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Analyses et points de vue

Lettre ouverte à jeune Afrique : Cyberdéfense en RDC : Quand le procès médiatique prétend se substituer au Droit (Jean-Thierry Monsenepwo)

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O. Préambule — Le devoir de vérité face à la tentation du récit

L’article publié par Jeune Afrique le 19 janvier 2026, intitulé « *Cyberdéfense ou police politique ? Enquête sur le CNC* », appelle une réponse ferme, méthodique et juridiquement fondée.

Non par goût de la polémique.
Mais parce que, dans un État agressé par une guerre hybride, la confusion des concepts n’est pas une erreur bénigne : elle devient un facteur d’insécurité nationale.
La critique est légitime en démocratie. La désinformation, elle, ne l’est jamais.
Essayons de réintroduire le droit là où l’on tente d’imposer un récit. 
Car le Conseil National de Cyberdéfense (CNC) n’est pas une invention rhétorique, ni un dispositif informel : *il procède d’un acte normatif précis, l’Ordonnance n°23/170 du 15 août 2023, créant au sein du Cabinet du Président de la République un service spécialisé dénommé « Conseil National de Cyberdéfense » (CNC).*
Cette ordonnance s’inscrit, de surcroît, dans la continuité du Code du numérique adopté en 2023, qui érige la sécurité des systèmes informatiques et la lutte contre la cybercriminalité en priorités juridiques nationales. 

Ce rappel n’est pas accessoire : *il est la ligne de partage entre l’État de droit et le procès d’intention.*

Et surtout, la RDC n’est pas une exception exotique. Les États qui se respectent distinguent partout l’expertise cyber (technique, préventive, analytique).
En France, l’ANSSI est explicitement dans le même rôle qui est la protection et l’appui technique, avec des échanges et une collaboration continue avec le parquet lorsque la justice est saisie. 
Aux États-Unis, la CISA est présentée comme l’agence nationale de cyberdéfense.

Dans un État agressé par une guerre hybride, la critique est légitime ; *la confusion des rôles, elle, est dangereuse.*

I. *Le CNC n’arrête pas : il assiste l’autorité judiciaire*.

Le cœur de l’argumentaire de Jeune Afrique repose sur une affirmation juridiquement erronée :
celle selon laquelle le Conseil National de Cyberdéfense (CNC) procéderait à des arrestations, des interpellations ou des détentions.

*Cette thèse est infondée en droit, tant congolais que comparé.*

Un principe fondamental gouverne toute chaîne pénale moderne :

*L’expertise technique n’emporte jamais le pouvoir coercitif.*

Le CNC :
• détecte les menaces numériques,
• analyse les flux informationnels,
• documente les faits,
• consolide et sécurise la preuve numérique.

Ces éléments sont transmis aux seules autorités légalement habilitées :
• Officiers de Police Judiciaire,
• Parquet civil ou militaire,
• Auditorat militaire lorsque la compétence le requiert.

Elles seules :
• ouvrent ou non une instruction,
• délivrent des mandats,
• ordonnent les interpellations,
• qualifient juridiquement les faits,
• décident du renvoi, de la mise en liberté ou de la relaxe.

La formule juridiquement exacte est la suivante :

*Le CNC intervient en amont de la chaîne pénale, dans une mission d’assistance technique à l’autorité judiciaire, sans jamais s’y substituer*.

Assimiler le CNC à une police politique revient à nier la séparation fonctionnelle entre renseignement, poursuite et jugement, socle de tout État de droit.

II. *La cyberdéfense n’est pas une opinion : c’est une fonction régalienne*.

L’article incriminé omet une réalité déterminante :
la RDC n’évolue pas dans un contexte ordinaire.

Elle est :
• agressée militairement,
• infiltrée informationnellement,
• ciblée par des campagnes coordonnées de désinformation,
• confrontée à l’usage stratégique du numérique par des groupes armés, notamment l’AFC/M23.

Dans ce contexte, la cyberdéfense n’est ni un luxe ni une option idéologique. Elle est une obligation constitutionnelle de protection de la Nation.

