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La CRÈCHE : Historique et Symbolique pour la Foi ( Par SALEM ALUMBA/ Séminariste en 2ème Théologie )
A la Noël, nous visitons la crèche. » Faisons ceci en référence à la tradition pour contempler le divin enfant ». Nous présentons ici une historique de la crèche et sa symbolique.
a. Historique de la crèche
Les premières représentations de la nativité remontent au 3ème siècle. Au 4ème siècle, la veille au soir de Noël s’est célébrée autour de la crèche, à Sainte Marie Majeure à Rome. Il s’y trouverait les reliques de la crèche de la naissance de Jésus. Par ailleurs, la crèche de notre tradition vient de Saint François d’Assise. Alors que fut interdit le pèlerinage à la Basilique de la Nativité à Bethléem après la 5ème croisade, François envisagera reproduire la scène de la nativité. Ce que réalisera un certain Jean à Greccio en Italie à la Noël 1223.
« Au nombre des
grâces prodiguées par le Seigneur en ce lieu… un homme de grande vertu… aperçut couché
dans la mangeoire un petit enfant immobile que l’approche du saint parut tirer du sommeil », note De Celano.
Au 18ème siècle, des santons de Provence, figurines représentant les personnages de la crèche dont : Marie, Joseph, l’enfant, l’âne, le bœuf et d’autres personnages seront créés.
L’usage des santons pour des crèches familiales va se développer suite à l’interdiction des cultes
et célébrations de nuit de Noël après la Révolution française. Avec la Contre-réforme, les
crèches en miniature ont été un instrument de catéchèse des Jésuites. Par ailleurs, on peut placer la crèche déjà au troisième dimanche de l’Avent, inauguration de la joie de Noël mais sans
Jésus et on l’enlève après les vêpres de baptême du Seigneur qui clôture le temps de noël.
b. La symbolique de la crèche pour la foi chrétienne et le monde
Le terme crèche vient du francique « krippa »: mangeoire d’animaux.
Cependant, au 2ème siècle, Justin écrit que comme Joseph n’avait pas où loger dans ce village, il s’installa dans une grotte voisine de Bethléem et c’est tandis qu’ils étaient là que Marie enfanta le Christ et le plaça dans une mangeoire.
Des fouilles archéologiques révèlent des réseaux de grottes à Bethléem servant des demeures et des lieux agricole ou pastoral.
L’Orient représente parfois
dans une grotte Jésus emmailloté d’un linceul préfigurant sa mort et sa résurrection.
Théologiquement, la grotte est le symbole de l’incarnation : le verbe de Dieu descend au
tréfonds de la terre. Elle préfigure aussi la fin de sa vie: la lumière de Dieu illuminera les enfers
lors de la résurrection. La mangeoire, elle, insinue que l’enfant-Dieu se fait nourriture. A la
crèche nous rencontrons déjà l’eucharistie. Cette considération est ponctuée avec la
signification de la cité de naissance de Jésus : Bethléem : maison du pain.
Par ailleurs, aucun évangile ne fait mention d’animaux à la naissance du Christ. Néanmoins, Voraigne note que
Joseph y avait fait une crèche pour un bœuf et un âne. Or, poursuit-il, le bœuf et l’âne connurent le Seigneur par l’effet d’un miracle et fléchirent le genou pour l’adorer. Cela rejoint
une prophétie d’Isaïe : le bœuf connait son possesseur, et l’âne la crèche de son maître. (Is 1, 3). Aussi, l’âne est l’unique animal qui partage avec l’humain le fait d’être racheté. (Ex 13, 3). Ainsi, par l’image de l’âne, c’est l’homme qui est appelé à connaitre son Dieu (Is 1, 3).
En outre, Seiglie et Robinson voient autrement le lieu de la nativité.
