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Boxe : Le Congolais Martin Bakole affronte, ce samedi, le Français Tony Yoka…sans le soutien de l’État !
Prévu en février, le combat avait finalement été reporté en raison des mesures du COVID-19, jugées trop restrictives à l’époque. Finalement, le boxeur français d’origine congolaise, Tony Yoka, sera face à Martin Bakole, le Congolais de 28 ans dans la catégorie poids lourds, ce samedi 14 mai 2022 à la salle Bercy à Paris vers 22 h 00.
À 24 heures de ce pugilat, Martin Bakole se sent orphelin du soutien et de l’accompagnement des autorités de la RDC. Il s’est, ainsi, exprimé en ces termes en lingala: » Ata soutien ya bakonzi eza te, toko défendre toujours couleur ya mboka « ( Même sans le soutien des autorités de mon pays, nous allons toujours défendre les couleurs du pays!). Une déclaration faite sur sa page facebook.
Il convient de rappeler que Bakole est passé dans les rangs professionnels en 2014 et a remporté la ceinture IBO Continental des poids lourds en 2017 puis échoue l’année suivante face à Michael Hunter pour la ceinture IBO Inter continental. En 2019, le boxeur congolais bat notamment Mariusz Wach puis Kevin Johnson. Le 15 janvier 2022, il aurait dû affronter le Français Tony Yoka, ancien champion olympique des poids super-lourds en 2016, mais ce combat a été reporté au 14 mai.
Martin Bakole est désormais champion poids lourds de WBC International. Il a été opposé au russe Serguey Kuzmin le 12 décembre 2021 devant les spectateurs de Arena Wembley à Londres.
Ce samedi 14 mai 2022 à 22 h 00, Martin Bakole va passer un nouveau test dans son ascension vers le plus haut niveau de la boxe professionnelle en défiant le poids lourd français qui est à sa 11ᵉ combats professionnels, 11 victoires 9 par k.o et 0 défaite alors le congolais Martin Bakole a livré déjà 18 combats professionnels 17 victoires 13 par k.o et une défaite.
Il est né à Kananga( Kasaï Central) en 1993.
Désire Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
