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Allégations de détournements à la CENCO : Fulgence Muteba présente un hôpital construit avec les fonds de l’État
Dans un rapport récemment diffusé dans les médias, l’Inspection générale des finances (IGF) a pointé de graves irrégularités dans l’utilisation de 25 millions USD sur les 55 millions alloués par le gouvernement congolais à plusieurs confessions religieuses — notamment la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), l’Église du Christ au Congo (ECC), ainsi qu’à l’ONG WINNER — dans le cadre de projets sociaux.
Face à ces accusations jugées diffamatoires par certains responsables religieux, l’archevêque métropolitain de Lubumbashi et président de la CENCO, Mgr Fulgence Muteba, a organisé une visite de presse, jeudi 19 juin à Lubumbashi, afin de présenter plusieurs infrastructures en construction financées grâce aux fonds publics.
Parmi les cinq chantiers lancés dans le Haut-Katanga par l’Église catholique figure un hôpital moderne en phase de finition, implanté dans la concession de la paroisse Saint-Grégoire-le-Grand, dans le quartier Maisha, à Lubumbashi.
« Nous avons voulu l’implanter ici, à Saint-Grégoire, car une grande partie de notre population n’a pas accès aux grands hôpitaux, situés pour la plupart en centre-ville. Cet espace appartient à l’archidiocèse et vaudrait aujourd’hui plus d’un demi-million de dollars. Nous l’avons mis à disposition pour marquer notre engagement au service de la population », a déclaré Mgr Fulgence Muteba.
Alors que la CENCO affirme que ces ouvrages ont été réalisés grâce à la subvention de l’État — voire au-delà de ce qui avait été prévu — l’IGF l’accuse de gestion peu orthodoxe des fonds publics. Elle dénonce notamment un manque de transparence dans l’utilisation de 2,29 millions USD, qui auraient été affectés à d’autres projets sans lien avec l’objet initial du financement.
L’hôpital présenté comprend cinq pavillons de 36 mètres sur 11, ainsi que trois grands services : gynécologie, médecine interne et chirurgie. Selon le président de la CENCO, le coût total des travaux dépasse largement la subvention étatique reçue.
« Nous sommes allés au-delà de ce que prévoyait la subvention, tout cela parce que l’Église est au service de la population », a-t-il soutenu.
De son côté, l’Église du Christ au Congo (ECC) est également mise en cause. Le rapport de l’IGF relève que, sur les 20,82 millions USD reçus du gouvernement, un montant de 7,90 millions reste sans justification. L’institution financière accuse l’ECC d’une gestion centralisée opaque, sans organe de coordination fonctionnel, avec des pratiques non conformes, telles que des primes et salaires non réglementés, et des dépenses sans rapport avec les projets à impact visible.
Quant à l’ONG WINNER, elle est accusée d’avoir dépensé 6,6 millions USD sans aucune traçabilité.
Patient MBY | CONGOPROFOND.NET
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25 mai : L’ambassadeur Dr Lohanga Konga Jospin présente le kimbanguisme comme un instrument du “soft power africain”
Le message livré le 25 mai 2026 par le Dr Jospin Lohanga Konga, ambassadeur itinérant de Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, dépasse largement le seul cadre religieux.
À travers une communication accordée à congoprofond.net à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique et de la Noël kimbanguiste, le diplomate spirituel a développé une véritable vision géopolitique du kimbanguisme, présenté comme un outil d’influence culturelle et civilisationnelle africaine.

Le kimbanguisme comme levier stratégique africain
Dans son intervention, le Dr Lohanga a défendu l’idée d’un « soft power africain » fondé sur les valeurs spirituelles, culturelles et historiques propres au continent.
Trois axes majeurs ont été mis en avant :
– enseigner une histoire africaine complète et décomplexée ;
– faire du kimbanguisme un levier d’influence culturelle africaine ;
– bâtir des partenariats internationaux fondés sur des valeurs définies par les Africains eux-mêmes.
Cette orientation inscrit clairement le discours dans la perspective de l’Agenda 2063 de Union africaine, programme stratégique visant à construire « l’Afrique que nous voulons ».
La diplomatie des langues africaines
Autre élément marquant : le caractère multilingue du message.
Après le français et l’anglais, le discours a été relayé en Lingala, Kikongo, Kiswahili et Tshiluba. Pour le Dr Lohanga, cette démarche ne relève pas du simple symbole, mais d’une volonté affirmée de replacer les langues africaines au cœur de la renaissance continentale.
Dans un contexte où les institutions africaines demeurent encore largement dominées par les langues héritées de la colonisation, cette initiative apparaît comme un acte culturel fort.
Entre spiritualité et diplomatie
À travers cette communication, le Dr Jospin Lohanga Konga confirme son rôle de diplomate spirituel engagé dans le rayonnement du kimbanguisme et de l’Afrique.
Son discours conjugue foi, mémoire, identité et stratégie continentale dans une même vision intellectuelle et géopolitique.
Au moment où l’Afrique cherche de nouveaux repères dans un monde en mutation, cette parole venue de Nkamba rappelle que l’influence des nations se joue aussi dans les récits culturels, les symboles et les héritages spirituels.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
