Diplomatie
Kinshasa accueille le 1er dialogue stratégique de défense entre la RDC et la France
À l’occasion de la visite officielle du Président de la République démocratique du Congo, M. Félix Tshisekedi, à Paris au printemps dernier, le Président de la République française M. Emmanuel Macron et son homologue congolais avaient décidé le lancement d’un dialogue stratégique de défense entre la France et la RDC.
La première édition a été organisée à Kinshasa le 27 novembre 2024.
Ce dialogue vise à consolider les liens entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et leurs homologues
françaises, en instaurant un cadre d’échange approfondi pour renforcer la coopération en matière de sécurité et défense.
Lors de cette rencontre, à laquelle une trentaine d’officiers supérieurs ont pris part, trois priorités principales pour
orienter cette coopération ont été identifiées :
1. Partager des analyses stratégiques communes entre les deux pays
2. Evaluer l’état actuel de la coopération militaire afin de mieux répondre aux besoins spécifiques des FARDC
3. Poser les bases de la réactualisation de l’accord de défense franco-congolais signé en 1974.
Ce dialogue stratégique de défense reflète une volonté commune de renforcer un partenariat durable, fondé sur la
confiance mutuelle et la solidarité. La France souhaite être un partenaire pour accompagner la RDC dans la préservation de sa souveraineté ainsi que de l’intégrité de son territoire.
La prochaine réunion stratégique se tiendra à Paris en 2026, poursuivant les efforts engagés pour approfondir cette coopération bilatérale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
