Politique
RDC : Des éléments de la milice Kamwina Nsapu continuent à payer le prix
Quelques années après la mort du grand chef Kamwina Nsapu, plusieurs de ses collaborateurs continuent de payer le lourd tribut, principalement ceux qui sont détenus dans les cachots contrôlés par des services spécialisés. Selon les membres de familles de certaines victimes, leurs proches passent un sérieux calvaire. Ils sont parfois torturés au point que d’autres laissent leurs peaux.
En ce qui concerne principalement des éléments de la milice Kamwina Nsapu détenus à Kinshasa, les nouvelles ne sont pas du tout bonnes. A la DEMIAP, par exemple, ils meurent les uns après les autres, selon certaines sources. Ainsi, les activistes de droits humains sont vite appelés à s’impliquer afin de tirer au clair cette situation.
« Certains des détenus y sont sommairement exécutés, d’autres meurent après avoir été torturés », a confié une source qui a requis l’anonymat.
Parmi les quelques rares qui ont eu la vie sauve grâce à la complicité de certains agents commis à la garde, des sérieuses inquiétudes persistent quant à leur survie. La plupart est introuvable. Leurs proches tentent en vain de les retrouver.
C’est le cas notamment de Silva Kalombo qui s’est vu arrêter dans sa résidence aux alentours de 3 heures locales en septembre 2021. Après tortures et autres sévices, ce dernier se verra obligé de citer des personnes qu’il a facilité la fuite de la prison de la DEMIAP. Il citera quelques-uns dont Kams Kabeya Tshibuabua, Tshitenge Beya, Kamul Tshibanda et autres.
Ignorant les lieux de retranchement de ces fugitifs, la DEMIAP décida alors de passer par les épouses de ces derniers pour espérer retrouver les personnes citées. Ainsi, les services de sécurité exigeront à la femme de Tshitenge Beya, par exemple, de faciliter la tâche aux services. En contrepartie, elle verrait son mari être libéré. Elle était donc obligée de dévoiler le lieu de retranchement des fugitifs dont Kamul Tshibanda, Kabasele Kalala, Mutombo Didier, François Mutombo Kazadi, Ilunga Kalala Dieumerci et autres pour obtenir la libération de son mari. Qualifiés de terroristes, les fugitifs sont donc activement recherchés.
Malgré le fait qu’un rapport des Nations Unies cite les militaires des FARDC et autres forts du régime d’être à la base des exactions, ces éléments de la milice Kamwina Nsapu continuent de croupir au cachot.
Pour rappel, Kamwina Nsapu fut un chef coutumier dans l’espace Kassai dont le parcours sur la terre des hommes a été écourté simplement pour n’avoir pas été en odeur de sainteté avec le régime Kabila. Pour des spécialistes, c’est l’histoire d’une étincelle qui devient incendie.
Le 12 août 2016, Jean-Prince Mpandi, le 6ème « Kamuina Nsapu » du nom, chef coutumier des Bajila Kasanga, est tué dans l’assaut de sa maison, dans la province du Kasaï-Central. Dix mois plus tard, on dénombre des centaines de morts, peut-être des milliers, mais aussi des milliers d’enfants enrôlés, plus d’un million de déplacés et au moins quarante-deux fosses communes.
Et depuis, l’on apprend que des facilitateurs des fugitifs dans des cachots clandestins au sein des services de sécurité sont abattus sans autre forme de procès dont Monsieur Silva Kalombo qui malheureusement son corps, sans vie, sera retrouvé dans une morgue de la capitale congolaise à la date du 1er Mars 2022. Dans l’opinion, l’on s’interroge sur le sort de ces fugitifs à qui mort gratuite est deja promise avant même qu’ils soient retrouvés.
Le régime actuel très complice de cette situation doit être mis sous pression par la communauté internationale pour tout mettre en œuvre pour rétablir l’autorité de l’Etat et imposer une discipline notamment dans le chef des responsables de services de sécurité.
B. M./CONGOPROFOND.NET
À la Une
« Félix Tshisekedi est et reste notre choix » : Dany Mukendi Wa Dinanga plaide pour une nouvelle Constitution et la poursuite du leadership présidentiel
Pour Dany Mukendi Wa Dinanga, figure de la Mouvance Présidentielle et observateur de la vie politique congolaise, le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC ne doit être ni tabou ni confisqué. Dans une intervention remarquée, il défend le droit du peuple congolais à repenser son pacte constitutionnel, tout en réaffirmant son soutien au président Félix Tshisekedi, qu’il considère comme le garant de la souveraineté nationale et de l’essor économique du pays.

Le référendum, un droit constitutionnel du peuple
Dany Mukendi estime qu’il est parfaitement légitime pour les Congolais de réfléchir à leur avenir et aux mécanismes de gouvernance de leur pays.
Selon lui, la Constitution doit être l’expression de la volonté populaire et non le produit d’influences extérieures.
