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Le gouvernement Sama se vide : Après Kalumba, Aselo sur un siège éjectable !
L’épée de Damoclès plane sur le Vice-premier ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières Daniel Aselo Okito. Depuis ce lundi 4 avril, une motion de défiance a été déposée contre lui au bureau de l’Assemblée nationale. Cette motion de défiance signée par 77 députés nationaux est portée par le député national UDPS Didier Lutundula Okito.
Après le dépôt de sa motion au bureau de l’Assemblée nationale, cet élu du peuple a indiqué que c’est à la suite des réponses non convaincantes du ministre Aselo à la question lui adressée sur la gestion de son secteur. Il a affirmé que ce ministère n’est pas géré au regard de plusieurs abus constatés dans ce secteur si sensible de la vie nationale. « Le VPM est venu deux fois à l’Assemblée nationale. Mon constat est qu’il était venu uniquement s’excuser par rapport à ses propos outrageux contre les députés nationaux et provinciaux. Il n’a pas touché le fond des questions lui posées par les députés nationaux. Avocat de son état, il est conscient qu’il est en train de faire la violation grave des lois et de la constitution de la République Démocratique du Congo. Nous n’avons pas été satisfaits. Il faut soit qu’il démissionne avant l’alignement de la motion contre lui, soit il se présente pour la troisième fois devant les députés nationaux pour présenter ses moyens de défense. Il y a la mauvaise gestion de la territoriale, l’insécurité grandissante dans toute la République Démocratique du Congo, la police est devenue incontrôlable que ça soit la police routière, que ça soit la police de proximité comme si on était dans un État bananière. Jusque-là l’ANR n’a pas cessé avec ces petits cachots clandestins. Ce ministère n’est pas géré, ça pèse trop sur les épaules du VPM Daniel Aselo Okito », a-t-il expliqué.
Puis d’ajouter : « C’est une motion de défiance qui est différente d’une question orale avec débat. On ne peut pas adresser à une même personne une question orale avec débat dans un délai d’un mois, c’est ce qui est interdit par notre règlement intérieur ».
Kalumba déjà notifié
Il convient de noter qu’il ya moins d’une semaine, le ministre de l’Économie nationale, Jean-Marie Kalumba Yuma, a été déchu par la même Assemblée nationale au terme d’un vote organisé lors de l’examen de la motion de défiance initiée contre lui. Le député Crispin Mbindule, initiateur de la motion, avait publiquement rélévé l’incompétence de ce membre du gouvernement, notamment sur sa gestion du dossier en rapport avec les chinchards commandés par le gouvernement pour les festivités de fin d’année 2021-2022. Bien plus, il est pointé du doigt au regard de la hausse de prix des biens de première nécessité constatée dans les différents marchés à travers l’ensemble du territoire national.
C’est depuis la fin du week-end dernier que le bureau de l’Assemblée nationale a notifié au gouvernement la d’échéance de son ministre de l’Economie.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
