Politique
RDC : Les Nations Unies et le gouvernement congolais entament la planification stratégique conjointe pour le prochain cycle de coopération 2025-2029″
Le 22 février, une réunion de planification stratégique conjointe entre les Nations Unies et le gouvernement congolais a eu lieu à l’hôtel Béatrice. Sous la direction de M. Bruno Lemarquis, Coordinateur résident des Nations Unies en RDC, et en présence de M. David Pelengamo Dongba, représentant du Secrétaire Général à la Coopération, cet exercice marque le lancement officiel des travaux visant à définir le cadre de coopération entre les Nations Unies et la République démocratique du Congo pour la période 2025-2029.

Il convient de noter que, dans le cadre de ce partenariat avec le gouvernement congolais, les Nations Unies ont apporté un soutien majeur au pays. Au cours des quatre dernières années, cet appui s’est concrétisé par le biais du Document Cadre de coopération 2020-2024, dans lequel les deux parties ont conjointement défini les priorités et les objectifs à atteindre.
Entre 2020 et 2023, avec le soutien de partenaires, les Nations Unies ont mobilisé plus de 2,5 milliards de dollars autour de trois axes de coopération : la gouvernance et la consolidation de la paix, la croissance et la gestion des ressources naturelles, ainsi que les services sociaux de base et l’assistance humanitaire.
En juillet 2023, lors de la présentation du Rapport National Volontaire sur les progrès des Objectifs de développement durable à New York, lors du Panel Politique de Haut Niveau, la RDC a eu l’occasion de présenter ses avancées en matière de développement. Cela a également été l’occasion d’examiner les défis auxquels le pays est confronté afin d’envisager les actions appropriées pour le bien-être des populations, en particulier celles qui risquent d’être laissées pour compte.
Pour relever ces défis, la RDC s’est fixé une vision à travers les six priorités du Président de la République, la Feuille de route d’accélération des Objectifs de développement durable et son Plan national de développement stratégique en cours de révision. Ces priorités définissent cinq domaines stratégiques interdépendants qui serviront de guide pour tous les partenaires. Il s’agit donc moins de déterminer les domaines d’intervention que de déterminer comment les actions conjointes de tous les partenaires peuvent contribuer davantage à accélérer les changements nécessaires pour réaliser la vision nationale et les Objectifs de développement durable.
Pour les Nations Unies, l’outil principal de contribution est le Cadre de coopération pour le développement durable. Il s’agit d’un cadre stratégique axé sur des résultats de changement intégrés, en exploitant les avantages comparatifs des différentes agences avec des compétences de plus en plus adaptées au contexte du pays.
Dans cette optique, ce cadre devra permettre de s’attaquer davantage aux causes profondes des conflits et aux obstacles au développement du pays et à une croissance inclusive, tout en soutenant les priorités nationales en matière de développement. Il devra également tenir compte de la transition en cours de la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) vers les institutions gouvernementales, avec le soutien des agences, fonds et programmes des Nations Unies et d’autres partenaires, lorsque cela est nécessaire. Ces contributions des Nations Unies seront reflétées dans le nouveau cadre de coopération.
Enfin, il est également prévu d’identifier de nouvelles façons de travailler ensemble afin d’avoir un impact plus important, notamment par le renforcement des partenariats avec les institutions nationales, une orientation plus marquée sur les causes structurelles plutôt que sur les symptômes, une approche « One UN » des Nations Unies pour appuyer la formulation, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques transformationnelles, ainsi qu’une meilleure convergence géographique pour accroître l’impact sur la réduction de la pauvreté.
Benjamin Kapajika/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Sanctions, souveraineté et rhétorique de résistance : José Makila tacle les sanctions américaines infligées à Joseph kabila
Dans une sortie au ton résolument offensif, José Makila Sumanda, président de l’Alliance des Travaillistes Congolais pour le Développement (ATD), ancien ministre des Transports sous Joseph Kabila et figure du mouvement « Sauvons la RDC » né du conclave de Nairobi en 2025, a livré une diatribe vigoureuse contre les sanctions du Trésor américain visant l’ancien chef de l’État congolais.
Derrière cette déclaration, se dessine une posture politique articulée autour de la souveraineté nationale, mais aussi une lecture profondément critique des dynamiques géopolitiques contemporaines.
D’emblée, Makila Sumanda rejette toute interprétation neutre de ces sanctions, qu’il qualifie de « politiquement motivées » et d’expression d’une « ingérence étrangère permanente ». À ses yeux, il ne s’agit pas d’un simple mécanisme de pression diplomatique, mais d’un instrument stratégique visant à « affaiblir la République Démocratique du Congo ».
En convoquant un registre lexical empreint de gravité et de solennité, il inscrit son propos dans une tradition discursive où la défense de la souveraineté devient un impératif quasi existentiel.
Cette dénonciation s’accompagne d’une mise en cause implicite du pouvoir en place à Kinshasa, accusé de passivité, voire de complaisance. « Cette dérive est inacceptable », martèle-t-il, suggérant que l’absence de réaction ferme pourrait être interprétée comme une forme d’acquiescement tacite.
Une telle affirmation révèle les lignes de fracture internes qui traversent aujourd’hui le paysage politique congolais, où la question de la légitimité et de l’autonomie décisionnelle demeure centrale.
Par ailleurs, Makila Sumanda mobilise une rhétorique historique pour réhabiliter la figure de Joseph Kabila. Il rappelle qu’à « seulement 29 ans », celui-ci aurait hérité d’un État en déliquescence, pour ensuite œuvrer à sa stabilisation. Cette relecture, qui confine à une forme de réhabilitation politique, vise à contrer les narratifs externes jugés « biaisés » et à restituer au peuple congolais le monopole de l’évaluation de son histoire. « Seul le peuple congolais possède la légitimité », insiste-t-il, érigeant ainsi la souveraineté populaire en principe cardinal.
Cependant, au-delà de la défense d’un homme, c’est bien une vision du monde qui se déploie. Les sanctions sont présentées comme les symptômes d’un système international inégalitaire, où les grandes puissances s’arrogeraient le droit de « s’ériger en arbitres ». Cette posture critique, qui frôle parfois le souverainisme radical, s’inscrit dans une longue tradition de défiance vis-à-vis des ingérences occidentales en Afrique.
La répétition incantatoire du « Non » « Non à l’ingérence étrangère », « Non aux injonctions politiques » confère au discours une dimension performative, presque militante. Elle traduit une volonté de mobilisation collective face à ce qui est perçu comme une menace systémique.
En définitive, cette prise de position illustre moins un simple désaccord diplomatique qu’un affrontement de narratifs : d’un côté, une logique internationale de sanctions présentée comme régulatrice ; de l’autre, une revendication farouche d’autodétermination. Et dans cet entrelacs de discours et de rapports de force, une question demeure en suspens : « la souveraineté proclamée peut-elle réellement s’exercer dans un monde interdépendant, ou n’est-elle qu’un idéal sans cesse réaffirmé face à des contraintes inéluctables ? »
Blaise ABITA ETAMBE/CongoProfond.net
