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CENI : accusé de négocier avec l’Union Sacrée, Raymond Tshibanda désavoué par une frange du FCC !
Le Front Commun pour le Congo (FCC) traverse une zone de turbulence ces derniers jours. Ce lundi, 1er novembre, un groupe de présidents des partis et regroupements politiques a retiré sa confiance à Raymond Tshibanda et à sa cellule de crise. Ils annoncent, à dater de ce jour, la dissolution de cette cellule.
Dans une déclaration rendue publique, ce lundi à Kinshasa, ces membres disent constater avec regret que “la cellule de crise initiée par la Conférence des présidents et validée par l’Autorité Morale, Son Excellence Joseph Kabila en décembre 2020, vient de totaliser 11 mois sans rendre les résultats du travail pour lequel elle a été mise en place”.
A l’heure des enjeux autour de la désignation des membres de l’opposition au bureau de la Ceni Rdc, ces Kabilistes accusent davantage les membres de cellule de transformer la plateforme politique en petit club d’amis de prise de décisions. Des décisions d’exclusion qui ont déchiré le FCC dans un passé récent.
«Les mêmes camarades “caciques” qui étaient à la base de la débâcle de la famille politique, continuent à se servir irrégulièrement et unilatéralement du label collectif du FCC pour des fins personnelles et égoïstes, abusant ainsi de la confiance de l’Autorité Morale et des autres camarades membres. Ils négocient en coulisse avec l’Union Sacrée pour placer encore leurs poulains», ont-ils dénoncé.
Ils justifient le retrait de confiance à cette cellule de crise par le refus de continuer à vivre dans l’anarchie et la liquidation de leur plateforme. Ils invitent à l’identification de tous les membres marginalisés encore fidèles à la vision de Joseph Kabila.
Rappelons que le président de la République lors de sa dernière adresse à la nation avait encouragé l’opposition à compléter ses trois membre devant sieger au Bureau de la CENI.
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