Tous les États responsables disposent :
• d’unités de cyber-renseignement,
• de capacités d’analyse des réseaux sociaux,
• de mécanismes légaux d’interception encadrée.

La RDC ne fait que combler un retard structurel, au moment précis où la guerre a muté :
*du champ militaire vers le champ informationnel.*

III. *Le sophisme de l’« arrestation arbitraire »*.

Jeune Afrique juxtapose témoignages, perceptions et émotions pour construire un récit globalisant. Mais le droit ne se juge pas à l’émotion : *il s’apprécie à la procédure.*

Trois vérités doivent être rappelées :
1. *Toute interpellation contestable relève du contrôle juridictionnel, non de la suppression d’un outil stratégique de l’État.*
2. *L’absence de jugement immédiat n’implique ni illégalité ni arbitraire, surtout en matière de terrorisme, de cybercriminalité ou d’intelligence avec l’ennemi.*
3. *La judiciarisation progressive des dossiers est la preuve même que la chaîne pénale fonctionne.*

Détruire le CNC au nom d’abus allégués reviendrait à supprimer l’outil qui protège aujourd’hui le Congo dans une guerre hybride.
C’est une logique de démolition, non de réforme.

IV. *Défense du coordonnateur Jean-Claude Bukasa et de Mme Lisette Kabanga*.

L’article franchit une ligne dangereuse lorsqu’il glisse vers l’attaque personnelle et identitaire visant :
• M. Jean-Claude Bukasa,
• Mme Lisette Kabanga.

Évaluer leur action à l’aune de leurs origines provinciales ou de supposées proximités politiques ne relève ni de l’investigation, ni de l’analyse sécuritaire.
C’est une diversion argumentative.

*Le seul critère pertinent est la compétence.*

*Jean-Claude Bukasa* est :
• un expert confirmé en technologies de l’information,
• formé dans des environnements internationaux exigeants,
• doté d’une maîtrise rare des architectures numériques complexes.

*Mme Lisette Kabanga* incarne :
• la rigueur méthodologique,
• la coordination opérationnelle,
• une formation universitaire d’excellence,
• une expérience avérée de gestion des affaires de l’État au plus haut niveau,
• la discipline stratégique indispensable en temps de guerre hybride.

Ils sont aujourd’hui l’œil numérique de la Nation.
*Professionnels. Discrets. Efficaces*.

Les attaquer sur des bases identitaires, c’est détourner le débat pour éviter de reconnaître l’efficacité d’un dispositif qui dérange les intérêts des engeances hostiles à notre pays.

V. *La vraie question : à qui profite l’affaiblissement du CNC ?*

Le débat n’est pas de savoir si le CNC doit exister.
La question réelle est la suivante :

*Qui a intérêt à sa délégitimation ?*

Certainement ceux dont :
• les réseaux numériques sont désormais exposés,
• les relais informationnels sont identifiés,
• les communications sont perturbées,
• les narratifs hostiles sont déconstruits.

*Dans toute guerre hybride, attaquer l’outil revient à attaquer l’État.*

VI. *Précision juridique essentielle : coopération et légalité*.

En droit congolais comme en droit comparé, l’association fonctionnelle de magistrats ou d’officiers judiciaires à un service spécialisé ne constitue ni une délégation illégale de pouvoir, ni une confusion des rôles.

Le CNC conserve une mission :
• technique,
• analytique,
• de coordination.

Les magistrats et officiers requis agissent exclusivement dans le cadre de leurs prérogatives légales, sous l’autorité des juridictions compétentes.
Ce mécanisme vise à :
• sécuriser la preuve numérique,
• garantir la régularité des procédures,
• assurer que toute mesure coercitive repose sur un fondement légal et contrôlable.

Loin de transformer le CNC en organe répressif, cette coopération renforce l’État de droit. Et tout ceci dans un cadre numérique normatif : *sécurité des systèmes et répression pénale des infractions informatiques*.

Le Code du numérique de 2023 institue un cadre global qui inclut expressément la sécurité et la protection pénale des systèmes informatiques ainsi que la répression de la cybercriminalité, confirmant l’exigence de compétences techniques capables d’établir, préserver et qualifier la preuve numérique. 

