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Kinshasa : les anti-valeurs reprennent de l’ampleur, 127 milles enfants vivent dans la rue ! ( Autopsie des « Bana St Jean Fondation »)
L’Association «Bana Saint-Jean Fondation » (BSJF) a organisé, ce samedi 19 février 2022, une conférence qui a porté sur : « Éducation en RDC : Enjeux, Défis et perspectives », au 5éme niveau de l’immeuble Reine de la paix à Gombe, en marge de la célébration de la journée internationale de l’éducation.
La BSJF, un organisme d’assistance et de promotion sociale, d’éducation civique, de défense des droits humains y compris le droit de la propriété intellectuelle et la protection de l’environnement en RDC, a réuni d’éminents professeurs d’université, le représentant de l’UNESCO et des artistes, autour d’une table, afin de réfléchir sur l’éducation. Chaque panéliste à démontrer noir sur blanc, les failles du système éducatif congolais.
Le père Martinien Bosokpale, premier à prendre la parole, pense que les anti-valeurs ont tellement pris de l’ampleur et freinent le développement du pays.
Selon lui, plusieurs facteurs sont à la base de la baisse de l’éducation. À savoir : le clientélisme, le favoritisme, la pauvreté la délinquance juvénile, etc.
« À ce jour, 127 milles enfants vivent dans la rue. La délinquance juvénile, le manque d’éducation a atteint un niveau élevé. Ceendant, ces enfants ne peuvent pas contribuer au développement car ils ne sont pas éduqués. La famille, l’église, la police, le gouvernement, sont tous tenus pour responsable du manque de l’éducation. L’enseignement étant en souffrance, ces différents lieux éducatifs doivent tout faire pour élever le niveau de l’éducation », fait savoir le Père Martinien Bosokpale.
Pour le Professeur Jean Kambayi Bwatsha, une personne éduquée, ça se voit clairement. «Éduquer c’est mettre sur la bonne voix. Sur le plan morale, éthique, artistique, juridique, etc. Quand on dit d’une personne qu’elle est bien éduquée, ce qu’elle a les bonnes valeurs. Malheureusement ce n’est pas ce qu’on constate aujourd’hui. Même sur le campus universitaire, les enseignants et les étudiants sont tous confondus alors que l’université est un lieu du savoir ».
Jean-Goubald Kalala a, quant à lui, rejeté la faute sur le plan artistique à certains de ses collègues musiciens qui n’éduquent pas à travers leurs chansons. Selon lui, les musiciens influencent l’éducation, car l’artiste est un créateur dans la mesure où il éduque à travers son art. «Je refuse de faire partie de cette catégorie des musiciens qui abrutissent les gens à travers leurs chansons et à qui on donne les médailles », a-t-il déclaré.
Plusieurs défis à relever pour sauver le système éducatif congolais. L’Etat congolais a la charge d’organiser la bonne marche de l’éducation et d’améliorer les conditions de vie des enseignants.
Elda Along/CONGOPROFOND.NET
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Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
