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Mwangachuchu : L’homme qui valait une guerre, et qu’il ne faut surtout pas libérer

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Alors que les manipulateurs politiques changent de masque et que les accords de paix s’empilent comme des pansements sur une hémorragie, un nom revient avec une constance machiavélique dans toutes les revendications du RDF/M23 : celui d’Édouard Mwangachuchu. Il serait le financier occulte de la déstabilisation de toute la partie orientale congolaise.

Aujourd’hui derrière les barreaux, cet ancien député, présenté comme le “propriétaire” occulte de la mine de Rubaya, a atteint un niveau de nuisance qu’aucun seigneur de guerre ordinaire n’a égalé. Si la paix continue de fuir l’Est de la RDC comme l’eau des doigts crispés, c’est parce que lui seul savait comment transformer le coltan en kalachnikovs et la terreur en business plan. En matière de déstabilisation, personne n’a fait mieux.

 

Il n’est pas un simple rouage de la guerre, il en est la chambre forte. Les preuves matérielles ne manquent pourtant pas dans ce dossier volcanique. Lors de son procès très médiatisé en mars 2023 à la prison de Makala, Edouard Mwangachuchu a dû reconnaître la propriété des munitions et effets militaires découverts chez lui, à Kinshasa comme dans sa résidence du Nord-Kivu. Ses avocats ont bien tenté le paravent de l’autorisation officielle de port d’armes.

Mais c’est l’ouverture de son fameux “coffre-fort” qui promettait de révéler l’ampleur du désastre. Car si l’argent est le nerf de la guerre, Edouard Mwangachuchu en était la caisse centrale (le banquier invisible des groupes armés qui saignent la région). Chaque once de colombotantalite extraite de la mine de Rubaya portait sa griffe avant de financer les fusils pointés vers Goma. Le lier au RDF/M23, ce n’est pas une simple accusation politique, c’est une logistique.

Dès lors, la question qui fâche n’est pas “Pourquoi l’arrêter ?”, mais “Pourquoi quelqu’un voudrait-il le libérer ?” Les appels à sa relaxe ne sont pas des quêtes de justice, ce sont des demandes de réarmement déguisées. Dans l’équation sanglante de l’Est, sa présence en prison constitue le seul diviseur commun ayant réduit l’intensité du chaos. Le libérer, ce serait rendre les clés du coffre à un homme dont le “business” repose sur l’instabilité chronique.

Alors, oui, parlons des accords de paix, des revendications politiques du RDF/M23, et de tous ces cessez-le-feu qui n’en sont pas. Mais tant que le nom de Monsieur Edouard Mwangachuchu figure en tête de liste des exigences des groupes terroristes, la vérité éclate, crue et insoutenable : sans sa caisse, la guerre s’essouffle. Pour sauver Rubaya et le Kivu, qu’il reste au moins en prison. Définitivement.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Assemblée nationale : John Mbonda dénonce les « intimidations » contre les députés du Nord-Kivu et de l’Ituri

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La tension politique est montée d’un cran ce vendredi 15 mai à l’Assemblée nationale. Le député national John Mbonda a lancé un sévère avertissement contre ce qu’il considère comme une série d’« intimidations » visant des élus nationaux issus des provinces placées sous état de siège, particulièrement en Ituri et au Nord-Kivu.

Devant le bureau de la Chambre basse du Parlement, l’élu de Kipushi a dénoncé les pressions qu’exerceraient, selon lui, certains gouverneurs militaires contre les députés qui critiquent leur gestion sécuritaire et administrative. Au cœur de cette controverse figure le député national Crispin Mbindule, récemment ciblé par des accusations et des démarches judiciaires initiées par le gouverneur militaire du Nord-Kivu.

Dans une intervention au ton particulièrement ferme, John Mbonda a rappelé que les députés disposent d’une mission constitutionnelle de contrôle et de dénonciation des dysfonctionnements de l’État.

« Donc c’est un cri d’alarme. Un cri d’alarme pourquoi ? Parce que nos collègues de l’Ituri et du Nord-Kivu, chaque fois qu’ils prennent la parole pour dénoncer la gestion des gouverneurs militaires, souvent ils sont objets des attaques de ces gouverneurs », a déclaré le député.

Selon lui, dénoncer des irrégularités ou critiquer la gestion publique ne peut être assimilé à une infraction.
« Un député, son rôle c’est de dénoncer ce qui ne marche pas. (…) Ce n’est pas que ça devient une infraction ou un crime que quelqu’un a commis », a insisté John Mbonda.

Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions politiques dans les provinces sous état de siège, où plusieurs élus dénoncent régulièrement des dérives dans la gestion sécuritaire et administrative menée par les autorités militaires.

En réaction, le bureau de l’Assemblée nationale, par la voix du deuxième vice-président Christophe Mboso, a appelé les députés nationaux à poursuivre leur mission de défense des intérêts du peuple sans céder aux intimidations.

À travers cette prise de position, le débat sur les limites du pouvoir des autorités militaires dans les provinces sous état de siège refait surface avec intensité. Derrière le cas Crispin Mbindule, c’est désormais la question du respect du contre-pouvoir parlementaire et de la liberté d’expression des élus qui s’impose au centre de la scène politique congolaise.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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