Religion
Autel ou tribunal ? Une parole de trop dans une paroisse de Kinshasa
Dans une paroisse de Kinshasa, une voix s’est élevée. Non pas pour édifier, mais pour blesser. Une parole s’est faite entendre. Non pas pour construire, mais pour discréditer. Et l’assemblée des fidèles, elle, est restée choquée, troublée, attristée.
Le scandale s’est produit au grand jour, lors de la messe matinale du mercredi 6 août 2025. Le curé de ladite paroisse, détenteur d’une autorité spirituelle et morale censée rassembler, a choisi, contre toute attente, de pointer du doigt un séminariste, c’est-à-dire un jeune homme engagé dans la voie du sacerdoce. Il l’a accusé publiquement, et sans la moindre preuve, d’avoir tenu des propos mensongers à son sujet à propos d’un vol survenu dans la paroisse.
Devant des chrétiens stupéfaits, c’est l’image, la dignité et l’honneur de ce futur prêtre qui ont été piétinés par les paroles de celui qui aurait dû le protéger. En agissant ainsi, ce prêtre a trahi la noblesse de sa mission.
La famille du séminariste, blessée et profondément indignée, s’interroge aujourd’hui : le curé aura-t-il le courage de revenir devant cette même assemblée pour reconnaître publiquement son erreur ? Osera-t-il admettre que ses accusations n’étaient que rumeurs, soupçons infondés, ou pire encore : de purs mensonges ?
Est-ce cela, le modèle du berger ? Est-ce là le visage d’un pasteur appelé à guider avec sagesse, patience et miséricorde ? Le séminariste n’a pas seulement été injustement accusé : il a été humilié, sali, exposé à la honte et à la suspicion d’une communauté entière.
Et pourtant, l’Évangile est sans appel : « Si quelqu’un devait scandaliser un seul de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache une meule de moulin au cou et qu’on le jette au fond de la mer » (Mt 18, 6).
Il est des blessures que des excuses privées ne suffisent pas à guérir. Lorsqu’on accuse en public, on doit réparer en public. Le mal a été fait devant tous. La dignité d’un homme, la vocation d’un futur prêtre et la confiance d’une famille chrétienne ont été bafouées par des paroles indignes, lancées sans preuve, sans justice, sans amour.
Cet événement tragique dépasse le cadre d’un simple différend entre un curé et un séminariste. C’est un appel pressant à la responsabilité dans l’usage de la parole, surtout lorsqu’elle vient de la bouche de ceux qui sont appelés à être les témoins de la vérité et les serviteurs du Christ. Un Christ qui, lui, n’a jamais condamné sans écouter, un Christ qui a toujours relevé, jamais enfoncé.
Le pardon est divin, certes. Mais avant le pardon, il y a l’exigence de justice. Porter la soutane ne confère pas un monopole de vérité. Il faut aussi savoir la reconnaître quand elle dérange. Aujourd’hui, les paroissiens attendent non pas un silence gêné, mais un acte de vérité. Que celui qui a blessé trouve le courage de réparer. Et que jamais plus l’autel ne serve à piétiner l’innocence.
Non, ce n’est pas parce qu’on est séminariste qu’on ne vaut rien face à un prêtre. Ce n’est pas parce qu’on est encore en formation que ceux qui ont reçu l’onction peuvent tout se permettre. Le respect ne se hiérarchise pas. Il ne dépend ni du rang, ni du statut dans l’Église. On ne respecte pas l’autre parce qu’il est curé, mais parce qu’il est une personne humaine, créée à l’image de Dieu. Et cela, ce sont justement les prêtres qui devraient en être les premiers témoins.
Quand ceux qui sont censés incarner la paternité spirituelle se livrent à des humiliations publiques injustifiées, un grave paradoxe se dessine. Le séminariste, au lieu de s’inspirer du pasteur, se trouve face à un contre-témoignage.
Il est temps de changer de paradigme. Être prêtre ne donne pas le droit d’écraser, mais impose le devoir d’élever. Et si le respect ne monte pas d’en haut vers le bas, alors à quoi bon aspirer à devenir prêtre ?
Nous joignons donc nos voix à celle de la justice et de la vérité. Car si l’Église ne défend pas ses fils, qui le fera ? Et si ceux qui prêchent l’amour ne savent pas demander pardon, où chercherons-nous la lumière ?
Un chrétien catholique indigné
Actualité
Butembo : Les musulmans célèbrent l’Aïd al-Adha dans le strict respect des mesures barrières contre Ebola
Les fidèles musulmans de Butembo, au Nord-Kivu, ont célébré ce mercredi 27 mai 2026 la fête de l’Aïd al-Adha, communément appelée Tabaski ou fête du mouton, dans le respect des mesures barrières contre Ebola afin de se prémunir contre cette épidémie.

C’est à l’esplanade de Kalemire, située dans la commune de Bulengera, qu’ils se sont réunis pour la grande prière, dans la stricte observance des gestes préventifs, selon le représentant de la communauté musulmane de Butembo-Lubero, le Cheikh Muhindo Luhavo Agayo Arafat.
« Comme vous l’avez constaté, la majorité des musulmans sont venus avec des moyens de protection tels que les cache-nez. Si vous étiez arrivés plus tôt, vous auriez vu les dispositifs de lavage des mains ainsi que le contrôle de température installés à l’entrée », a déclaré le Cheikh Muhindo Luhavo Agayo Arafat.
Cette autorité religieuse a profité de cette célébration pour appeler les fidèles musulmans à poursuivre le respect des mesures de prévention afin de barrer la route à cette épidémie de la souche Bundibugyo. Il a également insisté sur la sensibilisation communautaire, alors que les cas confirmés continuent d’augmenter à Butembo.
L’Aïd al-Adha, ou fête du mouton, est une célébration musulmane commémorant le sacrifice d’Abraham. À cette occasion, il est recommandé aux fidèles d’immoler un mouton, une chèvre ou encore un bovin, avant de partager la viande avec leurs proches et les personnes démunies dans un esprit de convivialité et de solidarité.
Le responsable de la communauté islamique de Butembo-Lubero a, par ailleurs, invité tous les musulmans à prier pour le retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
