Société
Nord-Kivu : Les coordinations de la société civile du Grand Nord soutiennent l’UPDF dans les opérations SUJAA
Les quatre coordinations de la société civile forces vives du Grand Nord de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont exprimé leur soutien aux troupes ougandaises de l’UPDF dans les opérations SUJAA. Elles ont fait cette déclaration ce mardi 1ᵉʳ avril 2025 à Butembo, lors d’une conférence de presse.
Me Pépin Kavotha, président de la coordination de la société civile de Beni-ville, a souligné que les opérations SUJAA, menées conjointement par les FARDC et l’UPDF, ont déjà produit quelques résultats positifs, bien que plusieurs défis restent à relever. Il encourage ainsi les forces engagées à aller de l’avant pour atteindre les objectifs fixés dans l’accord bilatéral entre l’Ouganda et la RDC.
“Aujourd’hui, nous allons débattre d’une thématique qui touche à l’unité territoriale, à la paix et à l’accord bilatéral soutenant les opérations SUJAA (…). Cet accord, dans sa primeur, a pour objectif la neutralisation des ADF/MTM. Même s’il reste des défis à relever pour en finir avec ce groupe armé d’origine ougandaise, qui endeuille non seulement les Congolais mais aussi les Ougandais, nous pensons qu’il est plus qu’urgent d’éliminer définitivement cette menace. Il faut également élargir les opérations contre tous les groupes armés supplétifs des ADF/MTM qui troublent la quiétude des populations, afin d’éviter de nouveaux bains de sang, le pillage des biens et des capitaux de la population”, a-t-il déclaré.
Concernant le retrait de l’UPDF, les forces vives dénoncent des rumeurs mais expriment leur crainte qu’un départ effectif ait lieu. Elles estiment que le retrait des troupes ougandaises pourrait non seulement compromettre les efforts en cours pour éradiquer les ADF, mais aussi favoriser l’avancée du M23 vers les villes de Butembo, Beni-ville et leurs territoires environnants. Selon elles, cela risquerait d’entraîner un bain de sang similaire à ceux déjà observés à Goma, Bukavu et dans d’autres régions.
Face à cette situation, les quatre coordinations de la société civile formulent plusieurs recommandations :
Au gouvernement congolais :
• Respecter ses engagements dans les opérations SUJAA ;
• Assurer la redevabilité des opérations SUJAA vis-à-vis de la population ;
• Si le retrait de l’UPDF du territoire de Lubero est réellement envisagé, alors il doit être effectif sur toute l’étendue des zones où ces troupes interviennent dans le cadre des opérations SUJAA.
À la population :
• Rester sereine, vigilante et éviter d’être manipulée par de fausses informations circulant sur les réseaux sociaux ;
• Continuer à soutenir les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ;
• Rester attentive aux prochaines annonces, car un mot d’ordre sera donné prochainement pour des actions citoyennes et patriotiques.
Les quatre coordinations de la société civile concernées sont celles de Lubero, Butembo, Beni-ville et du territoire de Beni, ainsi que les conseils de la jeunesse.
Par ailleurs, toutes les activités socio-économiques et scolaires sont restées paralysées ce mardi 1ᵉʳ avril à Butembo. Les habitants ont suivi le mot d’ordre de la synergie des mouvements citoyens et des groupes de pression, qui avaient appelé à une journée ville morte pour protester contre le retrait annoncé de l’UPDF du territoire de Lubero. Une marche pacifique est également prévue ce mercredi 2 avril pour exprimer la même opposition.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
Santé
Ebola à Butembo : des psychologues renforcent leurs capacités pour la prise en charge psychosociale des communautés
Les psychologues cliniciens de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, ont participé ce samedi 13 juin 2026 à une formation axée sur la prise en charge psychosociale en période d’épidémie d’Ebola. Organisée par l’antenne locale de l’Union nationale des psychologues cliniciens (UNPC), cette session s’est tenue dans l’une des salles de l’Université de l’Assomption au Congo (UAC).
Selon la présidente de l’UNPC/Butembo, Mme Kavira Vinywasiki Florentine, cette initiative vise à renforcer les compétences des professionnels de la santé mentale face aux défis psychologiques engendrés par la résurgence de la maladie. Elle a indiqué que les psychologues sont appelés à intervenir auprès des malades, des cas suspects, des familles ainsi que des communautés affectées.

« Nous nous sommes rassemblés pour essayer de renforcer nos capacités par rapport à l’intervention psychologique en cas de crise ou d’urgence, surtout dans la situation actuelle de la résurgence de la maladie à virus Ebola dans nos zones de santé de Butembo », a déclaré Mme Kavira Vinywasiki Florentine. Elle a ajouté que les psychologues doivent travailler sur les émotions négatives, notamment la peur et l’anxiété provoquées par l’annonce de nouveaux cas.
La responsable de l’UNPC a également insisté sur la nécessité de lutter contre le déni observé dans certaines communautés. « Leur conscient ne veut pas accepter la réalité. C’est au psychologue clinicien d’y travailler et de voir comment communiquer avec la communauté à travers des méthodes humaines et compréhensives afin de réduire les résistances », a-t-elle expliqué.

Les participants ont salué l’importance de cette formation. Psychologue clinicien à Butembo, Kakule Mahamba Job a affirmé avoir acquis de nouvelles connaissances sur l’accompagnement psychologique des personnes touchées par l’épidémie. « Nous venons d’apprendre comment prendre en charge les patients pendant cette période d’Ebola. Nous avons aussi retenu différentes méthodes pour briser la résistance communautaire », a-t-il témoigné, tout en félicitant les organisateurs.
Cette formation intervient alors que l’épidémie continue de progresser dans le Nord-Kivu. Deux nouvelles zones de santé, Vuhovi dans le territoire de Beni et Masereka dans le territoire de Lubero, sont désormais touchées. La province compte actuellement 40 cas confirmés. La ville de Butembo continue également de notifier des cas positifs, notamment dans les zones de santé de Katwa, qui enregistre 17 cas et demeure l’épicentre de l’épidémie, ainsi que Butembo avec 7 cas confirmés.
Dalmond Ndungo
