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Déo-gratias Makopa (RTNC 2) : «Il n’ y aura pas liberté d’expression avec la politique répressive du gouvernement»
CONGOPROFOND.NET : Monsieur Makopa, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Déo-gratias Makopa : Je m’appelle monsieur Déo-gratias MAKOPA surnommé « Déo-Cam » dans le milieu de la presse. J’ai débuté ma carrière en 2007 en tant que monteur d’images à la régie de la chaine « Canal Kin », puis j’ai travaillé pendant 5 ans en tant que technicien de régie à Télé Kin Malebo. Et de 2013 à nos jours, j’ai œuvré en tant que monteur et chasseur d’images « Caméraman » à la RTNC 2 sous la supervision du réalisateur Paul KABAHIDI. Comme activité parallèle, j’ai également collaboré avec plusieurs journalistes dont monsieur « Peter TIANI » en 2015, grâce à ma modeste structure privée de services Photos-vidéos couvrant bon nombre d’évènements tels que les reportages privés, mariages, les enterrements et anniversaires privés.
CONGOPROFOND.NET : vous êtes actuellement hors du pays et avez tenu à exprimer votre avis au sujet de l’affaire « Peter TIANI » qui suscite bon nombre de réactions de nos confrères. Qu’avez-vous précisément à dire ?
D. Makopa : Oui ! Je suis particulièrement solidaire à cette situation que la plupart d’entre nous vivent en République démocratique du Congo d’autant plus que je connais la grande sympathie de « Monsieur TIANI ». Et concernant les persécutions des agents de presse en RDC, j’en ai moi-même fait les frais le 31 Juillet 2017 alors que j’étais affecté à la capture d’image pour couvrir le reportage de mademoiselle Laetitia LUBUYA LUKUSA, reporter à la RTNC 2 au sujet d’une marche organisée à l’initiative du mouvement citoyen LUCHA en réaction aux décisions du gouvernement. La situation ayant dégénéré, comme vous n’êtes pas censé l’ignorer, nous avons été poursuivis ce jour, puis recherchés par les forces de l’ordre pour avoir filmé la macabre scène. C’est la raison pour laquelle je séjourne pour le moment en Angola, ignorant le sort de ma collaboratrice Madame LUBUYA LUKUSA et attendant que les choses se calment peut-être.
En effet, la liberté d’expression est une notion paradoxale en République démocratique du Congo, et le cas de Peter TIANI n’en est qu’un exemple. Nous, agents de presse, sommes constamment obligés de faire un choix entre nos convictions basées sur la déontologie du métier et la crainte de nous voir reprocher notre honnêteté. Peter TIANI n’est donc qu’une des nombreuses victimes d’un système qui ne nous donne guère d’autres choix que de chanter ses louanges sous peine de pires répressions en cas de transgression de la « norme » établie. Moi, j’ai juste eu la chance de m’enfuir à temps, contrairement à lui.
Ainsi, je salue vivement l’initiative de nos confrères de la presse qui militent pour sa libération auprès des services du Premier ministre, responsables de son arrestation. Cependant, je déplore que cette solidarité ne se manifeste souvent que pour certains reporters populaires et appartenant à certaines associations d’agents de presse alors que beaucoup d’autres, pas très connus, souffrent d’être oubliés dans les geôles.
CONGOPROFOND.NET : Pensez-vous qu’il y ait un jour la dépénalisation du délit de presse dans ce pays, tel que souhaitée par le journaliste Edmond IZUBA ?
D. Makopa : Je pense que la situation de la presse au Congo, étant intimement liée à la politique, ne changera pas d’aussitôt tant que la politique répressive et muselière de la liberté d’expression sera le cheval de bataille du gouvernement. La vraie démocratie à l’instar du nom porté par le pays, ne verra le jour qu’avec le changement de régime. Cependant, celui-ci ne risque malheureusement pas d’arriver dans les prochaines années, vue les désaccords existant au sein même de l’unité de l’opposition sur laquelle nous fondions tous nos espoirs.
Propos recueillis par Jean Eudes Miense/CONGOPROFOND.NET
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Nécrologie : André Samuel Mondo Mukewu s’est éteint à Kinshasa
C’est avec une profonde tristesse et une immense douleur que les familles Mondo et Muwawa annoncent le décès de leur regretté grand-père, père, fils, frère et beau-frère, Monsieur MONDO MUKEWU André Samuel.
Son décès est survenu le 11 mai 2026 à Kinshasa, des suites d’une courte maladie.
En attendant le programme officiel des obsèques, le deuil se tient sur l’avenue Nkunku n°04, quartier CPA Mushie, localité de Mantshungu, dans la commune de Mont-Ngafula. Référence : Arrêt Kimbanguiste / Mbudi.
Les familles éprouvées remercient toutes les personnes qui leur témoignent compassion, soutien moral et prières en cette douloureuse circonstance.
Ce communiqué tient lieu de faire-part.
