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Carnage de Djugu: Les députés de l’Ituri exige l’ouverture d’une action disciplinaire à l’égard du commandant régiment local
Le nouveau massacre survenu ce dimanche 08 mai 2022, ayant coûté la vie à plus de 50 civils au camp Blankete dans le territoire de Djugu, révolte au plus haut point les parlementaires de l’Ituri. Ceux-ci exigent la levée « pure et simple de l’état de siège ».
Dans une note de désolation rendue publique 24 heures après le drame, leur caucus parle de 49 civils sauvagement tués et 19 autres blessés, avant de formuler une série des recommandations aux autorités compétentes.
Parmi ces exigences, les élus ituriens appellent à l’ouverture d’une action disciplinaire à l’égard du commandant du régiment FARDC déployé dans la zone, ainsi que l’élargissement des opérations conjointes FARDC-UPDF sur le territoire de Djugu.
Le caucus des parlementaires de l’Ituri exigent, par ailleurs, l’ouverture d’une enquête urgente pour mettre la main sur les commanditaires directs et indirects de cette attaque, avant de présenter leurs condoléances aux familles des victimes.
Pour rappel, plusieurs civils ont été massacrés dans cette nouvelle attaque, la troisième en terme d’intensité enregistrée depuis l’entrée en vigueur de l’état de siège, après celle survenue au site des déplacés de Drodro en novembre 2021 ainsi que celle de Bule trois mois plus tard.
Verite Johnson/CONGOPROFOND.NET
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
