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Révélation choc du Dr Yengi Mbuta Junior dans l’affaire des “Enfants Mushobekwa” : « Leur état n’était pas critique »
La 7ème audience dans l’affaire opposant Philémon Mambabwa aux fils Mushobekwa, tenue ce jeudi 9 avril àla prison militaire de Ndolo, a marqué un tournant avec l’audition de plusieurs renseignants clés. Parmi eux, un médecin et des proches des victimes présumées ont livré des témoignages déterminants, permettant à la cour d’affiner sa compréhension des faits survenus dans la nuit du 20 au 21 décembre.
Premier à être entendu, le docteur Yengi Mbuta Dosh Junior, médecin généraliste à l’hôpital Diamant, a confirmé avoir reçu les deux jeunes garçons aux alentours de 22 heures. Selon son expertise, les patients présentaient des contusions musculaires causées par des chocs directs. Toutefois, il a précisé que leur état ne présentait « rien de critique », malgré les douleurs constatées. Pour étayer ces observations, une clé USB contenant des images des enfants blessés, fournie par la partie civile, a été versée au dossier en vue d’une analyse approfondie par la cour.

Témoignages divergents autour des faits et des responsabilités
De son côté, Marie-Ange Mushobekwa, mère des jeunes concernés, a livré sa version de récit des événements. Alertée tôt le matin, elle affirme s’être rendue à la résidence de Philémon Mambabwa pour récupérer ses enfants, qui y avaient passé la nuit. Elle soutient que ce dernier lui aurait expliqué les circonstances de leur présence et évoqué une « petite correction » infligée.
Mais son témoignage va plus loin : elle affirme que des menaces de mort auraient été proférées à l’encontre de ses enfants, à plusieurs reprises. Une version toutefois contestée par Clément Kanku wa Tshibwabwa, parrain des jeunes garçons, qui a déclaré n’avoir ni entendu de telles menaces ni constaté la présence d’une arme ce jour-là. Ces divergences illustrent la complexité du dossier et les zones d’ombre qui persistent.
Une prise en charge médicale et une mobilisation des autorités
Poursuivant son témoignage, Marie-Ange Mushobekwa a indiqué que l’état de santé de ses enfants se serait détérioré après leur retour à domicile, avec notamment l’apparition de gonflements. Elle affirme les avoir conduits à l’hôpital dans la soirée pour une prise en charge médicale.
Elle a également évoqué avoir saisi plusieurs autorités, dont le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, ainsi que des responsables des services de sécurité, en vue d’obtenir un suivi du dossier. Parmi eux, Kale Kabasele, chef des services spéciaux de la police, aurait contribué à orienter la procédure. La justice a finalement été saisie dès le 22 décembre.
Une tentative de règlement à l’amiable rejetée
Enfin, la partie civile a révélé l’existence d’une tentative présumée de règlement à l’amiable. Celle-ci aurait été initiée, selon ses propos, par un proche de Philémon Mambabwa, identifié comme John Kanyoni Nsana, attendu à la barre lors de la prochaine audience.
Marie-Ange Mushobekwa affirme avoir catégoriquement rejeté toute conciliation, préférant que l’affaire suive son cours devant les juridictions compétentes. Elle a néanmoins précisé qu’avant de quitter la résidence ce jour-là, elle et ses enfants avaient présenté des excuses, qu’elle considère comme un simple geste d’éducation et non comme une reconnaissance de culpabilité.
Dans un climat marqué par des versions contradictoires et une forte charge émotionnelle, cette audience renforce les enjeux d’un procès suivi de près par l’opinion publique.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Beni sous le choc : 7 membres de la communauté pygmée, dont la star Nzanzu Mangese, tués dans une attaque attribuée aux ADF
La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins 7 civils issus de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026, au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants se sont introduits dans le quartier avant de s’en prendre à un campement occupé par des membres de cette communauté. « Les assaillants ont d’abord ciblé un campement des pygmées où ils ont exécuté plusieurs personnes à l’arme blanche avant de poursuivre leur assaut dans d’autres parties de Ngadi », a confié un jeune résident du quartier.
Après cette première attaque, les hommes armés auraient étendu leur incursion à d’autres zones de Ngadi. Outre les six victimes dont les corps ont été retrouvés et identifiés par la population locale, plusieurs civils auraient été enlevés et conduits vers une destination inconnue, faisant craindre un bilan plus lourd dans les prochaines heures.
La population pleure également la disparition de Nzanzu Mangese, considéré comme l’une des figures les plus populaires de la région. Son décès a suscité une vive émotion parmi les habitants, qui dénoncent une nouvelle fois la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire de Beni.
Cette attaque remet en lumière les défis sécuritaires auxquels restent confrontées les populations civiles, en particulier les communautés autochtones, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
