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Assemblée nationale : « La reconfiguration de la majorité parlementaire au profit de l’Union Sacrée ne violerait nullement le Règlement intérieur » ( Me Guy Mafuta, député)
Député PPRD/FCC signataire de la pétition pour le départ du bureau Mabunda, Guy Mafuta Kabongo a, dans une interview accordée à CONGOPROFOND.NET, expliqué comment la reconfiguration de la majorité parlementaire au profit de l’Union Sacrée ne violerait nullement le Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale. Pour lui, en pleine législature, le basculement de la majorité est légalement possible.
« Le Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale prévoit une brèche pouvant conduire légalement à une reconfiguration de la majorité parlementaire même au cours du mandat », a-t-il fait savoir.

Puis de renrichir :
« Il est vrai que la stabilité des institutions soit le gage du fonctionnement harmonieux de l’appareil étatique. Les différents textes régissant les institutions de la République, notamment celui du parlement, veillent à cette stabilité en évitant le vagabondage politique ou au gré des intérêts pouvant mettre en mal le fonctionnement régulier et stable des institutions ».
De ce fait, l’élu de Tshikapa, qui est également juriste de formation, explique comment une majorité parlementaire se constitue au niveau du parlement au début de la législature.
Au début de la législature, affirme-t-il, les forces politiques en présence au sein du parlement s’organisent à dégager une majorité par le jeux des coalitions ou regroupements politiques si aucun parti politique n’a, à lui seul, atteint la majorité absolue à l’issue des élections. Ce qui est le cas pour l’actuelle législature », a-t-il dit.

Me Guy Mafuta s’appuie sur les articles de la constitution pour expliquer la possibilité aux députés dont la vision et les convictions ne cadrent plus avec celle prônée par son regroupement politique, de s’en désolidariser et de se présenter comme NON-INSCRIT tout en demeurant membre effectif de son parti politique ou regroupement qui l’a porté à l’hémicycle.
« Notre constitution sur pied de l’article 101 consacre la nullité de tout mandat impératif. Ceci revient à dire, à contrario, que le député jouit d’un mandat non impératif.
Le règlement intérieur ( RC) de l’Assemblée nationale faisant suite à cette disposition constitutionnelle donne, à son article 54 al.5, la possibilité au député dont la vision et les convictions ne cadrent plus avec celle prônée par son regroupement politique de s’en désolidariser et se soustrairent de son groupe parlementaire et s’inscrivant comme NON-INSCRIT tout en demeurant membre effectif de son parti politique ou regroupement qui l’a porté à l’hémicycle.
Il faut noter que le groupe parlementaire est l’organe politique regroupant les élus qui partagent une même vision politique. Le législateur du RI a de ce fait légalisé la possibilité de divergence des opinions politiques au cours du mandat.
À la lumière des résultats du vote qui a consacré la déchéance du bureau Mabunda, il s’est clairement dégagé un déphasage ou divergence d’opinions d’une centaine d’élus nationaux avec l’orientation formulée par leur groupement politique. C’est une dynamique qui, une fois consolidée, s’appuierait sur cette disposition du RI et ne violeraient nullement la Constitution : l’UNION SACRÉE. » a-t-il conclu.
Notons que 281 députés nationaux sur 483 votants pour un bulletin nul et une abstention, ont déchu la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, visée par une pétition, malgré la majorité tant vantée par le Front commun pour le Congo (FCC) dont elle est membre.
C’était au cours d’une plénière dirigée par un bureau d’âge (provisoire) présidé par le doyen Christophe Mboso, le 10 décembre 2020 au Palais du peuple. Aujourd’hui, le camp d’actuel président bat pour gagner une nouvelle majorité parlementaire à l’hémicycle.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
