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Kinshasa : la Fondation « Pakadjuma Résilience » lance un S.O.S en faveur des sinistrés
Après l’incendie déclaré dans le site communément appelé « Pakadjuma », le vendredi 22 octobre 2021 vers 22 heures, au quartier Kingabwa, dans la commune de Limete, un élan de solidarité s’est créé en faveur de ces compatriotes qui ont presque tout perdu au cours de ce sinistre.
A cet effet, à l’initiative de l’avocate Éliane Kibubi, la Fondation « Pakadjuma Résilience » s’est donné la mission d’accompagner les femmes et jeunes victimes de ce drame à l’apprentissage des métiers et au coaching sur le petit commerce. L’objectif, c’est leur réinsertion sociale.
D’ores et déjà, la Fondation avait même entamé une session d’alphabétisation, il y a plus d’un mois, avec 61 participants ( 50 femmes et 11hommes ). Ces derniers apprenaient à lire et à écrire et d’autres formations spécifiques, entre autres, l’hygiène de la femme, etc.

S’agissant des enfants, la Fondation « Pakadjuma Résilience » avait équipé 103 d’entre eux en kits scolaires. Malheureusement, tous ces uniformes, cahiers et autres objets scolaires, sont tous partis en fumée. » C’est ainsi que nous sollicitons l’apport des uns et des autres pour aider nos enfants à reprendre le chemin de l’école et à leurs parents de poursuivre la formation… », a déclaré, ce mercredi 27 octobre, Me Éliane Kibubi à CONGOPROFOND.NET.
Pakadjuma : 141 abris partis en fumée et 700 sinistrés !

A en croire le Rapport d’Evaluation fait par cette organisation, après avoir réalisé des entretiens individuels, l’incendie s’est déclaré la samedi 23 octobre 2021 vers 21 heures dans le bidonville de Pakadjuma, site Onatra/Polar. L’incendie a ravagé entièrement 103 abris et 38 autres abris ont été détruits volontairement afin d’éviter la propagation de l’incendie (abris d’urgence). Les personnes affectées par l’incendie sont estimées à 700 personnes dont 425 femmes, femmes, 50 garçons et 85 filles, qui logent depuis chez des voisins ou dans des abris temporaires. Les victimes sont toutes des personnes associées au commerce du sexe et la plus large majorité est originaire de l’Ex-province de l’Equateur.
La cause de l’incendie évoquée dans l’ensemble des témoignages recueillis est liée à la négligence d’une professionnelle de sexe. Cette dernière aurait laissé une bougie en incandescence et l’incendie se serait déclenché. La femme responsable de l’incendie a subi des harcèlements des autres victimes et présente des troubles psychologiques liés au choc le lendemain.
Selon toujours les interviewées, il n’y a eu aucune perte en vie humaine mais quelques brûlures et des biens matériels et vivres en quantité importante ont été brulés.
Actions en cours

L’équipe de Pakadjuma Résilience a identifié et documenté à travers cette évaluation rapide de protection 603 cas de protection individuels (en vue de les assister), en procédant à l’enregistrement de tous les ménages victime de l’incendie.
En guise de recommandations, Me Éliane Kibubi et ses compagnons encouragent la poursuite de l’identification des cas de protection individuels. » Il faut mener de façon permanente des séances de sensibilisation sur la promiscuité et l’usage du feu domestique afin de prévenir ou minimiser le risque d’incendie de masse », a-t-elle insisté.
Aux dernières nouvelles, deux autorités du pays, le ministre des Affaires humanitaires, Modeste Mutinga, et le gouverneur de la ville, Gentiny Ngobila, ont décidé unanimément, de delocalser les occupants des deux sites, situés le long de la voie ferrée, à savoir la « Pakadjuma » et «Kawele » vers le site « Langa-Langa », dans la commune de la N’Sele.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades
La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.
Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).
Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet
Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.
Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.
« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.
Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.
Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.
« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.
Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.
Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.
« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.
Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.
Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.
« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.
Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.
« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.
Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
