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Procès « Constant Mutamba « : Le Parquet ouvre une chasse contre les auteurs d’attaques numériques visant le Ministère public
Le Parquet de Grande Instance de Kinshasa/Gombe a pris une réquisition d’information ce 22 août 2025, instruisant la Police judiciaire et la Police nationale congolaise de rechercher activement les auteurs de publications offensantes et menaçantes visant le magistrat du Ministère public dans le procès « Constant Mutamba ».
Dans ce document signé par le procureur de la République, Isofa Nkanga Edmond, il est indiqué que les attaques en ligne font suite au réquisitoire prononcé contre le prévenu Constant Mutamba Tungunga, figure connue du paysage politique et médiatique congolais. Depuis cette affaire, plusieurs individus, jusque-là non identifiés, ont multiplié des contenus sur Facebook, WhatsApp, TikTok, X (ex-Twitter) et YouTube, allant jusqu’à diffuser des images retouchées à caractère injurieux et menaçant contre l’officier du Ministère public audiencier.
Le Parquet considère ces actes comme des infractions caractérisées d’outrages envers un officier du Ministère public et de harcèlement par communication électronique, réprimées par l’article 136 alinéa 2 du Code pénal et l’article 358 du Code numérique.
Dans un ton ferme, la réquisition ordonne aux autorités policières :
– d’identifier, rechercher et appréhender les auteurs des publications incriminées ;
– de les déférer sans délai devant la justice sous bonne escorte ;
– et d’user de tout acte légal jugé nécessaire pour la réussite de cette mission.
Un signal judiciaire fort
Cette décision illustre la volonté du Parquet de protéger les magistrats face aux nouvelles formes de menaces et d’intimidations qui prolifèrent sur les réseaux sociaux. Mais elle soulève aussi des débats dans l’opinion sur la ligne de démarcation entre la liberté d’expression et les attaques personnelles contre les institutions judiciaires.
L’affaire Mutamba vs Justice congolaise devient ainsi un véritable révélateur des tensions qui traversent le système judiciaire et politique, avec des répercussions jusque dans l’espace numérique.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
