Provinces
Butembo : des jeunes se rendent à Nyaleke pour une formation militaire dans le cadre de la RAD
Une première vague de jeunes de la ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, s’est rendue ce samedi 24 mai 2025 à Nyaleke, dans le territoire de Beni, pour entamer une formation militaire de 45 jours au sein de la Réserve armée de la défense (RAD).
Répondant massivement à l’appel du mouvement citoyen Véranda Mutsanga, ces jeunes se sont retrouvés à l’enclos de l’opérateur économique Kafekit, point de départ vers le centre de formation. L’objectif affiché : apprendre le maniement des armes et les stratégies militaires, dans un contexte où le pays fait face à une guerre d’agression.
Dès 10h, de nombreux jeunes étaient déjà rassemblés, encouragés par Tembos Yotama, leader de la Véranda Mutsanga, qui les mobilisait pour intégrer la RAD. Certains se sont inscrits sur place avant de monter à bord des véhicules en direction de Nyaleke.

« Ils ont reçu l’information, ils ont été sensibilisés. Ceux qui sont prêts sont déjà dans le véhicule. Nous sommes à 11 heures, et nous espérons qu’à la mi-journée, d’autres arriveront. Plus ils viendront, plus ils seront déployés. Ceux qui sont prêts partent déjà pour Nyaleke, moi y compris », a déclaré Tembos Yotama.
Sur place, plusieurs jeunes ont exprimé leur motivation et leur détermination à défendre le pays. Kahuko Françoise, l’une des participantes, a souligné l’importance de l’engagement féminin dans cette démarche patriotique.
« J’ai la volonté de suivre la formation militaire parce que le pays va mal sur le plan sécuritaire. Ce n’est pas seulement aux garçons de défendre la nation. Nous, les femmes aussi, pouvons le faire. Que toutes celles qui en ont la volonté se joignent à nous », a-t-elle lancé.

Pour Baby Sakila, c’est le patriotisme qui l’a poussé à franchir le pas.
« Celui qui aime son pays et ne veut pas voir le M23 progresser vers le Nord-Kivu doit rejoindre la RAD. C’est l’amour de la patrie qui doit guider chacun de nous », a-t-il affirmé.
Ces jeunes vont donc passer 45 jours de formation intensive à Nyaleke, où ils apprendront les techniques de combat et les stratégies militaires de base, dans le cadre de la mobilisation populaire contre l’insécurité croissante dans l’est du pays.
Dalmond Ndungo | CONGOPROFOND.NET
Provinces
« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés
Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.
Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.
Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.
Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.
Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.
Junior kasamba/Congoprofond.net
