Diplomatie
25 ans de l’EAC : Entre bilan et projections pour l’avenir
Arusha, en Tanzanie, abrite ce 29 novembre 2024, le 24e Sommet Ordinaire et le 25e anniversaire de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC).
Les Chefs d’État des pays membres se réunissent pour une importante session sous le thème « Un peuple, un destin », et qui met en lumière les progrès réalisés depuis un quart de siècle, tout en ouvrant des perspectives sur les défis et les opportunités à venir.

En 25 ans, l’EAC a accompli des avancées significatives, notamment dans le domaine du commerce. Les réformes comme le Single Customs Territory ou les Postes frontières à guichet unique ont contribué à fluidifier les échanges entre les membres. Ces initiatives, soutenues par l’interconnectivité numérique, visent à faire de la région un hub commercial dynamique. Le système de paiement régional, East African Payment System (EAPS), constitue un autre pilier de cette transformation. En facilitant les transactions transfrontalières dans des monnaies locales, il réduit les coûts pour les acteurs économiques tout en renforçant l’autonomie financière de la région.

Cette célébration est aussi une occasion de réévaluer les ambitions de paix et de sécurité dans une région confrontée à des menaces transfrontalières. Les discussions s’articulent autour du renforcement de l’architecture régionale de sécurité et de l’utilisation des technologies numériques dans les initiatives de maintien de la paix. L’objectif est clair : garantir une stabilité durable qui soutienne à la fois le développement économique et social.

Avec une population dépassant les 300 millions d’habitants et un potentiel de croissance économique remarquable, l’EAC continue de prouver que l’intégration régionale est un moteur essentiel pour le développement.
Claudine N. I.
Actualité
Génocide des Tatars de Crimée : L’Ukraine appelle le monde à ne jamais oublier
À l’occasion de la Journée de mémoire des victimes du génocide du peuple tatar de Crimée, l’ambassadeur de l’Ukraine en RD Congo a rappelé les souffrances endurées par des centaines de milliers de Tatars déportés par le régime stalinien en mai 1944. Dans un message empreint de mémoire et de vigilance, Vasyl Hamianin souligne que cette tragédie demeure un symbole des crimes du totalitarisme et un avertissement contre l’indifférence face aux violations des droits humains.

Le monde civilisé commémore aujourd’hui la Journée de mémoire des victimes du génocide du peuple tatar de Crimée. C’est le 18 mai 1944, sur ordre de Joseph Staline, qu’a débuté la déportation massive des Tatars de Crimée hors de leur péninsule natale.
En l’espace de deux jours, plus de 165.000 personnes avaient déjà été arrachées à leurs foyers. Au total, 47.885 familles, soit 193.865 personnes ( dont plus de 92.000 enfants de moins de 16 ans ) furent envoyées de force vers des régions reculées d’Asie centrale. Les familles ne disposaient que de quelques minutes pour se préparer avant d’être entassées dans des wagons de marchandises inadaptés au transport humain, sans nourriture suffisante, sans eau ni assistance médicale.

Pour beaucoup, ce voyage fut fatal. Des milliers de Tatars de Crimée périrent durant le transfert forcé, tandis que d’autres moururent dans les premières années d’exil, victimes de la faim, des maladies et de conditions de vie inhumaines.
Selon le message de l’ambassadeur, cette déportation constituait une opération punitive planifiée visant à détruire un peuple en tant que communauté autochtone, en le privant de sa terre, de sa culture, de sa langue et de son identité.

Pendant des décennies, les Tatars de Crimée ont vécu sous surveillance du régime soviétique, sans droit de retour sur leur terre d’origine, tandis que leur tragédie restait réduite au silence.
Malgré l’exil et les répressions, le peuple tatar de Crimée n’a jamais cessé de lutter pour son retour et pour la préservation de son identité. Le retour massif vers la Crimée n’a véritablement commencé qu’à la fin des années 1980, avant que l’Ukraine indépendante ne permette enfin une reconnaissance publique de cette tragédie historique.

Pour l’ambassadeur ukrainien, cette commémoration dépasse le simple devoir de mémoire. Elle représente un avertissement universel contre les crimes du totalitarisme et rappelle que l’indifférence face aux souffrances humaines peut conduire aux pires tragédies.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
