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Les nouveaux passeports biométriques déjà entre les mains des requérants, la RDC met le cap vers la modernité !

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Une page se tourne dans l’histoire administrative de la République démocratique du Congo. Ce jeudi 19 juin, au Centre de capture de l’Institut National des Arts (INA), le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, a officiellement lancé la remise des nouveaux passeports biométriques.

Première bénéficiaire honorée : Madame Etshele Blandine, devenue le tout premier citoyen congolais à recevoir ce précieux sésame nouvelle génération, symbole fort d’un État résolument engagé dans la modernisation de ses services publics.

La cérémonie, présidée par le secrétaire général Théo Wabenga, au nom de la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner, marque un tournant technologique dans la gestion des documents d’identité en RDC.

Témoignages de bénéficiaires


« C’est une grande joie », témoigne Jerry Batangi, qui salue un processus « rapide, innovant et sans intermédiaire ». Après avoir payé les 75 USD requis à la banque, déposé son dossier à l’ANR et pris rendez-vous pour la capture, il dit avoir reçu son passeport en moins de dix jours.

Même enthousiasme chez Thierry Kambundi, journaliste à Top Congo FM, qui confirme la fluidité de la procédure entamée dès le 5 juin.

Un document aux normes internationales
Le nouveau passeport biométrique congolais répond aux standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Il intègre des technologies de pointe :

– Une micropuce RFID sans contact ;

– Une page de données en polycarbonate, résistante à la falsification ;

– Des éléments de sécurité tels que hologrammes et filigranes ;

– Et un nombre de pages porté de 32 à 38.

Objectif : lutter efficacement contre la fraude, sécuriser l’identité nationale et simplifier l’expérience citoyenne.

Partenaire technologique : l’allemand Dermalog


La production de ce passeport a été confiée à la firme allemande Dermalog Identification Systems GmbH, spécialiste mondial de l’identification biométrique, déjà réputé pour ses solutions sécurisées utilisées dans plusieurs pays.

Coût et procédure


Le passeport est disponible au tarif de 75 dollars américains, à payer exclusivement à la banque EquityBCDC. La distribution se poursuit dans les centres de capture agréés à travers le pays.

La RDC entre ainsi dans une nouvelle ère, avec un passeport digne de ce nom pour ses citoyens, dans un contexte où la mobilité internationale exige fiabilité, sécurité et traçabilité.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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Jean Angwalima : Le “Al Capone” kinois, entre mythe urbain et réalité troublante

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À Kinshasa, le nom « Angwalima » dépasse aujourd’hui la simple identité d’un homme. Il est devenu un mot du jargon populaire, synonyme de voleur rusé, méthodique et insaisissable.

Pourtant, comme le rappelle le chroniqueur Ngimbi Kalumvueziko, « Angwalima n’est pas qu’un mythe urbain : c’est d’abord un homme bien réel qui a marqué Léopoldville au lendemain de l’indépendance ».

Jean Angwalima s’impose ainsi comme l’un des personnages les plus fascinants – et controversés – de l’histoire criminelle congolaise.

Léopoldville, théâtre de ses exploits

Dans les années 1960, alors que la ville de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) se transforme après l’indépendance, Angwalima multiplie les cambriolages spectaculaires.

Il cible particulièrement les quartiers huppés (Kalina, Limete, Mont Stanley ou encore Ma Campagne ) où réside une nouvelle bourgeoisie congolaise ayant succédé aux colons européens.

Selon Ngimbi Kalumvueziko, « ses opérations, d’une précision presque chirurgicale, nourrissaient autant la peur des riches que l’admiration silencieuse des petites gens ».

Dans les rues, les récits de ses coups audacieux circulent, amplifiés par l’imaginaire collectif.

Une légende aux accents mystiques

Très vite, Angwalima dépasse la simple figure du voleur pour entrer dans la légende.

On lui prête des pouvoirs surnaturels : invisibilité, capacité d’hypnotiser ses victimes, ou encore maîtrise mystérieuse des serrures les plus complexes.

Ngimbi Kalumvueziko note à ce sujet que « la ville fabrique elle-même son héros nocturne, entre fascination et exagération ».

Ses arrestations répétées, suivies d’évasions spectaculaires de la prison de Makala, renforcent encore son image d’homme insaisissable.

L’audace ultime : un cambriolage présidentiel ?

La rumeur la plus persistante reste celle d’un cambriolage de la résidence du président Joseph Kasa-Vubu.

Bien que jamais confirmée, cette histoire contribue à bâtir son aura quasi mythique.
Comme l’écrit Ngimbi Kalumvueziko, « qu’elle soit vraie ou non, cette rumeur suffit à consacrer Angwalima comme un défi vivant à l’autorité de l’État ».

Du banditisme à la chute

Avec le temps, Angwalima quitte le cambriolage pour rejoindre une bande de criminels armés opérant en périphérie de la capitale.

Mais cette escalade marque un tournant tragique. Après le meurtre d’une fermière dans la région de Kasangulu, il est arrêté avec ses complices.

Le chef de bande, Ngabidila, est condamné à mort et exécuté publiquement. Angwalima, lui, échappe de justesse à la peine capitale.

Selon Ngimbi Kalumvueziko, « des interventions discrètes, notamment d’officiers originaires de l’Équateur, auraient pesé dans la commutation de sa peine ».

Prison, oubli… puis rédemption inattendue

Condamné à la prison à vie, Angwalima est transféré à Luzumu, dans le Kongo Central.
Libéré dans les années 1970, il disparaît progressivement des radars après s’être installé à Bana, dans un ancien village de “paysannat”.

Le plus surprenant reste sa dernière métamorphose : son retour à Kinshasa dans les années 1990… comme prédicateur.

Ngimbi Kalumvueziko conclut avec une pointe d’ironie : « le destin d’Angwalima rappelle que les trajectoires humaines échappent souvent à toute logique ».

Une renommée jusqu’aux États-Unis

L’écho de ses exploits dépasse les frontières du Congo. Le prestigieux The New York Times lui consacre un article en 1963, le comparant à Al Capone.
Une consécration internationale pour celui que Kinshasa n’a jamais cessé de raconter.
Entre mythe et mémoire collective
Aujourd’hui encore, Angwalima reste une figure ambiguë : criminel pour les uns, héros populaire pour les autres.

Mais comme le souligne Ngimbi Kalumvueziko, « ce n’est pas seulement l’homme qui survit, mais l’histoire que la ville a choisi de raconter à travers lui ».
Une légende urbaine née dans les ruelles de Léopoldville, et gravée à jamais dans la mémoire kinois.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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