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Football : Serge Nkonde promet une franche collaboration avec les dirigeants sportifs
Le nouveau ministre des sports et loisirs, Serge Nkonde, a reçu, ce jeudi 06 mai dans ses bureaux du stade des Martyrs, les dirigeants des clubs de football réunis au sein de l’ADFCO (Association des dirigeants des clubs du Congo).
De V.Club en passant par DCMP, Renaissance, Dibumba, MK , JSK, Feneline et autres, tous les présidents étaient présents, d’abord pour présenter leurs civilités au nouveau patron des Sports, mais également pour déposer un mémo détaillant leurs désidératas, surtout pour le championnat national de la Ligue 1et 2.

« …C’est un fils maison qui est nommé, un fils qui connait très bien notre football. Le ministre nous a promis d’évoluer avec nous en terme d’échanges dans les décisions afin de voir ce sport-roi ( football) aller de l’avant. Le ministre innove, il a nous dit qu’aucune décision en ce qui concerne le football ne pourrait être prise sans la consultation des dirigeants de football que nous sommes. Et nous lui avions présenté un petit mémo », a expliqué Lambert Ossango, president de l’ADFCO mais également de l’AC Rangers.
Notons que dans leur mémo, au delà de la prise en charge du transport aérien pour le championnat national par le gouvernement, les dirigeants des clubs espèrent obtenir du ministre des Sports et loisirs d’autres allégements sur des charges qui s’ajoutent notamment le test Covid-19, le Go pass, etc.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
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Hausse des prix des billets, multiplication des escales, réduction de certaines dessertes : La pression sur le kérosène recompose progressivement l’économie du transport aérien entre l’Afrique et l’Europe (Par Aldo Kamwanga, expert du secteur des ressources naturelles et des commodités)
La flambée du kérosène redessine progressivement le transport aérien entre l’Afrique et l’Europe. Pour les passagers, les effets sont déjà palpables : billets plus chers, trajets plus longs et offre de vols plus fragile sur plusieurs liaisons stratégiques.
Depuis plusieurs mois, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient déstabilisent les marchés pétroliers. Le transport maritime se renchérit, les primes d’assurance augmentent et les coûts de raffinage progressent. Dans ce contexte, le marché du jet fuel ( le carburant des avions ) demeure sous pression, malgré une légère accalmie observée dans la zone ARA (Amsterdam-Rotterdam-Anvers). L’indice Jet Fuel Price Monitor de l’IATA/Platts continue néanmoins de signaler des niveaux élevés.

Pour les compagnies africaines, le choc paraît particulièrement sévère. Le carburant représente une part importante des coûts d’exploitation, dans un environnement où les marges se réduisent continuellement. Abderahmane Berthé, secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), a d’ailleurs souligné cette pression croissante, même si aucun chiffrage homogène n’existe encore à l’échelle du continent.
Billets sous tension, réseaux réorganisés
Face à la hausse des coûts, plusieurs compagnies réajustent leurs lignes les moins rentables. La suspension de certaines dessertes de Turkish Airlines, notamment vers Kinshasa, Libreville et Luanda, s’inscrit dans un contexte de forte pression financière et de réorganisation du réseau.
La direction de la compagnie évoque des impératifs opérationnels liés à l’augmentation significative des coûts d’exploitation, tant au niveau national qu’international. Pour les passagers, les conséquences sont immédiates : trajets rallongés, escales supplémentaires et diminution de l’offre de vols directs. Les transporteurs privilégient désormais les routes jugées les plus solides sur le plan économique.
Les impacts tarifaires varient toutefois selon les compagnies. Air France-KLM a par exemple augmenté d’environ 50 euros aller-retour certains billets économiques long-courriers afin de compenser la hausse du carburant. Mais ce chiffre ne constitue pas une référence universelle pour l’ensemble du marché.
Par ailleurs, une modélisation relayée par Reuters via l’ONG Transport & Environment évoque un coût carburant additionnel moyen d’environ 88 euros par passager sur un vol long-courrier au départ de l’Europe. Il s’agit cependant d’une estimation des coûts supportés par les compagnies, et non d’une hausse automatiquement répercutée sur les billets.
Les diasporas africaines figurent parmi les premières touchées, dans la mesure où elles dépendent fortement des grands hubs européens, turcs ou moyen-orientaux pour rejoindre le continent.
Dangote, nouvel acteur du marché du jet fuel
Dans cette nouvelle configuration, un acteur commence toutefois à émerger : la raffinerie Dangote, au Nigeria.
En avril, les importations européennes de jet fuel en provenance du Nigeria ont atteint environ 66 000 barils par jour, selon les données de Kpler et LSEG. Ces volumes, encore modestes à l’échelle du marché européen, ont néanmoins contribué à une légère détente des prix et pourraient annoncer un changement stratégique plus profond.
Pendant longtemps, une grande partie du pétrole africain était exportée à l’état brut avant de revenir sur le continent sous forme de produits raffinés, à des coûts élevés. Avec Dangote, le Golfe de Guinée pourrait progressivement renforcer son rôle comme plateforme régionale majeure de production de carburéacteur.
Produire du kérosène reste toutefois un exercice hautement technique. Accroître rapidement la production de jet fuel ne se fait pas automatiquement. Le consultant international en raffinage et pétrochimie Sylvio Sparano rappelle que le carburéacteur provient d’une coupe très spécifique du raffinage pétrolier, située entre le naphta et le gasoil.
À cette complexité industrielle s’ajoutent des normes aéronautiques particulièrement strictes, notamment en matière de sécurité et de point de congélation du carburant. Toutes les raffineries ne sont donc pas capables d’augmenter leur production de kérosène à court terme.
Dans ce contexte, certaines origines plus lointaines, comme la Corée du Sud ( l’un des grands acteurs mondiaux du jet fuel ), pourraient continuer à jouer un rôle important sur le marché international.
Hubs africains : une concurrence appelée à s’intensifier
Cette crise énergétique pourrait également renforcer la compétition entre les grands hubs africains.
Addis-Abeba semble consolider sa position grâce à Ethiopian Airlines, tandis que Nairobi demeure une plateforme stratégique majeure en Afrique de l’Est. À l’inverse, les pays fortement dépendants des hubs étrangers apparaissent davantage exposés aux réductions de vols et aux hausses tarifaires.
Air Congo : le défi économique d’une liaison directe
Dans ce contexte, le projet Air Congo prend une dimension à la fois économique et stratégique. Une liaison directe Kinshasa-Bruxelles pourrait, à terme, réduire la dépendance congolaise vis-à-vis des hubs étrangers.
La rentabilité d’une telle ligne dépendrait toutefois de plusieurs facteurs : le taux de remplissage des avions, les coûts opérationnels et surtout la capacité de la compagnie à absorber les fluctuations persistantes du marché pétrolier.
Au-delà des chiffres et des arbitrages financiers des compagnies aériennes, une réalité s’impose désormais : rentrer au pays coûte de plus en plus cher. Et à mesure que le kérosène redessine les routes aériennes, c’est aussi l’accessibilité du lien vital entre les diasporas africaines et leur continent qui se fragilise.