Ainsi, parler de “*police politique*” en visant une structure dont l’objet est l’analyse et la coordination cyber, c’est ignorer que la modernité pénale repose désormais sur l’expertise numérique laquelle n’est pas la contrainte, mais la condition du contrôle juridictionnel.

*Enfin en Conclusion*:
*Le droit contre le récit*.

Jeune Afrique a le droit d’interroger.
Elle a surtout le devoir de ne pas substituer le récit à la rigueur juridique.

Le CNC :
• n’arrête pas,
• ne juge pas,
• ne détient pas.
-Il assiste.
-Il éclaire.
-Il protège.
-il collabore.

Les interpellations relèvent des juridictions compétentes, qui qualifient les faits, engagent ou non les poursuites, et prononcent la relaxe lorsque les charges ne sont pas établies.

C’est cela, l’État de droit.
Et c’est précisément ce que le CNC contribue à préserver.

*Affaiblir la cyberdéfense de la RDC aujourd’hui, c’est exposer la Nation demain.*

L’histoire, elle, jugera.

À la Une

L’Aigle, le Dragon et le Congo : Entre rivalités mondiales et impératif de vision nationale ( Tribune de Simon Urbain Nzuka Mapengo/Expert en modernisation des administrations publiques)

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Dans cette tribune, Simon Urbain Nzuka Mapengo décrypte les enjeux de la rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine autour des minerais critiques de la RDC, devenue un acteur incontournable de la transition énergétique mondiale. Entre les accords conclus avec Pékin et le nouveau partenariat avec Washington, l’auteur s’interroge sur la capacité du Congo à transformer cette compétition des grandes puissances en une opportunité de développement durable. S’appuyant sur les analyses de plusieurs intellectuels et les éclaircissements du gouvernement, il défend une idée centrale : le véritable défi pour la RDC n’est pas de choisir entre l’Aigle et le Dragon, mais de se doter d’une vision nationale forte, capable de faire de ses immenses ressources le socle de sa souveraineté économique et de sa prospérité.

Directeur général adjoint honoraire de la DGDA et haut cadre de l’administration publique, il cumule plus de 30 ans d’expérience dans la gestion douanière et fiscale ainsi que dans la réforme des institutions financières en République démocratique du Congo.

Expert en modernisation des administrations publiques, en mobilisation des recettes et en pilotage des systèmes fiscaux et douaniers, il est reconnu pour son leadership stratégique, sa capacité à conduire des réformes structurelles et à améliorer les performances des régies financières.

Formé dans des institutions de référence, notamment à l’ENA de Paris et à Harvard University, il possède une solide expertise en gouvernance publique, en gestion axée sur les résultats et en lutte contre la fraude fiscale.

Ci-dessous l’intégralité de la Tribune

Pour beaucoup, l’évocation du nom de Lunda Bululu renvoie à la mémoire d’un ancien Premier ministre de l’époque Mobutu ou à celle de l’ancien Secrétaire général de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Pour d’autres, ce nom rappelle surtout le professeur de droit à l’Université de Kinshasa, reconnu pour son français châtié et sa rigueur intellectuelle. Pour ma part, Lunda Bululu évoque certes ces 3 figures publiques, mais bien davantage encore : un père spirituel, un mentor dans le goût de la lecture. Ami de son neveu, Éloi Muana Tambwe, j’avais été en quelque sorte adopté par cet éminent professeur de droit. À chacun de ses voyages, il pensait à moi et me rapportait toujours un livre. Même lorsque la maladie commença à l’éprouver, il ne dérogea jamais à cette tradition. L’un des ouvrages qu’il m’offrit portait un titre aussi intrigant qu’évocateur : « L’Aigle, le Dragon et la crise planétaire ». De cette lecture, je retiens ce que son auteur, Jean-Michel Valentin, qualifie de vérités triviales : l’Aigle, les États-Unis, et le Dragon, la Chine, se livrent depuis plusieurs décennies une lutte acharnée pour l’hégémonie mondiale. Cette rivalité, qui se manifeste aujourd’hui sous les traits de la transition énergétique, des tensions commerciales et de la compétition technologique, est avant tout une guerre économique. Elle traduit un antagonisme plus profond entre deux modèles de développement et de puissance. Pour l’auteur, il ne s’agit plus simplement d’un conflit commercial, mais d’une dynamique de fond qui contribue à remodeler les équilibres mondiaux, avec des conséquences environnementales, politiques et stratégiques majeures.

