À la Une
Assemblée nationale : Quand l’entourage de Mboso musèle la presse !
Rien ne va autour du nouveau speaker de l’Assemblée nationale. Visiblement, les hommes de Christophe Mboso Nkodia se croiraient encore sous un régime Mobutu bis et se livrent à cœur joie aux brimades à l’endroit des professionnels des médias qui ne demandent pas mieux que leur accréditation pour couvrir les activités de la représentation nationale. Au refus d’accréditer les journalistes indépendants, s’ajoutent une censure on ne peut plus ahurissante de tout écrit qui aborde sans complaisance les questions brûlantes au sein de la chambre basse.
Au nombre des victimes de l’intolérance, Martinez Ngyaluka, Editeur du Groupe de Presse Le Mandat, qui a vu son nom élagué sans motif valable sur la liste des médias accrédités à l’Assemblée nationale et empêché par trois fois par la police d’accéder à la salle de plénière.
Renseignement pris, l’officier de police commis à l’entrée de l’hémicycle indique avoir reçu des instructions des autorités pour ne pas laisser entrer que ceux les organes retenus sur la liste de la Cellule de communication.
Des indiscrétions du Bureau interrogées par Lemandat.cd parlent plutôt d’un problème politique, mieux d’un règlement des comptes dû à un conflit de leadership dans la province du Kwango auquel l’entourage du speaker de l’Assemblée Nationale veut mêler ce chevalier de la plume qui cumule 20 ans d’expérience dans son métier. Les mêmes sources expliquent que le journaliste Martinez Ngyaluka couvre des activités d’un autre leader originaire du Kwango que l’entourage de Christophe Mboso considère comme un adversaire politique. Une intolérance de mauvais goût qui rappelle la triste époque de la tribalisation des institutions publiques dénoncée par le maréchal autoproclamé.
A la base de cette flétrissure s’affiche un certain Trésor Mutombo, un avocat à l’expression vulgaire et sans barreau, qui s’est livré à un spectacle étrange dans les réseaux sociaux du Kwango, pour menacer et lancer des pouilles à l’endroit de l’Editeur du Groupe de presse Le Mandat.
Sans fonction précise au sein du cabinet du Président de l’Assemblée Nationale, ce flagorneur n’a pas supporté de lire une analyse de lemandat.cd prédisant le retour à la coalition FCC-CACH à la chambre basse du parlement.
En effet, cet article faisait le point de la difficulté pour le Bureau de l’AN à former les groupes parlementaires et Commissions permanentes dans la nouvelle configuration des forces politiques au sein de l’Hémicycle sans heurter le Règlement intérieur, laquelle difficulté a contraint le Bureau Mboso de reconduire la conférence des présidents selon l’ancienne configuration FCC-CACH afin de ne pas perdre du temps. Car dix jours se sont écoulés depuis l’ouverture de la session de mars sans qu’une plénière se tienne. Contre toute attente, cet article a fait piquer une crise de colère à Trésor Mutombo qui a versé dans les attaques personnelles et insultes contre l’Editeur Martinez Ngyaluka, comme si ce journaliste n’était pas libre de parler du fonctionnement d’une grande institution de la République comme l’Assemblée nationale dans son média.
Qui pis est, au-delà des insultes et des menaces à l’endroit de l’Editeur du Groupe Le Mandat, Martinez NGYALUKA, qui est en même temps Président du Conseil d’administration de l’ASBL Zibula Meso, ce parvenu aux côtés du patriarche Mboso s’est targué de soumettre une pétition pour tenter d’obtenir sa déchéance. Trésor s’est dévoilé à travers son pamphlet écrit dans un style alambiqué, en accusant le journaliste Martinez Ngyaluka de militantisme en faveur d’un parti politique sans le citer. Mais par défaut d’intérêt et pour acharnement, la Coordination de la méga plateforme de la Société civile du Kwango a rejeté sa pétition, explique un membre de Zibula Meso qui condamne aussi l’attitude de ce proche de Mboso Nkodia.
Signalons que Martinez Ngyaluka n’est pas le seul journaliste à souffrir de cette intolérance des proches collaborateurs du speaker de l’Assemblée nationale. Par un amateurisme béat, le courtisan qui fait office de coordonnateur de la cellule de communication a sélectionné des médias périphériques appartenant à ce que les professionnels des médias qualifient dans leur jargon de « moutons noirs », « quados » ou « parvenus » pour faire la communication d’une si prestigieuse institution. Que de journalistes sont obligés de terrer dans les couloirs du Palais du peuple, monnayant leur accès dans la salle de plénières moyennant 2000 à 3000 FC auprès de policiers alors que les travaux en plénières sont publics et ouverts à tous. Une histoire à dormir débout dans un Etat voulu de droit par le Premier des citoyens congolais.
Alors que nous écrivions ce papier, une autre journaliste ayant fait le déplacement de Kenge pour couvrir l’inauguration de la morgue moderne, une première en 61 ans dans cette province, serait également brimée par les proches du doyen d’âge des élus congolais.
Interrogé, Martinez Ngyaluka promet d’user de tous les moyens de droit et de saisir toutes les instances compétentes pour obtenir la levée de cette interdiction qui cache un recul démocratique. « L’Assemblée nationale est une institution de la République qui n’est pas à confondre avec un parti politique ni une caserne clanique. Il est temps que le président Mboso mette de l’ordre dans sa cour pour redorer son image et partant, celle de toute l’institution qu’il préside », a fait savoir ce rédacteur au Groupe de presse La Référence.
Le Mandat
À la Une
Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
