Actualité
Chan 2020 : au bout du suspense, la RDC arrache un nul face à la Libye
Alors qu’on s’acheminait vers la fin de la rencontre, les Léopards de la RDC ont sorti leur dernière cartouche pour abattre le portier libyen, marquant ce but égalisateur dans cette rencontre comptant pour la deuxième journée de phase des groupes du championnat d’Afrique des Nations, jouée ce 21 janvier au stade Japoma du Cameroun.
Cueillis à froid par la Libye dès la 5eme minute de la première période, la RDC amputée de son entraîneur Florent Ibenge et de son gardien principal, Ley Matampi en raison de leur contamination au virus de Covid-19, a passé un match moyen l’après-midi du jeudi avec seulement 3 tirs cadrés durant toute la rencontre.
Pamphile Mihayo qui a pris la place d’Ibenge s’est vu obligé de changer toute sa ligne d’attaque en seconde mi-temps pour voir ce but salvateur aux ultimes minutes du temps additionnels par l’entremise du milieu du terrain Amedé Masasi. D’une frappe éclaire, celle-ci a pris la lucarne gauche du gardien Libyen. Égalisation !
Pendant que les Libyens imposaient un faux rythme aux Léopards pour conserver leur avantage au marquoir, Mihayo a lancé, dans la foulée, Ricky Tulenge, William Likuta et Dark Kabangu… Et ce but égalisateur est venu après un ballon de Ricky Tulenge mal renvoyé par la Libye.
1-1 , les léopards conservent donc la tête du groupe B avec, au passage, 4 points après deux journées. La Libye enregistre un deuxième nul après celui face au Niger en première journée.
Notons que la deuxième rencontre de ce groupe s’est terminée sur un score d’égalité entre le Niger et le Congo Brazzaville (1-1).
La qualification des Léopards pour le quart des finales se jouera lors de la troisième et dernière journée.
Il faut signaler qu’après cinq testés positifs avant la première journée, la liste s’est rallongée ce jeudi 21 janvier. Dans le lot, il y a Florent Ibenge et 4 joueurs( Ley Matampi, Guy Serge, Doxa Gikanji, Andy Bikoko) ainsi que le media office et le kinésithérapeute. Tous sont mis en quarantaine.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
Politique
Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple
Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.
Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.
Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.
Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.
Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.
S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