La question qu’il laisse en suspens demeure vertigineuse : la planète peut-elle durablement supporter une confrontation prolongée entre l’Aigle et le Dragon ?

Aujourd’hui, les premiers signes visibles de cette rivalité apparaissent en République démocratique du Congo. Une grande partie des ressources minérales indispensables à la transition énergétique mondiale se trouve sur notre sol (cuivre, cobalt, coltan, le zinc, le lithium, le germanium …). Cette présence fait de la RD. Congo un territoire stratégique pour les chaines de valeur des batteries, des véhicules électriques, des réseaux électriques et des technologies avancées.

Dans ce contexte, il est normal que les USA cherchent à réduire leur dépendance des chaines d’approvisionnement dominées par la Chine, et que de l’autre côté, que la chine cherche à consolider ses positions acquises. Dès lors, ne devons-nous pas nous interroger sur les conséquences de cette compétition, pour notre pays, entre les deux principales puissances mondiales ?

Les accords signés en décembre 2025 entre la RDC et les États-Unis ont renforcé cette interrogation. Pour une partie de l’opinion, le gouvernement congolais aurait échangé l’accès aux ressources minières contre un soutien accru à la paix dans l’Est du pays face à l’agression rwandaise. Certains y voient même les prémices d’une remise en cause de la présence chinoise dans le secteur minier congolais.

La lecture de la tribune de Nkoy Mobali, publiée le 19 janvier 2026, vient nourrir ce questionnement. Il écrit notamment : « Nous enchaînons les sommets internationaux et sillonnons le globe dans un ballet diplomatique incessant. Mais derrière le prestige des escales, une question fondamentale demeure : prenons-nous réellement le temps de décrypter les forces tectoniques qui façonnent notre siècle ? (…) Nous demeurons les spectateurs passifs de notre propre richesse, incapables de transformer notre sous-sol en levier de développement. Pire encore : dans ce système de l’immédiat, demain n’existe pas. Nous sacrifions l’avenir sur l’autel de l’urgence et du profit éphémère. ».

Cette analyse est sévère, mais elle mérite d’être entendue. La RDC avait déjà conclu avec la Chine un partenariat communément résumé par la formule « minerais contre infrastructures ». Aujourd’hui, elle engage un nouveau partenariat stratégique avec les États-Unis, que certains présentent selon le cas comme une forme de « minerais contre sécurité » ou de « minerais contre développement ». Il serait naïf d’ignorer la dimension géopolitique de ces initiatives. On ne le dira jamais assez, Les États-Unis cherchent manifestement à réduire leur dépendance aux chaînes d’approvisionnement dominées par la Chine. Le financement du Corridor de Lobito s’inscrit notamment dans cette logique de diversification des routes d’exportation des minerais africains vers les marchés occidentaux.

Dans ce contexte, le Congo apparaît progressivement comme l’un des espaces où s’exprime la compétition stratégique entre les deux grandes puissances. Sommes-nous pleinement conscients de cette réalité ? Avons-nous intégré que notre développement ne dépendra pas d’abord de Pékin ou de Washington, mais de notre capacité à utiliser nos ressources au service d’un projet national cohérent ?Car le véritable enjeu n’est pas tant de savoir qui exploitera nos minerais que de déterminer ce que nous ferons de la richesse qu’ils généreront.

Sans vision claire, les minerais stratégiques risquent de reproduire certains travers observés dans d’autres économies de rente : dépendance excessive aux matières premières, vulnérabilité aux chocs extérieurs, instabilité politique et faible transformation locale de la richesse créée.