À l’en croire, la loi fondamentale offre déjà un cadre permettant d’engager cette réflexion. Il rappelle qu’une initiative populaire réunissant au moins 100.000 signatures peut conduire à l’organisation d’un référendum, convoqué de droit par le Chef de l’État à l’initiative populaire. « Le temps n’est pas suspect. Deux ans avant la fin d’un mandat présidentiel, il est normal que le peuple réfléchisse à son avenir et à la Constitution qu’il souhaite », soutient-il.
Guerre dans l’Est : une nuance juridique
Face aux critiques selon lesquelles un référendum ne pourrait être organisé dans le contexte sécuritaire actuel, Dany Mukendi apporte sa propre lecture juridique.
Selon lui, la Constitution évoque une situation de guerre déclarée, alors que ni la RDC ni le Rwanda n’ont officiellement déclaré les hostilités. « Nous sommes dans une guerre de fait et non dans une guerre déclarée. Cela n’empêche pas, selon notre compréhension du droit, de lancer une pétition et d’aboutir à un référendum », affirme-t-il.
Il souligne également que le texte constitutionnel n’impose pas que les 100.000 signatures proviennent des 26 provinces, mais simplement qu’elles soient réunies par des citoyens congolais.
Une présidentielle impossible sans l’intégrité du territoire
L’un des points majeurs de son argumentaire concerne l’organisation de l’élection présidentielles.
Pour Dany Mukendi l’occupation de certaines parties du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pose un problème majeur, dans la mesure où la circonscription électorale présidentielle couvre l’ensemble du territoire national.
Il estime ainsi que le président Félix Tshisekedi devrait demeurer en fonction jusqu’au rétablissement complet de l’autorité de l’État sur ces provinces.« Nous devons d’abord récupérer l’intégralité du territoire national avant d’envisager une élection présidentielle dans des conditions normales », fait-il valoir.
« La démocratie, c’est la majorité »
Évoquant le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle, Dany Mukendi insiste sur les principes démocratiques.
Pour lui, les partisans comme les opposants à une révision de la Constitution doivent pouvoir s’exprimer librement, dans le respect des règles démocratiques.
Il distingue toutefois l’opposition politique de la rébellion armée. « L’opposition républicaine a toute sa place dans la démocratie. En revanche, les groupes armés qui tuent les populations et servent des intérêts étrangers relèvent, selon nous, de la haute trahison », affirme-t-il.
Une Constitution à refonder
Très critique envers l’actuelle Constitution, Dany Mukendi estime qu’elle comporte des contradictions et qu’elle ne répond plus aux aspirations profondes du peuple congolais.
À ses yeux, une réforme fondamentale s’impose afin de doter la RDC d’un texte adapté à ses réalités politiques, sécuritaires et économiques.
Il rejette également toute pression extérieure sur cette question.« Le peuple congolais a le droit de décider lui-même de son avenir constitutionnel sans que d’autres États ne dictent sa conduite », soutient-il.
Félix Tshisekedi, le choix de la souveraineté et du développement
Au-delà du débat institutionnel, Dany Mukendi réaffirme son soutien au président Félix Tshisekedi, qu’il considère comme l’homme capable de conduire la RDC vers la victoire face aux défis sécuritaires et vers une transformation économique majeure.
Selon lui, les perspectives d’investissements internationaux, notamment les partenariats stratégiques en cours, pourraient accélérer le développement du pays et renforcer son statut économique sur le continent africain.
Il cite également les exemples de certains pays voisins, où la stabilité politique est associée à une longue continuité du leadership.
Un plaidoyer pour une nouvelle étape politique
À travers cette prise de position, Dany Mukendi Wa Dinanga défend une vision articulée autour de 3 axes : la défense de la souveraineté nationale, l’ouverture d’un débat constitutionnel porté par le peuple et la poursuite du leadership de Félix Tshisekedi dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et économiques.
Pour ce membre de la Mouvance Présidentielle, « Félix Tshisekedi est et reste notre choix », non seulement pour conduire la RDC vers la paix et la victoire dans l’Est, mais aussi pour accompagner les réformes institutionnelles et le développement qu’il juge indispensables à l’avenir du pays.
Face aux accusations de tribalisme, un plaidoyer pour l’unité nationale
Interrogé sur les critiques accusant le pouvoir d’alimenter le tribalisme, Dany Mukendi rejette catégoriquement en bloc ces allégations. Il considère que ces accusations relèvent davantage de la manipulation politique que d’une réalité institutionnelle. À ses yeux, les institutions congolaises demeurent ouvertes à toutes les composantes du pays et les débats politiques ne devraient pas être transformés en oppositions ethniques ou communautaires.
L’acteur de la mouvance présidentielle rappelle ainsi que la cheffe du gouvernement n’est pas de la province du chef de l’État. » Il faut préserver l’unité nationale dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et politiques. D’ores et déjà, nous vivons tous paisiblement en RDC sous l’autorité du Chef de l’État et dans le respect des autorités établies « , a conclu cet acteur politique.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
