Diplomatie
Activisme du M23 à Goma : « Une violation inacceptable de la souveraineté de la RDC », accuse le Royaume-Uni
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a fermement condamné l’occupation de la ville de Goma par le M23 et les forces rwandaises (RDF), qualifiant cet acte de «violation inacceptable de la souveraineté de la République Démocratique du Congo (RDC)». Dans une déclaration publiée sur son compte X, David Lammy a exprimé son inquiétude face à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, soulignant les implications de cette occupation pour la stabilité de la région.
Lors de récentes discussions téléphoniques avec les dirigeants de la RDC, du Kenya, du Rwanda et de l’Afrique du Sud, le ministre a mis l’accent sur l’importance d’assurer l’accès humanitaire dans les zones touchées par le conflit.
Il a également souligné l’importance de l’engagement dans les processus de paix menés par l’Afrique, appelant à des solutions diplomatiques pour mettre fin à la violence et éviter une escalade militaire.
« Il ne peut y avoir de solution militaire », a-t-il affirmé, réitérant l’appel au dialogue et à la négociation pour résoudre la crise en cours.
Ce message de la part du Royaume-Uni survient dans un contexte où les tensions restent vives à l’est du pays, avec des combats incessants entre les forces congolaises et les groupes rebelles soutenus par le Rwanda.
Les autorités congolaises continuent d’appeler à l’implication ouverte et sincère de la communauté internationale pour la préservation de la souveraineté nationale de la RDC.
Le Royaume-Uni essaie de se positionner parmi les voix internationales qui soutiennent la RDC dans sa quête de paix et de stabilité, tout en rejetant toute forme d’agression extérieure.
WTK
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
