Religion
Massacre de Komanda (Ituri) : Le Vatican exprime sa profonde douleur et sa solidarité
Le Vatican a exprimé sa vive émotion et sa solidarité après le massacre survenu à Komanda, dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo, où plusieurs fidèles ont été sauvagement tués par les rebelles ougandais des ADF, dans la nuit du dimanche 27 juillet 2025, alors qu’ils participaient à une veillée de prière dans une église locale.

Dans une déclaration rendue publique ce lundi, le Saint-Siège a condamné avec la plus grande fermeté cet acte de barbarie. « Le Pape François est profondément attristé par cette nouvelle tragédie qui endeuille l’Église et la population congolaise. Il assure les familles des victimes, la communauté chrétienne et tout le peuple de la RDC de sa prière et de sa proximité spirituelle », peut-on lire dans le communiqué officiel transmis par le Bureau de presse du Vatican.

Le souverain pontife a également lancé un appel à la paix et à la réconciliation, exhortant les autorités locales, nationales et la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour mettre fin à l’insécurité qui ravage l’est du pays depuis de nombreuses années. Il a réitéré son soutien au peuple congolais, rappelant son attachement profond à la RDC, déjà manifesté lors de sa visite apostolique de février 2023.
Le Vatican conclut en appelant à une enquête rigoureuse et à ce que les auteurs de ces atrocités soient traduits en justice, tout en renouvelant son appel à la prière pour la paix dans la région des Grands Lacs.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Nkamba, ville sainte : Dr Lohanga Konga Jospin monte au créneau et recadre le débat
La polémique autour du statut de Nkamba comme ville sainte continue d’alimenter les débats en République démocratique du Congo. À l’origine de cette controverse, une déclaration d’un prélat catholique congolais, récemment nommé au sein du gouvernement romain, remettant en question cette reconnaissance spirituelle.
Une sortie médiatique qui n’a pas laissé indifférents les milieux religieux, notamment ceux du kimbanguisme. Dans un échange accordé à la rédaction de Congoprofond.net, ce jeudi 16 avril, l’ambassadeur itinérant Dr Lohanga Konga Jospin, auprès du représentant légal de l’Église kimbanguiste, Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, est monté au créneau pour apporter des éclaircissements qu’il qualifie de « nécessaires et urgents ».

Une controverse née d’une déclaration ecclésiastique
Tout part d’une prise de position publique d’un archevêque catholique congolais, ancien président de la CENCO, qui conteste le caractère sacré de Nkamba, berceau du kimbanguisme fondé par Simon Kimbangu.
Cette déclaration, rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux et dans les débats populaires, a suscité incompréhension et réactions, notamment au sein des fidèles kimbanguistes.
Saisissant « la balle au bond », selon ses propres termes, Dr Lohanga Konga Jospin a livré une réponse méthodique, s’appuyant à la fois sur les fondements doctrinaux du kimbanguisme, l’histoire spirituelle de Nkamba et la reconnaissance progressive de cette ville comme centre religieux majeur.
Avec une rhétorique maîtrisée, il rappelle que Nkamba n’est pas une construction symbolique récente, mais une réalité spirituelle enracinée dans la mission prophétique de Simon Kimbangu.
« La sainteté de Nkamba ne procède pas d’une validation humaine, mais d’une manifestation divine vécue et reconnue par des générations de croyants », soutient-il en substance.
Nkamba : un centre spirituel vivant
L’ambassadeur itinérant insiste sur le fait que Nkamba représente un lieu de pèlerinage international, un espace de communion spirituelle et un point de convergence de la foi africaine.
Selon lui, contester Nkamba revient non seulement à ignorer une réalité religieuse vécue, mais aussi à minimiser l’apport du kimbanguisme dans l’émancipation spirituelle et identitaire africaine.
Dans son intervention, Dr Lohanga Konga Jospin dénonce également ce qu’il considère comme une lecture partielle des faits religieux et une confusion entre reconnaissance institutionnelle et réalité spirituelle.
Il appelle ainsi à une approche plus rigoureuse et respectueuse des différentes confessions religieuses présentes en RDC.
Une défense du pluralisme religieux

Au-delà de la polémique, cette prise de parole s’inscrit dans une logique plus large : celle de la défense du pluralisme religieux et du respect mutuel entre Églises.
Pour Dr Lohanga Konga Jospin, il est essentiel que chaque confession soit reconnue dans sa spécificité et que les débats théologiques ne deviennent pas des instruments de division.
En intervenant avec précision et fermeté, l’ambassadeur itinérant s’impose comme une voix structurée dans ce débat sensible. Sa démarche vise à réaffirmer une conviction profonde : Nkamba, pour les fidèles kimbanguistes, est et demeure une ville sainte par essence, indépendamment des controverses.
Dans un contexte où foi, identité et reconnaissance institutionnelle s’entremêlent, cette polémique révèle surtout l’importance d’un dialogue interreligieux apaisé et fondé sur la connaissance mutuelle.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
