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Christine Feza Motema : »La présence des femmes dans les partis ouvre la voie aux responsabilités politiques ! »

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A l’heure où la République démocratique du Congo est en quête de l’émergence, nul ne doute que les femmes constituent une force motrice pour son développement. En Afrique comme partout ailleurs dans le monde, les élections sont vues comme une affaire d’hommes mais depuis quelques années, les femmes se sont levées pour participer à la gestion de la chose publique. En RDC un bon nombre de femmes ont décidé de se lancer dans la politique afin d’apporter leur pierre à l’édifice. Elles rencontrent certes beaucoup de difficultés, mais celles qui sont déterminées fournissent des efforts pour y arriver.

Christine Feza Motema est l’une de ces femmes qui, malgré des difficultés, a réussi à faire son entrée en politique. C’est en 2018 qu’elle profite de la voie électorale pour se faire élire comme député nationale dans la circonscription électorale de la Lukunga dite “Pool de la mort”.

Un parcours politique pour une femme

Pour Feza, la politique n’est pas l’apanage des hommes seulement. Les femmes doivent également participer à la prise de grandes décisions pour la bonne marche du pays. Elle avoue qu’il n’est pas facile de s’affirmer surtout lorsqu’on est une femme dans une corporation où les hommes sont majoritaires et en assumer des fonctions qui sont convoitées par ces derniers. Des préjugés rétrogrades prennent souvent le dessus lorsqu’il est question de reconnaître les mérites de la femme mais il faut faire fi et faire valoir ses compétences. «Se faire accepter fait preuve d’une grande maturité et de dynamisme. Au parlement, j’ai eu à assumer la fonction de Questeur, puis 2ème Vice-Présidente de notre groupe parlementaire », confie-t-elle.

Pour elle, la présence des femmes dans les regroupements et partis politiques est également importante car elle ouvre la voie au pouvoir et aux responsabilités politiques. Appartenir à son regroupement politique lui a donné un coup de pouce aux élections de 2018 étant donné qu’il était difficile de se faire élire en indépendant au regard du seuil, mais aussi pour réunir les moyens financiers quant à ce. Elle estime que c’est en militant dans les partis politiques que les femmes peuvent être élues au parlement et à d’autres organes électifs.

Un parcours semé d’embûches

La campagne électorale en soi est une étape difficile que ce soit pour les hommes que pour les femmes. Dans le cas de Christine, elle a eu des difficultés financières pour la production et multiplication des calicots, affiches, et autres supports des campagnes. «Quand il fallait faire des descentes sur terrain et accéder à des recoins parfois peu fiables. Il fallait déployer les éclaireurs préparer le terrain, affronter et vaincre la peur de se faire attaquer…», se souvient-elle. Pour y arriver Feza Motema devait principalement réunir les trois moyens : humain, matériel et financier.

Pour elle, face à ces difficultés, la détermination doit être de mise. « Lorsqu’on veut atteindre un objectif, il faut d’abord avoir confiance en soi-même, savoir se donner à fond dans un esprit de dynamisme et d’optimisme. Ne pas tenir compte des préjugés ainsi que des détracteurs », a-t-elle appuyé.

La place de la femme politique en RDC

Motema est convaincue qu’en RDC la femme a sa place dans la sphère politique. «Dans l’article 14 de la constitution de la République démocratique du Congo, les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard de la femme, et assurent sa protection, notamment, dans tous les domaines civil, politique, économique, social et culturel pour son épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la Nation », mentionne-t-elle.

Elle affirme que la femme a droit à une représentation équitable au sein des Institutions nationales, provinciales et locales, sans oublier que la parité homme-femme est consacrée par la constitution. Elle pense qu’il faut laisser tomber des préjugés négatifs liés aux us et coutumes.

Selon Christine, aujourd’hui le taux de participation des femmes évolue en RDC, grâce à la volonté politique manifeste du Président de la République. «Nous pouvons dire très haut que même s’il reste encore beaucoup à faire, il y a des avancées très significatives ces deux dernières années en RDC».

L’accompagnement des hommes

Victor Kambale, chef des travaux à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) et directeur de campagne de l’Honorable Feza Motema, affirme que cette élue de Lukunga est une femme politique qui a une dextérité avérée en management politique. Il raconte que, dès la première rencontre, il a été impressionné par la réflexion de Christine Feza sur la gestion de la res publica (la chose publique), «Elle est une femme engagée, courtoise, convaincante, déterminée à atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé nonobstant les anicroches pour y parvenir», explique-t-il.

