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Après Makala et Ndolo, Guillaume Ngefa inspecte Luzumu : symbole d’une justice en quête de réhabilitation

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La tournée d’inspection des établissements pénitentiaires entreprise par le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa A. Andali, se poursuit. Après avoir démarré par la prison centrale de Makala, cœur du système carcéral de la capitale, puis par la prison militaire de Ndolo, le cortège ministériel a mis le cap, mardi 26 août 2025, sur le camp de détention de Luzumu dans la province du Kongo-Central.

Située dans le territoire de Kasangulu, à plus de trois heures de route de Kinshasa, la prison de Luzumu est un établissement hautement sécurisé, étendu sur 2 095 hectares et comprenant sept bâtiments modernes. Elle abrite actuellement 703 détenus. À son arrivée vers 11h30, le ministre a été accueilli par le directeur du camp, Lonji Kanyinda, entouré des responsables administratifs et sécuritaires du territoire.

Une tournée qui se veut pédagogique et politique

Comme à Makala et à Ndolo, Guillaume Ngefa a pris soin d’effectuer une visite minutieuse des installations, en prêtant attention aux conditions de vie des détenus et en échangeant avec le personnel pénitentiaire. Ces descentes sur le terrain s’apparentent moins à de simples inspections qu’à une démonstration de méthode : le nouveau patron de la Justice veut montrer qu’il ne gouvernera pas derrière un bureau, mais au contact des réalités carcérales.

Dans un pays où la surdensité des prisons, la lenteur judiciaire et les conditions de détention inhumaines sont régulièrement dénoncées, cette tournée traduit une volonté affichée de remettre l’humain au centre de la justice. Toutefois, la portée réelle de ces visites dépendra de ce qui suivra : réformes concrètes, moyens budgétaires et décisions judiciaires courageuses.

Luzumu, symbole d’une promesse et d’un paradoxe

Le choix de Luzumu n’est pas neutre. Conçu comme un modèle de modernité pénitentiaire, ce camp est censé incarner une vision plus humaine de la détention en RDC. Mais derrière les chiffres et les bâtiments, se pose une question essentielle : la prison de Luzumu peut-elle réellement devenir un modèle reproductible dans un pays où la majorité des établissements sont vétustes, surpeuplés et sous-financés ?

En multipliant ces visites, Guillaume Ngefa envoie un signal : celui d’un État qui veut rompre avec l’indifférence. Mais il sera jugé sur sa capacité à désengorger Makala, à accélérer les procès, et à offrir aux détenus, qu’ils soient de droit commun ou politiques, des conditions conformes à la dignité humaine.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats

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L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.

Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.

D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées

Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.

Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.

En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.

Entre interrogations et attentes

L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.

Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.

Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET 

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