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Tourisme des Congolais à Dubaï: Éxotopie d’une fuite des capitaux pour la RDC ( Enquête exclusive)

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Elle s’appelle Niclette Sayile, mannequin de son état et étudiante à l’Université Pédagogique Nationale (UPN). Elle est venue se renseigner auprés d’une agence de voyage située sur le Boulevard du 30 juin pour un voyage à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis. Lorsqu’on lui pose la question de sa motivation à visiter Dubaï, sa réponse est quasi automatique: « C’est à la mode actuellement. »

Comme Niclette Sayile, plusieurs Congolais s’empressent de visiter cette ville de la démesure des Émirats Arabes Unis.

Sur facebook, sur Instagram et autres réseaux sociaux, ils sont plusieurs, surtout des jeunes filles, à poser fièrement sur les différents attractions qu’offrent cette ville.

Il faut dire que ce petit émirat de 4 000 hectares, qui il y a moins de soixante ans n’était que désert, possède des atouts touristiques et agi comme un aimant auprés des jeunes congolais.

Dubaï est pour eux une sorte de Paris ou New York sans trop de complication de voyage.

Sur des vidéos, on peut observer plusieurs jeunes et adultes en pélégrination sur une ballade en montgolfière au-dessus du désert ou en moto quatre roues.

Dans la nuit, on les voit flaner dans les rues lumineuses de cette ville où tout est en hauteur ou bien dans une des nombreuses discothèques éparpillées entre les palaces de la ville.

Le clou de spectacle est la visite de la plus haute tour du monde, Burj Khalifa, avec ses 840 mètres de haut, ou même faire du ski au Mall of the Emirates.

Le sscandae dit « Dubaï Porty Porta » avec des femmes chiennes, des femmes toilettes et des esclaves sexuelles, n’a pas découragé ces touristes du désert. Et chaque jour, les agences de voyage enregistrent toujours un nombre croissant de reservation à destination de Dubaï.

« La plupart de nos clients sont des commerçants qui vont acheter des produits aux prix abordables à Dubaï comme des véhicules, de la quincaillerie, des bijoux, des vêtements, etc. Il y a aussi surtout des familles, des couples et aussi des jeunes célibataires qui vont juste visiter Dubaï, prendre des photos et acheter des souvenirs., » nous confie Jeremie Lokwa Bwanga, manager d’une agence de voyage.

Bien que ne disposant pas des chiffres officiels, il ressort que Dubaï reçoit chaque jour 30000 visiteurs.

Si en 2016, la ville a accueilli 12 millions de touristes, depuis ces chiffres sont en perpetuelle augmentation.

Parmi les passagers en visite et transit, on trouve beaucoup d’Africains. Un marché dans lequel l’émirat du Golfe compte bien augmenter ses parts.

A l’heure actuelle, la clientèle africaine représente plus de 5% des touristes qui se rendent à Dubaï, soit plus de 800 000 personnes – un chiffre que l’émirat entend accroître davantage.

Plusieurs personnalités congolaises ont visité ces derniers temps à Dubaï: il y a parmi eux des musiciens (Fally Ipupa, Gaz Mawete, Gims, Dadju, Gaz Fabilous, …), des journalistes, des politiciens, des youtoubeurs, des influenceurs, des joueurs, etc. Il y a aussi des personnes normales et des commerçantes comme dit ci-haut.

En 2020, une vidéo de la première dame de la RDC, Denise Nyakeru Tshisekedi au célébre restaurant de Burak Özdemir dit « Salt Bae, » a suscité une polémique.

En 2022, l’ex Première dame, Marie Olive Lembe, fait une véritable démonstration de la bourgeoisie Kabiliste en embarquant plus de 40 personnes à destination de Dubaï dont des chroniqueurs et journalistes membres de sa cour.

Face à cet engouement des Congolais pour Dubaï, plusieurs personnes s’interrogent sur la néccesité de renforcer le tourisme local pour éviter d’éparpiller autant d’argent à l’étranger.

Des images reçues d’une expatriée qui travaille à Kolwezi montre la villégiature sur le site des chutes de Kiubo avec ce petit message:

“… J’ai vue plus des touristes Congolais à Dubaï qu’aux chutes de Kiubo alors que votre pays est beau avec un potentiel tourisme inimaginable…”

Il s’agit d’une interpellation vis à vis du ministère de Tourisme, de l’Office national du tourisme, des opérateurs tourisques et même du Gouvernement.

