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Procès Mutamba : « Faites votre complot, j’assume ! », le cri de défi d’un ancien ministre à la Cour de cassation

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Une atmosphère explosive a régné ce lundi 4 août à la Cour de cassation, lors de la dernière audience du procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, poursuivi pour détournement présumé de fonds publics. En pleine audience, l’ex-ministre a lancé une déclaration aussi provocatrice que retentissante : « Je ne suis pas ici pour recevoir des menaces. Si vous avez déjà un complot, faites-le. Je vais tout assumer. »

Ces mots, lancés avec véhémence depuis le box des accusés, ont figé la salle d’audience et mis à nu les tensions latentes qui traversent cette affaire à haute portée politique.

Avant même cette sortie fracassante, l’ambiance s’était déjà alourdie. En cause : le refus du directeur de la CENAREF (Cellule nationale des renseignements financiers), Adler Kisula, de témoigner publiquement. Une décision que Mutamba a vertement critiquée, y voyant une tentative de museler la vérité.

Clamant son innocence depuis l’ouverture du procès, Constant Mutamba dénonce un « procès politique », orchestré selon lui pour neutraliser sa voix dans l’arène nationale. Il réclame à cor et à cri la comparution de plusieurs hauts responsables de l’État, notamment la Première ministre Judith Suminwa, le ministre des Infrastructures Alexis Gisaro, et l’inspecteur général des finances Jules Alingete, qu’il considère comme des témoins clés dans la manifestation de la vérité.

Alors que le second mandat du président Félix Tshisekedi se veut celui de la rigueur financière et de la transparence, cette affaire devient un terrain d’épreuve pour l’indépendance de la justice congolaise.

Entre défiance, accusations de complot et bataille judiciaire, le procès Mutamba s’impose comme un moment de vérité pour les institutions de la République.

Dorcas Ntumba

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Mwangachuchu : L’homme qui valait une guerre, et qu’il ne faut surtout pas libérer

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Alors que les manipulateurs politiques changent de masque et que les accords de paix s’empilent comme des pansements sur une hémorragie, un nom revient avec une constance machiavélique dans toutes les revendications du RDF/M23 : celui d’Édouard Mwangachuchu. Il serait le financier occulte de la déstabilisation de toute la partie orientale congolaise.

Aujourd’hui derrière les barreaux, cet ancien député, présenté comme le “propriétaire” occulte de la mine de Rubaya, a atteint un niveau de nuisance qu’aucun seigneur de guerre ordinaire n’a égalé. Si la paix continue de fuir l’Est de la RDC comme l’eau des doigts crispés, c’est parce que lui seul savait comment transformer le coltan en kalachnikovs et la terreur en business plan. En matière de déstabilisation, personne n’a fait mieux.

 

Il n’est pas un simple rouage de la guerre, il en est la chambre forte. Les preuves matérielles ne manquent pourtant pas dans ce dossier volcanique. Lors de son procès très médiatisé en mars 2023 à la prison de Makala, Edouard Mwangachuchu a dû reconnaître la propriété des munitions et effets militaires découverts chez lui, à Kinshasa comme dans sa résidence du Nord-Kivu. Ses avocats ont bien tenté le paravent de l’autorisation officielle de port d’armes.

Mais c’est l’ouverture de son fameux “coffre-fort” qui promettait de révéler l’ampleur du désastre. Car si l’argent est le nerf de la guerre, Edouard Mwangachuchu en était la caisse centrale (le banquier invisible des groupes armés qui saignent la région). Chaque once de colombotantalite extraite de la mine de Rubaya portait sa griffe avant de financer les fusils pointés vers Goma. Le lier au RDF/M23, ce n’est pas une simple accusation politique, c’est une logistique.

Dès lors, la question qui fâche n’est pas “Pourquoi l’arrêter ?”, mais “Pourquoi quelqu’un voudrait-il le libérer ?” Les appels à sa relaxe ne sont pas des quêtes de justice, ce sont des demandes de réarmement déguisées. Dans l’équation sanglante de l’Est, sa présence en prison constitue le seul diviseur commun ayant réduit l’intensité du chaos. Le libérer, ce serait rendre les clés du coffre à un homme dont le “business” repose sur l’instabilité chronique.

Alors, oui, parlons des accords de paix, des revendications politiques du RDF/M23, et de tous ces cessez-le-feu qui n’en sont pas. Mais tant que le nom de Monsieur Edouard Mwangachuchu figure en tête de liste des exigences des groupes terroristes, la vérité éclate, crue et insoutenable : sans sa caisse, la guerre s’essouffle. Pour sauver Rubaya et le Kivu, qu’il reste au moins en prison. Définitivement.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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