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Bunia : victime d’un viol collectif par des présumés militaires FARDC, Hortense a peur de dénoncer

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En République Démocratique du Congo, les poches de conflit persistent. En Ituri par contre, les organisations de la société civile continuent à enregistrer des centaines des cas des violations des droits humains, notamment les violences sexuelles.

Cette année 2021, de janvier à ce jour, l’ONG « Solidarité Féminine pour la paix et le développement intégral » (SOFEPADI), a enregistré par jour 2 cas de viol dans son centre médical, alors qu’en 2020, elle en a enregistré 219 sans compter les cas enregistrés dans sa clinique mobile.

Pas plus tard que le samedi 21 mars, une jeune femme du nom de Hortense (prénom  d’emprunt) a été violée par des présumés militaires des FARDC, sensés les sécuriser. Les faits se sont passés le week-end dernier au quartier Lengabo à Bunia situé à environ 3 kilomètres du centre ville.

Selon notre source, c’était pendant la nuit du samedi, lorsque Hortense est sortie de sa maison laissant son mari pour aller au petit coin. À sa sortie, elle aperçoit un groupe qu’elle a identifié comme des militaires FARDC, de part leurs tenues, qui l’interceptent devant la porte de sa maison. Certains sont dans la maison où se trouvait le mari de Hortense pour faire diversion et d’autres l’ont brutalement conduit sous des eucalyptus et l’ont violé à tour de rôle. La pauvre dame a voulu se débattre mais ces militaires ont menacé de la tuer. Pendant qu’ils commettaient cet acte odieux, ceux qui étaient entrés dans la maison ont fait croire au mari d’Hortense qu’ils étaient là pour un contrôle de routine.

D’après notre source, témoin oculaire, depuis ce viol collectif, Hortense ne parle plus. Traumatisée, elle a honte du regard des autres, car son histoire a été rapportée à toute sa communauté. Sa famille l’a conduite dans un centre de santé de SOFEPADI qui l’a ensuite transférée à l’hôpital de « Médecins sans frontières » (MSF). Informé, le chef de la localité ne veut pas se prononcer. Il a peur car il s’agit des militaires. Une fois, il a déjà été arrêté pour ce genre de situation et ne veut plus se créer des problèmes.

L’armée nie toute implication

Pour le porte-parole de l’armée, le Lieutenant Jules Ngongo, l’armée n’est pas informée de cet acte de barbarie qui aurait été commis par des personnes identifiées comme membres des forces armées de la RDC.

Normalement, d’après ce responsable militaire, les coupables des cas des violences sont envoyés devant des juridictions militaires. D’habitude, si un cas de viol est prouvée par des structures compétentes, l’armée condamne l’auteur. « Malheureusement nous n’avons pas cette information. La dénonciation est une bonne chose. C’est mieux que la victime saisisse les juridictions compétentes pour que justice soit faite. Et elle doit être sûre qu’il n’y aura pas des représailles », a confirmé le porte-parole de l’armée congolaise en Ituri.

À en croire les rapports sur les droits de l’homme concernant les violences commis par les militaires en RDC, chaque année l’armée enregistre une réduction d’au moins 25%. Le porte-parole affirme que les militaires n’ont aucun intérêt à commettre le viol car, il existe au sein de l’armée un service sur l’éducation civique et patriotique au respect des droits de l’homme.

De l’accompagnement médical, psychologique et juridique

La SOFEPADI qui a reçu deux cas de viol collectif le samedi 20 mars, dont celui de Hortense, a donné les soins gratuits à la victime. Elle compte l’accompagner avec des psychologues car elle a été traumatisée, et elle a subi une stigmatisation de sa communauté. SOFEPADI met également à la disposition des victimes un accompagnement juridique gratuit qui va permettre sa réinsertion au sein de la communauté et aussi pour sa résilience.
« Souvent lorsqu’il y a un cas de viol, nous conseillons toujours aux victimes de venir dans notre centre médical 72h après le viol. Nous donnons aux victimes des traitements gratuits à savoir les Anti-rétro viraux (ARV), le médicament contre l’hépatite B. En dehors du centre médical, nous avons également des cliniques mobiles qui enregistrent chaque jour des cas de viol », nous a fait savoir Noella Alifwa, coordinatrice SOFEPADI Ituri.

Dieudonné Lossa, coordinateur provincial de la société civile en Ituri, déplore, quant à lui, le comportement des forces armées car elles sont sensées protéger et sécuriser la population. Il nous fait savoir qu’il n’y a pas longtemps, dans cette zone de Bunia Sud, les groupes armées avaient fait irruption et la population s’était confiée aux FARDC qui avaient mis en déroute ces miliciens. Mais maintenant, ils se retournent contre la même population qui lui faisait confiance.
« la population de ce coin souffre énormément, surtout les femmes et les enfants. Et il arrive que les victimes ne dénoncent pas, elles ont peur car ce sont des coins reculés et si elles brisent le silence, ces militaires pourraient revenir », a dit le coordinateur provincial de la société civile de l’Ituri.

Hortense a été vaccinée et les médecins lui ont prescrit des produits pour un mois. Pour l’instant, son mari et elle, sont sous le choc et n’adressent la parole à personne. Ils doivent être suivi par un psychologue.

Les organisations de la société civile veulent que justice soit faite pour cette femme victime d’un viol collectif par des personnes identifiées comme des militaires des forces armées de la RDC.

Elda Along / congoprofond.net

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Décès d’Étienne Davignon : Une figure belge citée dans le dossier « Lumumba » s’éteint à 93 ans  

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Étienne Davignon, ancien diplomate belge dont le nom était associé au dossier controversé de l’assassinat de Patrice Lumumba, premier Premier ministre du Congo indépendant, est décédé à l’âge de 93 ans.  

Au moment des faits, survenus en janvier 1961, M. Davignon occupait le poste de stagiaire au sein du ministère belge des Affaires étrangères.

Plusieurs décennies plus tard, fin mars dernier, Étienne Davignon avait fait appel d’une décision le renvoyant devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Il était suspecté de complicité dans le meurtre de Patrice Lumumba. Cette démarche judiciaire avait suscité le mécontentement des avocats représentant la famille Lumumba, qui y voyaient un « nouveau contretemps » dans une procédure judiciaire qui s’éternise depuis plus de quinze ans, jalonnée de nombreux retards.

Le décès d’Étienne Davignon intervient alors que la lumière sur les circonstances exactes de la mort de Patrice Lumumba fait encore l’objet de recherches et de débats intenses.

Barca Horly Fibilulu Mpia

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