusations, particulièrement graves, n’ont à ce stade pas fait l’objet de réactions officielles de la part des autorités judiciaires ou gouvernementales.

Disponibilité réaffirmée à se défendre devant une justice impartiale

Malgré la virulence de ses critiques, Augustin Matata Ponyo affirme demeurer disposé à répondre devant la justice, à condition que celle-ci respecte les principes d’indépendance, d’impartialité et de légalité. Il se dit convaincu que son dossier sera un jour rouvert et que la « vraie justice » finira par prévaloir.

L’ancien Premier ministre estime que son honneur et sa dignité ont été injustement atteints par une procédure qu’il juge irrégulière, tout en affirmant garder confiance dans l’avenir.

Un dossier aux répercussions politiques majeures

La situation judiciaire de Matata Ponyo continue de susciter de vifs débats sur l’indépendance de la justice et l’État de droit en République démocratique du Congo. Pour ses partisans, ce dossier illustre une instrumentalisation des institutions à des fins politiques. Pour ses détracteurs, il s’agit au contraire de l’application normale de la loi à un ancien haut responsable de l’État.

Félicien MK | CONGOPROFOND.NET