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Congo-Brazza/Paix dans le Pool : Que devient l’accord du 23 décembre 2017 ?
Le 23 décembre 2017, le gouvernement et le Conseil national des républicains (CNR) de Frederick Bintsamou alias pasteur Ntumi, avaient pris l’engagement de taire définitivement les armes dans le département du Pool à travers un accord de cessation des hostilités signé par les deux parties. Seulement, son exécution pose problème.
Au sortir de la signature de cet accord, il revenait au pasteur Ntumi de promouvoir la libre circulation des personnes et des biens, de ramasser 8007 armes toutes catégories confondues, et sensibiliser les ex-combattants pour les arrimer à la dynamique de paix. C’est dans ce cadre, avec le gouvernement qu’ils ont démantelé toutes les barrières informelles le long des routes du département, et autorisé la reprise du trafic ferroviaire.
Cependant, du côté du CNR la satisfaction n’est pas à son comble. Car, 5 ans après la signature de cet accord, il reste à ce jour l’allègement progressif du dispositif militaire dans le Pool et la réinsertion socio-économique des ex-combattants.
« Dans ce registre, il faut noter que les bailleurs de fonds internationaux sont disponibles à aider le gouvernement dans le démarrage de l’opération de Désarment, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants à hauteur de 6 milliards de FCFA, dont 2 milliards FCFA pour l’Etat congolais», a indiqué Ane Philippe, le chargé à l’organisation du CNR, lors d’un entretien avec notre rédaction.
«Mais le gouvernement tarde à mobiliser cet argent pour le démarrage effectif du DDR. Ce qui fait que globalement aucun ex-combattant autour du pasteur Ntumi n’a bénéficié d’une quelconque réinsertion de la part du gouvernement depuis 22 ans », a-t-il précisé.
Par ailleurs, il a relevé la détermination du pasteur Ntumi, qui, selon lui, conformément aux dispositions de l’accord, continue de consolider la paix dans un cadre institutionnel, comme à l’époque où il était le délégué général chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre auprès du président de la République.
« En tout cas jusqu’à la dernière élection présidentielle, le revend pasteur Ntumi a prouvé qu’il est un homme de paix à travers sa conférence de presse animée à Minkala, dans le district de Mayama, avant le scrutin présidentiel », a rappelé le chargé à l’organisation.
A ce sujet, Ane Philippe rappelle au gouvernement qu’il a été fait mention dans cet accord la libération des résidences privées de Ntumi, notamment à Soumouna et Mbouamboudi, dans le district de Goma Tsé-Tsé encore occupées par la force publique. Il est également prévu l’organisation d’un bûcher pour détruire les armes ramassées pendant l’opération de ramassage d’armes, a-ton appris.
« Pourquoi le gouvernement traine-t-il le pied pour prendre ses responsabilités qui lui incombent en termes de responsabilités contractuelles alors que le pasteur a joué sa partition? », s’est interrogé Ane Philippe, avant de rappeler que le président du CNR en faisant ainsi, il coupait l’herbe sous les pieds de tous les ennemis de la paix qui pensaient que « le Pool était l’épicentre de la guerre ».
Il a conclu en invitant le gouvernement à peser de tout son poids pour que la situation des ex-combattants devenue endémique trouve une issue satisfaisante pour que la paix soit effective dans le département du Pool.
Achille Tchikabaka/CONGOPROFOND.NET