Diplomatie
Activisme du M23 en RDC : La Belgique sollicite des mesures fortes de l’UE contre le Rwanda
La Belgique a demandé, ce jeudi 30 janvier à l’Union européenne (UE) de prendre des mesures fortes face à l’agression du Rwanda en République démocratique du Congo (RDC).
Ce soutien belge se matérialise par la demande de suspension de plusieurs actions de coopération entre l’UE et Kigali, notamment dans le cadre de la sécurité et des financements militaires.
Dans un communiqué, le gouvernement belge a exprimé son souhait de voir l’UE suspendre immédiatement le dialogue sécuritaire avec le Rwanda. Il est incompréhensible, selon la Belgique, que l’UE maintienne de telles discussions avec un pays dont les actions en RDC sont accusées d’être en violation des droits humains et de la souveraineté congolaise.
En effet, plusieurs rapports de l’ONU ont mis en lumière l’implication directe du Rwanda dans le soutien aux rebelles du M23, un groupe terroriste agissant dans l’Est de la RDC.
En outre, la Belgique demande également la suspension du versement des 20 millions d’euros que l’UE alloue actuellement au Rwanda pour sa mission militaire au Mozambique.
Ce financement, destiné à lutter contre le terrorisme, semble inapproprié compte tenu des accusations pesant sur Kigali en matière de soutien à des groupes armés terroristes dans la région des Grands Lacs.
Enfin, la Belgique sollicite l’annulation de l’accord entre l’UE et le Rwanda sur les matières premières critiques. Cet accord semble encourager le pillage des ressources naturelles en RDC par le Rwanda, alors que la situation sécuritaire en RDC continue de se détériorer sous l’effet de l’agression rwandaise.
Cette demande de la Belgique s’inscrit dans un contexte où les tensions sont de plus en plus vives entre la RDC et le Rwanda, et où la communauté internationale est appelée à agir de manière concrète pour mettre fin à l’impunité et soutenir la souveraineté de la République démocratique du Congo.
Le débat sur la suspension de ces accords européens s’intensifie au sein des institutions de l’UE, alors que les autorités belges et d’autres acteurs politiques européens appellent à un changement de politique pour marquer leur soutien à la RDC.
WTK
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
