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Carly Nzanzu aux manifestants contre la Monusco et les humanitaires: « Quand une famille est dans l’affliction, elle a plus besoin d’amis »
Le gouverneur du Nord-Kivu n’approuve pas la démarche des jeunes manifestants contre la Monusco et d’autres humanitaires à Beni et Butembo.
Pour Carly Nzanzu Kasivita, les humanitaires contribuent beaucoup dans plusieurs secteurs de la vie en province du Nord-Kivu. « Comme on est attaqué, on a plus besoin d’amis que des ennemis », a-t-il conscientisé au cours d’un échange avec la presse de Goma, ce mercredi 07 avril.
Le chef de l’exécutif provincial a, par ailleurs, dit comprendre la colère des jeunes vue la situation sécuritaire qui prévaut en province du Nord-Kivu. Toutefois, il les a demandés à respecter les lois du pays au cours des différentes manifestations.
« Il est vrai aussi qu’on ne peut pas discuter de l’affliction, de la colère que nous pouvons avoir comme humain au regard de ce qui se passe dans la province du Nord-Kivu. C’est tout à fait normal. Mais il est aussi normal que nous sommes dans un Etat qui est régulé, qui a aussi des lois et donc même si vous pouvez chercher à montrer à l’opinion que c’est assez, il faut le faire conformément à la loi. Quand un Etat est attaqué, quand une famille est dans l’affliction, cette famille a plus besoin d’amis. Aujourd’hui, lancer des messages, malheureusement, généralisés contre les humanitaires en province du Nord-Kivu, contre les Nations-Unies en province du Nord-Kivu, ce n’est pas être réaliste. Je peux vous confirmer qu’en ce qui concerne le Nord-Kivu, nous sommes une province déstabilisée pendant 30 ans; Il y a des secteurs aujourd’hui qui reçoivent des subventions de la solidarité internationale », a-t-il dit.
Pendant ce temps, la Lucha/Goma et certaines organisations des jeunes décrètent deux journées sans activités sur toute l’étendue de la ville touristique et projettent une marche pacifique. C’est pour demander le retour de la paix dans la région de Beni.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