Selon Victor, la députée Motema est une femme politique très dynamique qui sait lire la météorologie politique qui permet de ne pas être pris au dépourvu par les cours des évènements. C’est ce qui, d’après le CT Kambale, fait qu’elle se retrouve dans le cénacle politique d’aujourd’hui et espère aussi dans celui de demain, parce qu’il estime que Mme Christine a une vision qui prône l’altruisme politique pour le développement intégral de la RDC.

Propos des analystes

Pour Anna Mayimona, experte en genre et communication, la difficulté des femmes se situe à plusieurs niveaux, il y a d’abord la culture. «Dans la majorité de culture, le pouvoir ou l’autorité est représenté par l’homme. Malgré des progrès réalisés, les pensées des gens restent un peu conservateur », explique-t-elle et de poursuivre : «Beaucoup de femmes souffrent de l’absence d’une expérience pertinente en politique ainsi que le manque de moyens». Tout comme Feza, Anna soutient qu’on fait la politique avec des moyens humains, matériels et financiers.

D’après l’experte en genre, les femmes doivent s’organiser pour acquérir l’expérience qu’il faut, se cultiver. Elles doivent travailler pour réunir les moyens nécessaires pour soutenir leurs actions au niveau de la base comme le fait la députée Feza et d’autres femmes politiques qui font parler d’elles dans ce milieu. Les femmes doivent se créer des alliés et apprendre aux côtés des celles qui ont réussi.

Parlant du coaching, Anna Mayimona estime que pour toute personne qui veut travailler de manière professionnelle, le coaching est indispensable. Et les femmes en ont encore plus besoin. «Elles ont l’expérience dans leurs différents domaines, oui, mais elles doivent renforcer leurs compétences et leurs capacités dans la manière de communiquer, de gérer, de travailler, etc.».

Un leader n’est pas toujours un homme

Selon Serge Ndongo, chargé de projets de la Coalition des femmes pour la paix et la démocratie (CFPD), les femmes rencontrent les difficultés qui se présentent sous forme des obstacles à leur participation politique. «Il y a deux récits ; le premier récit blâme les hommes et le second les femmes », explique-t-il. «Selon le premier, la domination des hommes et leur attitude discriminatoire vis -à-vis des femmes constituent le principal obstacle à la participation politique des femmes. Les hommes discriminent les femmes pour les empêcher d’avoir de l’influence et du pouvoir. Les hommes essayent de garder les femmes à l’écart parce qu’elles sont des concurrentes », poursuit­-il.

«Le deuxième récit est que les femmes hésitent à entrer en politique et à se battre pour le pouvoir. Ici nous pensons que la faute est attribuée aux femmes elles-mêmes qui détiennent peu de positions politiques étant donné leur faible pour les obtenir. Aussi nous ne pouvons pas ignorer l’énorme impact des normes sociales. Normes selon lesquelles un leader est toujours un homme. Il y aussi l’accès limité des femmes à l’éducation et aux ressources financières ; la nature immorale de la politique ; la charge du travail reproductif, aggravé par le faible accès à la planification familiale ; le manque de stratégies au sein des partis politiques ; enfin le manque de volonté politique », révèle Serge Ndongo.

Pour ce défenseur des droits des femmes, un appui nécessaire c’est la sensibilisation des femmes pour s’engager en politique. «Les informer sur les instruments juridiques qui promeuvent les droits des femmes et aussi faire le plaidoyer au niveau des partis politiques pour des postes nominatifs», précise-t-il.

A ce sujet, Serge Ndongo indique que son organisation est membre du Forum, régional sur la R1325 regroupant 4 pays (le Burundi, la RD Congo, le Rwanda et l’Ouganda) qui travaille sur la participation politique de la femme dans les instances de prise de décisions et à tout le niveau. «Nous avons un programme pour accompagner les femmes candidates aux élections. Nous venons de vulgariser les 25 indicateurs de la R1325 comme outil de plaidoyer pour la participation politique des femmes. », informe-t-il.

Dans ce programme, le CFPD en tant que membre du forum travaille sur le dialogue politique et le leadership des femmes en Afrique. Ce programme vise à accroître la participation politique et la représentation des femmes en Afrique conformément au protocole de Maputo de 2003 et aux divers protocoles et normes sous régionaux associés, et aux ODD. Ce projet est mis en œuvre dans 8 pays, dont la RDC.

Pétronelle Lusamba/JDH.

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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades

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La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.

Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).

Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet

Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.

Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.

« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.

Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.

Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.

« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.

Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.

Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.

« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.

Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.

Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.

« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.

Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.

« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.

Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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