Infrastructures
« Bâtir des villes africaines durables, une responsabilité historique » : Alexis Gisaro au lancement du 14e Congrès des Architectes d’Afrique à Kinshasa
La capitale congolaise accueille depuis mercredi la 14e édition du Congrès des Architectes d’Afrique. Réunis au Centre Culturel et Artistique d’Afrique Centrale, plus de 40 délégations planchent sur un thème brûlant : « Résilience des villes africaines face à l’exploitation minière et industrielle, face aux catastrophes naturelles. » L’ouverture officielle a été présidée par le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani.
Dans un discours marquant, le ministre de l’Urbanisme et Habitat a appelé à une « responsabilité historique » : bâtir des villes capables de protéger leurs habitants tout en conciliant croissance économique et respect de la nature. « Nos choix d’aujourd’hui ne concernent pas seulement l’esthétique, mais la vie de millions d’Africains », a-t-il insisté.

Deux exemples ont illustré ses propos : Kolwezi, cité minière rongée par l’exploitation anarchique du cobalt, et Kinshasa, mégalopole en proie aux inondations meurtrières chaque saison des pluies. Ces réalités, selon lui, imposent un « diagnostic sans complaisance » et une refonte profonde de la planification urbaine.
Le congrès veut aller au-delà des discours. Coopération régionale, dialogue public-privé, formation des jeunes architectes et innovations technologiques figurent parmi les solutions mises sur la table. Objectif : transformer les défis africains en opportunités, grâce à un urbanisme inclusif et durable.
« L’Afrique n’est pas condamnée à subir. Elle peut être pionnière », a conclu le ministre, invitant experts, décideurs et communautés locales à travailler main dans la main. Les résolutions attendues devraient tracer la voie vers un nouveau modèle de ville africaine, plus juste et plus résiliente.
Désiré Rex Owamba
Infrastructures
Délabrement de la RN5 entre Lubumbashi et Kasomeno : des retombées économiques redoutées
La route nationale n°5, sur son tronçon reliant la ville de Lubumbashi au village de Kasomeno, dans le territoire de Kasenga (Haut-Katanga), se trouve dans un état de délabrement très avancé. La situation s’est davantage aggravée ces derniers jours sous l’effet des pluies diluviennes.
Sur cet axe routier, les nids-de-poule et les affaissements de la chaussée entravent fortement la circulation. Des véhicules et camionnettes transportant des marchandises, notamment des produits vivriers, se retrouvent régulièrement immobilisés, perturbant considérablement le trafic.
« Cette route qui mène vers Kasenga est totalement délabrée, surtout sur ce tronçon. Nous souffrons beaucoup. Nous demandons sa réhabilitation », témoigne le conducteur d’un camion.
Ce tronçon stratégique joue pourtant un rôle clé dans les échanges commerciaux entre le territoire de Kasenga et la ville de Lubumbashi, notamment pour l’approvisionnement des marchés lushois en denrées alimentaires. Malgré cette importance, aucune initiative concrète de réhabilitation n’a été annoncée, en dépit du paiement régulier des taxes par les usagers.
« Nous payons des taxes au poste de péage installé sur cette route, mais son état ne change pas. Cet argent pourrait au moins servir à réhabiliter cet axe », déplore un usager. Un autre renchérit : « Cela fait quatre jours que nous sommes bloqués. Nous ne savons pas comment rejoindre Lubumbashi ou Kasenga. Nous manquons même de nourriture. »
Selon un habitant interrogé, la dernière modernisation de cette route remonte à 2014. Depuis, aucun entretien significatif n’aurait été réalisé, alors que les usagers déboursent en moyenne 100 dollars au péage à chaque passage, une situation jugée incompréhensible par plusieurs riverains.
La paralysie du trafic sur cet axe compromet l’acheminement des produits agricoles vers les centres urbains. Elle pourrait également entraîner une hausse des prix des denrées de première nécessité. Déjà, le prix d’un sac de farine est passé de 30 000 à 42 000 francs congolais ces derniers jours.
Patient M. MBY / Congo Profond.net