Quand on sait que les potentialités touristiques de la RDC sont milles fois supérieures à celles de Dubaï. On finit par se demander:  » que vont chercher finalement les Congolais en général et les kinois en particulier à Dubaï ? »

Certains risquent de nous faire croire que « prendre des photos assis sur un chameau dans le désert, sous un soleil de plomb à 45°Celsius, c’est plus fun que de visiter les chutes de Zongo ou le parc de Virunga ? Il y a vraiment de quoi s’étonner ! », s’étonne un opérateur touristique.

Si on veut voir des plages, la RDC en possède en grande quantité: Moanda, à Kalemie, à Uvira, sur la rivière N’sele, sur le fleuve Congo, etc.

La RDC possède aussi des hôtels de qualité qui peuvent accueillir autant des visiteurs locaux qu’étrangers.

La RDC possède la faune, la flore, le relief et des sites de qualité qui n’ont rien à envier à Dubaï.

Mais malgré tout, pourquoi les Congolais se sentent plus enclins à partir à Dubaï qu’à visiter notre biodiversité.

Voici quelques avis recueillis:

« Je me rappelle j’ai parlé avec mes deux copines qui voulaient aller à Dubaï et m’ont demandé si le Dubaï était parmi mes destinations de rêves. Elles furent très surprises lorsque je leur répondu que je rêve de faire le tour de la RDC. Elles m’ont traité de villageoise », Sandra Kimbi, étudiante en Journalisme.

« J’aime beaucoup mon pays. Mais faut reconnaître qu’il est plus facile de circuler à Dubaï qu’à Kinshasa. Prix des billets, tracasserie, insécurité, etc. Il y a encore des choses à faire mais si vous avez l’occasion d’y aller, c’est trop beau. » Ngeleka Charles, entrepreneur.

« La RDC a en effet trop d’endroits paradisiaques!!! Et nous Congolais, nous devons changer l’image négative de notre pays aux yeux du monde. Je suis énormément déçu par le manque de professionnalisme dont nous faisons preuve. L’aéroport international de N’djili trop des tracasseries. Mais si nous ne faisons pas le poids face à Dubai, c’est à cause de nos mentalités rétrogrades. Le personnel est à former correctement!, » Jeancy Kobanghe, artiste.

Il faut reconnaitre qu’en terme de rapport qualité-prix, il n’y a pas photo entre le tourisme à Kinshasa et à Dubaï.

Plusieurs causes expliquent cette réalité.

Il y a des problèmes liés au transport: l’état des routes kinoises est relativement moyen. Le réseau routier s’étend sur 252 km, dont 227 revêtues et 25 en terre. Ce réseau n’a pas suivi la croissance de la population et l’expansion anarchique de la ville. Certains coins demeurent inaccessibles suite au niveau de dégradation avancée de la voirie.

Un réseau disposant peu de passages à niveau, occasionnant ainsi des embouteillages au niveau des carrefours.

Les voies ferrées sont en très mauvais états.

Le fleuve jadis véritable boulevard pour les navires de plaisance à l’époque coloniale, connait de sérieux problèmes de balisage. Les infrastructures et les équipements sont dégradés voire désaffectés.

Les ports sont en mauvais état car ils n’ont pas été entretenus depuis plusieurs années.

Sur le plan aérien, Kinshasa est loin d’être un hub aérien car présentant peu d’offres aériennes internationales, un souci pour les touristes provenant des pays non couverts par cette offre. Le mauvais état des appareils volant en RDC dissuade les touristes à s’y aventurer.

Il y a aussi les problèmes des structures d’animation qui sont peu variées à Kinshasa. Elles se composent essentiellement dees activités récréatives, des aires de jeux, de l’animation musicale, de la baignade, des balades cyclistes ou pédestres, de barbecue, de l’hébergement (Bungalows, Chalets, Hôtel, Villas), de la pêche à la canne, du pique-nique, de la randonnée sur les rivières ou sur le fleuve Congo, de la restauration et terrasses, de la visite de la faune, de la visite de la flore  et de la visite des vestiges.

Citons entre autres: Académie des Beaux Arts, Mbudi Nature, Gare Centrale, Centre Culturel du Zoo, Jardin Botanique, Lola Ya Bonobo, Parc de la Vallée de la N’sele, le musée national, etc.

Hormis ces problèmes, nous avons aussi celui de financement d’animation. Le manque de moyens financiers empêche à la ville de Kinshasa d’avoir une animation variée et compétitive à l’instar de grandes villes touristiques comme : Paris, Dubaï, New-York, Rome, Barcelone, Athènes, etc.