Plus que jamais, la RDC doit renforcer ses capacités de négociation, améliorer sa gouvernance économique et transformer ses ressources naturelles en véritables leviers de développement.

Quand Mukoko Samba apporte des clarifications

À ces préoccupations, Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, le Professeur Mukoko Samba, a récemment apporté un éclairage qui mérite attention.Invité à la tribune de « Makutano Talk », il a tenu à dissiper plusieurs inquiétudes entourant l’accord stratégique conclu entre la RDC et les États-Unis. Persuasif, il a démontré que cet accord n’accorde aucun monopole aux investisseurs américains et ne crée aucune exclusivité dans l’exploitation des ressources minières congolaises.

La RDC demeure libre de poursuivre et de développer ses partenariats avec d’autres pays, notamment la Chine. À cet égard, les accords récemment conclus avec les autorités et entreprises chinoises, ainsi que les nouvelles découvertes de cuivre dans l’espace kasaïen réalisées par des opérateurs chinois, illustrent le maintien d’une politique d’ouverture à plusieurs partenaires.

La logique de l’accord RDC–États-Unis repose davantage sur un droit de première offre accordé aux investisseurs américains que sur une quelconque exclusivité. Il n’existe aucun engagement empêchant la RDC de collaborer avec d’autres puissances économiques.L’enjeu principal est ailleurs : attirer des investissements capables d’accompagner l’industrialisation du pays, le développement des infrastructures, l’expansion du Corridor Dilolo-Lobito, la réalisation de projets énergétiques structurants tels que Grand Inga et le renforcement des chaînes de valeur locales.

Le véritable défi consiste désormais à transformer cette opportunité en résultats concrets.Puisque le corridor « Dilolo-Lobito » est l’âme de ces accords, il serait bon que les opérateurs congolais prouvent leur proactivité en s’insérant dans les opportunités qu’offre ce projet. Ils sont invités à faire de joint-venture avec les angolais, à mettre en place des structures à capitaux pas énormes, mais qui profitent directement aux échanges du corridor. On pourrait entrevoir et citer ici à juste titre ;

– Les entrepôts et plateformes logistiques à Dilolo et Kolwezi,

– Le transport routier de raccordement ou de soudure aux railsLa sous traitance minière et la maintenance industrielle,

– L’agriculture commercial, les minoteries et huileries qui vont avec, Les services, tel l’hôtellerie.

La richesse durable ne naît pas de l’exportation brute des ressources naturelles. Elle se construit lorsque le pays transforme localement ses minerais, développe son potentiel énergétique, crée des emplois industriels qualifiés, construit des infrastructures modernes, soutient ses PME nationales et investit dans la recherche, l’innovation et la formations et assure l’emploi à la « bombe » qu’est la jeunesse.

À juste titre, les représentants du secteur privé et de la société civile ont insisté sur la nécessité de garantir la transparence, le contenu local, l’accès au financement pour les entreprises congolaises et une meilleure appropriation nationale des bénéfices issus de ces partenariats.

Le gouvernement affirme vouloir répondre à ces préoccupations par des mécanismes de gouvernance adaptés, des réformes fiscales et des mesures renforçant la lutte contre la corruption, tout en maintenant l’application stricte des lois congolaises relatives à la sous-traitance et au contenu local.

Au terme de ce débat, une conviction s’impose : le véritable danger ne réside pas tant dans la compétition sino-américaine que dans l’absence d’une stratégie congolaise cohérente.

Les grandes puissances poursuivront naturellement leurs intérêts. La véritable question est de savoir si la République démocratique du Congo saura poursuivre les siens avec la même constance.

La clé pour la RD. Congo pour tirer profit de la guerre que se livrent les titans pour ses minerais réside dans la capacité de l’Etat à négocier, planifier et imposer ses priorités. Plus que jamais, projection, coordination et anticipation (comme concluait Fely Samuna) doivent devenir les maîtres mots de notre action collective. C’est à cette condition que nos ressources cesseront d’être un objet de convoitise pour devenir le fondement d’une prospérité durable et souveraine.

Simon Urbain Nzuka Mapengo

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