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Attaques dans l’est de la RDC, Réseaux de ressources illicites, Élections de 2023, abus sexuels des Casques bleus, etc. : Voici les 4 résolutions des USA présentées à l’ONU 

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L’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, Représentante des États-Unis auprès des Nations Unies à New York, s’est exprimé, ce mardi 29 mars 2022, à la tribune de cette organisation supranationale au sujet de l’actualité en RDC. Tour à tour, elle a donné la position de son pays sur les grands sujets tels que les récentes attaques dans l’est de la RDC, des actions des USA visant à désorganiser les réseaux de ressources illicites, de la planification, de la transition et des élections de 2023, ainsi que de la conduite des Casques bleus.

Voici l’intégralité de son allocution telle que prononcée. 

Je vous remercie, Madame la Présidente. Et merci, Madame Keita, la représentante spéciale du secrétaire général, pour votre point de presse et pour votre dévouement à votre mission. Je voudrais également souhaiter la bienvenue à notre collègue, le représentant permanent de la RDC, ici aujourd’hui. Et permettez-moi aussi d’exprimer mes inquiétudes concernant le rapport sur l’aéronef abattu. Toutes mes condoléances pour les pertes de vies humaines. Et ce n’est qu’une preuve de plus du danger extraordinaire que courent les soldats de la MONUSCO en travaillant en RDC.

Madame la Présidente, j’aimerais utiliser le temps qui m’est imparti aujourd’hui pour parler des récentes attaques dans l’est de la RDC, de nos actions visant à désorganiser les réseaux de ressources illicites, de la planification, de la transition et des élections de 2023, ainsi que de la conduite des Casques bleus.

Premièrement et avant tout, les États-Unis condamnent fermement les attaques continues des groupes armés, notamment Daech-RDC, également connu sous le nom de Forces démocratiques alliées, et la Coopérative pour le développement du Congo( CODECO). Nous sommes préoccupés par les graves menaces que font peser sur les civils les groupes armés disposant de réseaux dans toute la région. Comme l’indique le rapport du secrétaire général, ceux-ci englobent également une reconstitution potentielle du M23 et des groupes armés burundais. Nous avons été particulièrement troublés, comme d’autres l’ont mentionné, par les récentes attaques dans le camp de déplacés de Plaine Savo, dans la province d’Ituri. Là, aux dernières heures du 1er février, les assaillants du CODECO ont massacré plus de 60 personnes, principalement des femmes et des enfants, avant que la MONUSCO n’intervienne conjointement avec les Forces armées de la RDC pour repousser l’assaut.

Les États-Unis tiennent en haute estime le travail des ONG et des défenseurs qui ne ménagent pas leurs efforts pour faire la lumière sur ces types d’attaques et d’abus contre les civils, qui visent souvent des groupes ethniques particuliers. Et nous sommes heureux de voir la représentante spéciale du secrétaire général et son équipe réfléchir de manière approfondie à la façon de renforcer les forces de la MONUSCO, notamment en recourant davantage aux déploiements de troupes de combat permanentes, afin de protéger au mieux les populations vulnérables de la RDC.

À cette fin, les États-Unis se félicitent des premières mesures prises par les FARDC, les Forces de défense du peuple ougandais, et la MONUSCO pour parvenir à une communication et une déconfliction efficaces. Nous exhortons toutes les parties à mettre pleinement en œuvre la coordination convenue. Nous continuons également d’exhorter les États membres à respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies en matière de sanctions et l’ensemble des obligations pertinentes en vertu du droit international dans la conduite de toutes les opérations transfrontalières dans l’est.

Deuxièmement, toutes les personnes présentes dans cette salle et qui nous écoutent aujourd’hui savent parfaitement que le trafic illégal de ressources naturelles dans l’est de la RDC et dans les régions transfrontalières alimente et finance directement des activités qui menacent chaque jour la vie des Congolaises et des Congolais. Ces ressources devraient plutôt être utilisées pour construire un avenir pour le peuple de la République démocratique du Congo. Nous sommes préoccupés par la conclusion du rapport du secrétaire général selon laquelle, dans les régions du Sud-Kivu, on constate une présence accrue des groupes armés liés aux groupes criminels régionaux qui orchestrent l’exploitation minière illégale. Nous devons mettre un terme à cela. C’est pourquoi nous restons déterminés à travailler avec les États membres pour recourir de manière résolue au régime de sanctions 1533 du Conseil de sécurité des Nations unies à l’encontre de la RDC. Les sanctions prises par les États-Unis à l’encontre d’Alain Goetz et de son réseau témoignent de notre volonté de mettre au jour et de désorganiser les réseaux de ceux qui veulent en tirer profit au détriment de la sécurité et du développement du pays et de sa population.

Troisièmement, nous nous félicitons de la coordination en cours entre la MONUSCO, le gouvernement de la RDC et tous les partenaires, y compris les autorités provinciales, pour rendre opérationnel le plan de transition de la MONUSCO. Et alors que nous réfléchissons à l’avenir, je sais que de nombreux regards se tournent vers les élections prévues en décembre 2023. À cette fin, les États-Unis soutiennent le renforcement des protections de la liberté d’expression, qui est essentielle à un processus électoral crédible. Et nous sommes prêts, avec le Conseil, à faire en sorte que nos partenaires gouvernementaux de

la RDC disposent de tous les outils dont ils ont besoin pour planifier et organiser des élections libres, équitables, transparentes, opportunes, sûres et inclusives.

Quatrièmement et pour conclure, nous ne devons pas perdre de vue, dans le contexte de la MONUSCO, un combat que nous continuons de mener dans toutes les opérations de l’ONU sur le terrain, à savoir mettre fin à l’exploitation et aux abus sexuels. Rien qu’en 2021, la MONUSCO a reçu des rapports faisant état de 23 allégations de cas d’exploitation et d’abus sexuels perpétrés par le personnel de l’ONU. Je sais que l’équipe déontologie et discipline de la Mission travaille sans relâche pour traiter ces allégations et enquêter. Et j’espère que les pays dont le personnel est mis en cause travaillent avec autant d’ardeur pour que les auteurs de ces actes soient tenus responsables lorsque les allégations sont fondées.

Entre les récentes attaques, les mines illégales et les élections de décembre 2023, le rôle de la MONUSCO est plus important que jamais. Nous nous réjouissons de continuer à discuter de ce rôle et de suivre tous les progrès dans les semaines à venir.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !

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Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.

Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.

De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.

Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?

Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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