L’animation touristique kinoise est basée essentiellement sur les sites naturels car ne nécessitant pas de gros investissements. Cependant les services offerts sont très limités et n’attirent que peu des touristes.

Enfin, le plus grand défi de Kinshasa reste les problèmes des infrastructures d’hébergement et de restauration.

La capacité d’accueil hôtelière est faible à Kinshasa.

Selon l’Office National du Tourisme, la ville ne compte que 1630 hôtels repartis par catégorie selon leur étoile.

La capacité globale des hôtels kinois n’est que de 18.113 chambres pour 18.240 lits, un indice inquiétant sur l’effectif maximal des touristes à espérer recevoir.

Kinshasa ne dispose que de trois hôtels classés 5 étoiles (5*), un handicap pour les touristes haut de gamme, amoureux du grand luxe.

81% des hôtels Kinois sont dans la catégorie Hôtel 0*, car offrant des services minimaux.

Selon les données de 2015 du Secretariat Général du Tourisme, la ville de Kinshasa ne dispose que de 403 restaurants hiérarchisés dans les 4 catégories de fourchettes.

Les restaurants de Kinshasa ont une capacité d’accueil estimée à 14.631 personnes.

Une capacité d’accueil loin d’une ville aux ambitions touristiques majeures.

Face à ce défi tourisque et aux enjeux financiers qui en découlent, la ville de Kinshasa et les autorités du pays doivent prendre conscience de cet apport non négligeable pour le développement de notre pays et faire face à la fuite des capitaux et des investissements vers des pays tels que Dubaï.

Voici les conseils du Gouvernement canadien à ses ressortissants se rendant en RDC: Les voyageurs qui se rendent en RDC éprouvent souvent des difficultés à l’aéroport et à d’autres points d’entrée.

L’arrivée à l’aéroport international de Ndjili à Kinshasa peut s’avérer chaotique. Des détentions temporaires sont possibles, car les agents de sécurité et d’immigration peuvent exiger de se faire payer des « droits spéciaux » non officiels.

Pour Prince Yango Lukeka, juriste et expert certifié OMT – Fondation Thémis en politique et stratégie du tourisme, « le développement du Tourisme en RDC n’est pas d’abord question de gros sous ; c’est surtout de la profonde conviction, de la technicité et de la méthodologie. »

Thierry Mfundu/CONGOPROFOND.NET 

Actualité

Ebola en RDC : Félix Tshisekedi convoque une réunion de crise face à une nouvelle souche inquiétante

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Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a présidé dans la nuit du lundi 18 mai une réunion de crise à sa résidence du Mont Ngaliema. Autour du Chef de l’État étaient réunis la Première ministre Judith Suminwa, plusieurs ministres sectoriels ainsi que le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe.

Au cours de cette rencontre d’urgence, le Président de la République a reçu le rapport préliminaire du ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, fraîchement revenu de la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de cette nouvelle flambée épidémique. Selon les autorités sanitaires, six zones de santé sont actuellement touchées : Mongbwalu et Rwampara, principaux foyers de l’épidémie en Ituri, ainsi que Bunia et Nyankunde dans la même province. Au Nord-Kivu, les zones de Butembo-Katwa et de Goma sont également concernées.

Le rapport présenté au Chef de l’État fait état de 513 cas suspects et de 131 décès enregistrés dans les différentes zones affectées. Toutefois, le ministre de la Santé a tenu à préciser que ces décès restent pour l’instant “suspects”, des investigations étant toujours en cours afin de déterminer lesquels sont effectivement liés au virus Ebola. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein des autorités sanitaires congolaises, alors que les populations locales redoutent une propagation rapide de la maladie.

Face à l’urgence, le Président Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour contenir la pandémie et interrompre la chaîne de transmission. Le Chef de l’État a notamment insisté sur le renforcement des dispositifs sanitaires dans les zones touchées, tout en appelant la population au calme et au strict respect des mesures barrières afin d’éviter une aggravation de la situation.

De son côté, le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe, a révélé que le séquençage complet du génome viral confirme la présence d’une variante Bundibugyo, génétiquement distincte des précédentes épidémies de 2007 et 2012. Selon l’épidémiologiste, cette souche proviendrait directement d’un réservoir animal et ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé. Le célèbre virologue congolais a été chargé d’activer sans délai le protocole médical qui avait permis à la RDC de juguler les précédentes flambées d’Ebola.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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