Sécurité
P-DRRCS : Butembo accueille les premières étapes vers la réinsertion des ex-combattants
Le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DRRCS), antenne de Lubero-Butembo, a lancé, ce lundi 28 avril 2025 à Butembo (Nord-Kivu, à l’est de la RDC), les opérations d’identification, de vérification et d’orientation des ex-combattants.
Cette démarche vise notamment la délivrance de cartes d’identité spécifiques, sésames indispensables pour accéder aux formations professionnelles et favoriser une meilleure réinsertion communautaire, a expliqué Marie Chantal Lumba, coordonnatrice nationale adjointe en charge des questions techniques et opérationnelles au sein du P-DRRCS.

« Aujourd’hui, c’est un grand jour, une grande cérémonie. Nous tenons à remercier le maire de la ville, qui a mis à disposition ce cadre pour tenir ces activités, ainsi que le chef d’antenne dont les efforts de sensibilisation ont permis d’amener nos bénéficiaires ici. Après avoir reçu leur carte, ils pourront participer à différents projets, notamment des formations professionnelles visant à leur offrir un métier valorisant pour leur réinsertion », a-t-elle déclaré.
Le maire de Butembo, le commissaire supérieur Mowa Baeki Telly Roger, a pour sa part salué l’engagement des ex-combattants, affirmant que « le fait d’accepter d’être démobilisé, c’est choisir de servir la République démocratique du Congo et de tourner la page des actes du passé ».
À cette occasion, plusieurs ex-combattants ont reçu des attestations d’identification. C’est le cas de Singirwa Daniel, ancien membre du groupe armé UPLC, qui s’est dit heureux de cette reconnaissance civile. « Je me sens très bien parce que ce qu’ils nous avaient promis est réalisé. En dehors des autres projets à venir, aujourd’hui je suis reconnu comme civil parmi d’autres. Je suis content et je remercie les autorités », a-t-il déclaré.
À Butembo, plus de 200 ex-combattants sont attendus au cours de ces trois jours d’opérations. Ces activités se poursuivront prochainement à Lubero, après celles menées à Beni la semaine dernière, apprend-on.
Dalmond Ndungo/CongoProfond.net
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