Chez Luc, le choix
de la crèche est dû au manque de place dans l’auberge ou l’hôtellerie d’après la version
française. Cependant, le texte original emploie le terme « Kataluma » signifiant un lieu de repos ou une chambre d’hôtes. Luc utilise le même terme quand Jésus envoyait ses
disciples trouver une salle pour la pâque (Lc 22 11). Cependant, pour désigner l’auberge ou
l’hôtellerie dans la parabole du bon samaritain, il utilise le terme « Pandocheion »
(Lc10, 34) Littéralement, le terme se traduit par chambre d’hôtes. Il s’agit de la chambre d’hôtes d’une maison précise.
Ces
chambres recevaient les pèlerins des fêtes annuelles et des visites.
En outre, pour des raisons commerciales, les auberges de l’époque longeaient des routes principales. Ce qui contraste avec la réalité de Bethléem, situé au cœur des montagnes de Judée et non traversé par une grande route romaine connue.
Ainsi, Luc voudrait dire qu’il n’y avait pas de place dans la chambre d’hôtes vu
l’affluence des voyageurs pour le recensement. Mais comment ils se sont retrouvés dans
l’étable ?
En effet, une maison israélite contenait: au rez-de-chaussée, un espace d’abri pour
animaux ; un peu plus haut, une chambre d’hôtes pour invités et plus haut une pièce de la famille. A l’entrée de la pièce inférieure, il y avait une mangeoire pour les animaux. Le texte
de1 S 28, 24 note d’ailleurs que la magicienne d’En-dor avait chez elle un veau gras qu’elle tua et offrit à Saül. Joseph et Marie logeraient la première pièce où se trouverait une mangeoire pour les animaux. Pendant des siècles, les paysans palestiniens sont nés sur les terrasses surélevées, des maisons familiales à pièce unique,… La naissance eut très probablement lieu
dans un endroit tout à fait naturel pour un paysan — dans une maison de paysan.
Au-delà de ce qui précède, la crèche manifeste la tendresse de Dieu. C’est un haut-lieu de la Kénose, un chemin du dépouillement qui de la mangeoire de Bethléem conduit au don total de soi. Elle stimule notre affection pour rencontrer le nouveau-né et Le servir dans les autres. Avec les bergers, nous contemplons une ouverture à la bonne nouvelle. Néanmoins, la
maison d’Hérode est restée sourde et violente. C’est dans le vide de soi qu’on fait l’expérience de l’amour-plein de Dieu.
Pour les mages, un contraste traverse leur épisode :
Ils sont venus de l’Orient.
Dans la Bible aussi dans le coran, l’orient a une connotation de
l’espérance, de la lumière : c’est le soleil levant. Les premiers chrétiens priaient en regardant vers l’Est : ad orientem.
Symboliquement, les mages ont laissé leurs espoirs pour rencontrer
l’Espérance des hommes qui satisfait leurs inquiétudes sur l’astre lumineux. Le ciel étoilé dans la nuit obscure montre que Dieu s’est fait homme pour répondre à nos interrogations. A nos
inquiétudes sur les abus sur mineurs, contemplons l’Enfant-Dieu dans sa fragilité.
En outre, l’accueil de la Sainte Famille contraste un peu avec une réalité de notre société vécue après la naissance d’un enfant : kotala mwana mutu : réalité à tout le moins indéniable à
laquelle croit plus d’un chrétien au point de refuser de montrer l’enfant à certaines personnes. Peut-elle s’éclairer par l’expérience que représente la crèche ? Une ouverture à une ultérieure
réflexion. De plus, la Noël est célébrée aussi comme une fête culturelle.
Ainsi, la crèche peut
exercer une évangélisation in visu. Ses personnages peuvent avoir des effets perlocutoires sur
ceux qui la visitent. En ce sens, comme les santons de Provence autour de Jésus, la crèche pourrait être une catéchèse sur la solidarité pour notre monde brillant d’individualisme. La
Sainte famille elle peut évangéliser la famille humaine en proie aux pros mariage pour tous.
SALEM ALUMBA/ 2ème Théologie
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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades
La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.
Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).
Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet
Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.
Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.
« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.
Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.
Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.
« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.
Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.
Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.
« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.
Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.
Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.
« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.
Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.
« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.
Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
