Diplomatie
Invasion rwandaise : Auprès de la Haute représentante de l’UE, Thérèse Kayikwamba exige des sanctions contre le Rwanda
La cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, poursuit sa tournée européenne afin de sensibiliser les partenaires internationaux à la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette tournée a commencé par une rencontre avec la Haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi que vice-présidente de la Commission européenne.
Lors de cet entretien, Thérèse Kayikwamba a mis l’accent sur la nécessité de mesures fermes contre le Rwanda, qu’elle a accusé de soutenir l’agression dans l’Est de la RDC.
Parmi les mesures proposées, elle a évoqué la révocation du statut du Rwanda en tant que contributeur de troupes pour les opérations de l’ONU, un embargo sur les exportations de minerais étiquetés comme rwandais, ainsi que des sanctions ciblées contre les responsables politiques et militaires impliqués dans les violences.
Dans le même chapitre, la vice-ministre des Affaires étrangères a également reçu ce mercredi 5 février, le chargé d’affaires a.i. de la République d’Ouganda en RDC. Gracia Yamba Kazadi et Matata Twaha Frankman ont discuté de l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est et des récents événements dans certaines résidences diplomatiques à Kinshasa, suite à l’indignation de la population congolaise.
Le gouvernement congolais a pris la mesure de la situation et œuvre pour atténuer les conséquences de ces tensions.
Bien que l’Ouganda ait perdu son siège de travail à Kinshasa, il reste engagé à maintenir des relations bilatérales solides avec la RDC. Cette dynamique de coopération a également été discutée lors d’une rencontre avec l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République islamique d’Iran en RDC, Amir Hosseini.
« Le gouvernement congolais en prend suffisamment la mesure et tient compte de tous les dégâts occasionnés. L’Ouganda, bien qu’ayant perdu son siège de travail, reste partant pour des relations bilatérales de qualité », rassure la dépêche du ministère congolais des Affaires étrangères.
Les discussions ont porté sur l’évolution des relations bilatérales entre les deux pays, ainsi que sur la situation de guerre persistante dans l’Est de la RDC.
Ainsi, la diplomatie congolaise multiplie les efforts pour renforcer les alliances et faire entendre la voix de la RDC face à la crise sécuritaire qui touche l’Est du pays.
WTK
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
