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Arrestation de deux militaires Rwandais en RDC: Félix Tshisekedi courbe l’échine devant Kagame et se met à dos la population
Alors que les FARDC ont dénoncé directement l’implication du Rwanda comme appui principal des rebelles du M23 lors des dernières attaques dans le territoire de Rutshuru, le Gouvernement congolais, de son côté, continue à jouer l’apaisement et peut-être aussi à une peur exagérée du Rwanda.
Interviewé ce mercredi 31 mars sur RFI sur la question relative aux deux militaires rwandais faits prisonniers après les affrontements avec les FARDC, Patrick Muyaya, le porte-parole de gouvernement, a déclaré qu’« on ne va pas aller dans cette rhétorique de militaires pour lequel il y a des mécanismes de vérification qui existent entre les deux pays, les mécanismes seront activés. Vous avez vu que le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a rencontré le Président Paul Kagame il y a quelques jours en Jordanie. Des contacts diplomatiques vont se faire pour que ces choses, si elles s’avèrent vraies, puissent être clarifiées, et c’est cela la volonté du Président ».
Et pourtant c’est le même ministre qui s’était mis en colère et affirmait qu’il fallait mettre fin à l’hypocrisie.
Le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a aussi réaffirmé la volonté d’ouverture du gouvernement envers les pays voisins en vue de construire une relation de paix dans la sous-région des Grands Lacs, en dépit de la nouvelle incursion du M23 dans la province du Nord-Kivu.
« Il y a eu une incursion des militaires M23, c’est la deuxième fois et ce sont les mêmes méthodes. On connait plus ou moins la proximité qui a toujours caractérisé ces forces rebelles avec le pays dont vous parlez. Évidemment, si les militaires en parlent, surement qu’il y a des éléments de terrain qui peuvent l’attester, mais aujourd’hui nous ne voulons pas nous focaliser sur ces choses parce que nous pensons que le temps est venu de construire une relation de paix dans la sous-région», a reconnu Patrick Muyaya.
Selon lui, depuis l’arrivée du Président de la République aux responsabilités, il y a une volonté d’ouverture entre la RDC et ses voisins.
Il indique qu’il y a des mécanismes, « il y a des voies diplomatiques qui seront utilisées pour clarifier tout ça dans la sous-région des Grands Lacs. »
Cette réthorique de peur face à l’adversaire met en colère la population congolaise. D’autant plus que ce n’est ni la première ni la deuxième fois que les troupes rwandaises soient impliquées dans les troubles à l’Est de la RDC.
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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Lingwala endeuillée : Nathan Kashala, un jeune étudiant tué par balles après la finale Barça–Real
La finale de la Supercoupe d’Espagne opposant le FC Barcelone au Real Madrid, disputée le 11 janvier dernier en Arabie Saoudite, devait être un simple moment de passion sportive. À Lingwala, dans le centre de Kinshasa, elle s’est tragiquement transformée en scène de mort.
Nathan Kashala, 23 ans, étudiant en première année LMD/Droit à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a été abattu de 4 balles devant la parcelle familiale située au n°202 de l’avenue Bolongo, dans la commune de Lingwala.

2 frères, 2 clubs, une même passion
Fan déclaré du Real Madrid, Nathan avait suivi la rencontre aux côtés de son jeune frère Ruben Ntambua, sympathisant du FC Barcelone et également étudiant. Après le coup de sifflet final, les deux frères regagnent leur domicile et décident de patienter devant le portail, attendant le retour de leur oncle avec qui ils partagent le même logement.
Il est un peu plus de 23 heures lorsque Ruben aperçoit leur oncle au loin. Dans une atmosphère encore marquée par les taquineries d’après-match, il se met à se moquer de lui à distance, l’oncle étant lui aussi supporter madrilène.
L’irruption fatale de militaires armés
C’est à ce moment précis qu’une moto surgit et s’arrête devant les deux étudiants. À son bord : un conducteur et 2 passagers, tous 3 en uniforme des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Les militaires interrogent les deux jeunes sur leur présence dans la rue à une heure tardive. Nathan et Ruben expliquent calmement qu’ils rentrent d’un match de football et qu’ils se trouvent devant leur propre domicile, attendant simplement leur oncle, déjà en vue.
Une escalade brutale et incompréhensible
La situation dégénère soudainement. L’un des militaires se saisit de son arme et se dirige vers l’oncle, qui, ayant compris le danger imminent pesant sur ses neveux, s’était mis à courir vers eux pour leur porter secours. Face à face avec le militaire armé, l’oncle est sommé de s’agenouiller. Pour le contraindre, le militaire tire deux coups de feu en l’air.
Terrifié par la scène, Ruben s’agenouille à son tour et supplie son grand frère Nathan d’en faire autant. Alors que ce dernier s’apprête à obtempérer, le militaire ouvre le feu.
4 balles pour une vie
Une première balle atteint Nathan à la cuisse. Sous la douleur, il s’effondre au sol. Le militaire s’approche alors de lui et, sans ménagement, lui tire 3 autres balles dans le ventre, à bout portant.
Les assaillants prennent immédiatement la fuite, laissant derrière eux une scène d’horreur et une famille brisée.
Mort à l’arrivée à l’hôpital
Transporté en urgence à l’Hôpital du Camp Kokolo pour une prise en charge médicale, Nathan Kashala n’y arrivera pas vivant. La famille sera informée de son décès peu après son admission.
Originaire de Mbuji-Mayi, fils d’un pasteur, Nathan n’était à Kinshasa que pour poursuivre ses études universitaires, tout comme son frère. Dans le quartier, l’émotion est vive et les questions fusent.
Un crime qui interroge et scandalise
À Lingwala comme à Mbuji-Mayi, habitants et proches peinent à comprendre les raisons d’un tel acharnement. Comment une simple attente devant un domicile, après un match de football, a-t-elle pu conduire à l’exécution sommaire d’un étudiant sans défense ?
Ce crime crapuleux, impliquant des hommes identifiés comme appartenant aux FARDC, relance avec force le débat sur les abus, l’usage disproportionné des armes et l’impunité persistante. Pour la famille Kashala, une seule exigence demeure : vérité et justice pour Nathan.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
