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Après les mines, le Sud-coréen « WTIA » met le cap vers l’agriculture, l’environnement, l’énergie et dans la distribution de l’Internet en RDC
Après avoir investi en RDC pendant 3 ans, dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de l’informatique, de l’agriculture et de l’Internet, le Groupe sud-coréen «WTIA» se lance dans la production et l’exploitation des mines à travers ses usines de traitement des minerais (usines de fusion).
Les usines de production sont situées dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, qui possèdent les plus grands gisements de Cobalt en République Démocratique du Congo, soit 60% des gisements mondiaux.
Le fruit de ce travail est une réalisation à part entière dans laquelle «WTIA» a signé un contrat pour acheter 50. 000 tonnes de ressources des minerais
bruts provenant des mines contenant de grandes quantités de gisements de cobalt et de cuivre.
Bien avant, une délégation dirigée par le président Keun-Young Kim, était venue en République Démocratique du Congo en juin 2021 et y avait consacré
2 mois sur le terrain. Il était question d’entreprendre des consultations avec les sociétés minières, lesquelles se
sont poursuivies avec davantage de visites sur le terrain en août et septembre et enfin en octobre.
Une action qui mérite des encouragements d’autant plus que «WTIA» est la première entreprise
coréenne à produire localement les minerais en toute sécurité et dans le respect de la législation congolaise
en la matière. Elle va certainement contribuer à la réglementation du commerce des ressources minières en RDC, de manière à empêcher les
minerais de conflit à accéder au marché international. Selon le Groupe coréen
«WTIA», l’objectif poursuivi dans ce vaste investissement est non seulement de se procurer et d’exporter des
ressources, mais également de « construire une usine de transformation » ainsi qu’une usine de batteries E.V à la pointe de la technologie en
République Démocratique du Congo, en collaboration avec le gouvernement congolais et les autorités locales.
Il sied de noter qu’en Corée du Sud, le gouvernement et les sociétés privées
de batteries pour véhicules
électriques ont annoncé leur
intention d’investir plus de 40 000 milliards de wons d’ici 2030 dans plusieurs pays, essentiellement dans le secteur des batteries K. Depuis, la demande ne cesse d’augmenter et la RDC est parmi les pays bénéficiaires. C’est un élément essentiel pour
atteindre « l’objectif pour la
Corée de devenir un leader
mondial de l’industrie des batteries K », comme l’a déclaré le Président de la République de Corée ces derniers
mois. C’est dans ce cadre qu’une coopération rapprochée entre la RD CONGO et la Corée du Sud est vivement
souhaitée.
Après avoir atteint son objectif à investir dans le domaine des ressources minérales les plus nécessaires, WTIA se dit prêt à poursuivre d’autres projets toujours dans les domaines agricoles,
environnementaux, énergétiques et dans la distribution de l’Internet en République Démocratique du Congo.
Rappelons par ailleurs que « Corée WTIA Group » a formé un consortium avec Mealtop, JO Engineering, SMFI, les sociétés d’investissement et WTIA DMCC pour assurer une valeur ajoutée à l’économie nationale congolaise à travers ce vaste investissement.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
