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Analyses et points de vue

L’avenir de la RDC : Entre irrationalité et temporalité malheureuse

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L’avenir politique de la RD Congo s’apparente à un ballet chaotique, où l’élite politique danse au rythme d’une inspiration irrationnelle et d’un sens du temps déconcertant. Dans un pays riche de ressources mais frappé par des crises endémiques, cette dissonance temporelle produit un tempo national décalé, aux conséquences alarmantes pour la stabilité et le développement du pays.

L’élite politique congolaise semble souvent en décalage avec les réalités du peuple. Les décisions sont prises dans un isolement qui frôle l’absurde, où les enjeux de la population sont relégués au second plan. Cette déconnexion se manifeste par des promesses électorales non tenues, des projets pharaoniques mal exécutés, et un manque criant d’initiatives pour répondre aux besoins fondamentaux des Congolais.

Alors que la pauvreté et l’insécurité continuent de croître, les dirigeants semblent préoccupés par des ambitions personnelles et des luttes de pouvoir. Ce qui rend la situation encore plus préoccupante, c’est l’incompréhension du temps politique. Dans un monde en rapide évolution, où les avancées technologiques et les enjeux globaux redéfinissent les dynamiques politiques.

La RDC semble piégée dans un cycle de procrastination, une tendance à différer, à remettre au lendemain une décision ou l’exécution de quelque chose. Les réformes nécessaires, qu’elles soient économiques, sociales ou institutionnelles, sont souvent reportées, laissant le pays dans un état de stagnation. Ce manque d’urgence exacerbe les frustrations de la population, qui attend désespérément un changement tangible.

Les conséquences de cette irrationalité et de ce désalignement temporel sont graves. Les tensions sociales montent, alimentées par un sentiment d’injustice et d’impuissance. Les mouvements citoyens, autrefois sporadiques, commencent à se structurer, appelant à une véritable transformation. Si l’élite politique ne prend pas conscience de l’urgence d’agir, séance tenante.

Elle risque de provoquer des réactions imprévisibles, potentiellement violentes. Pour redresser la barre, il est impératif que l’élite politique congolaise adopte une approche plus pragmatique et ancrée dans la réalité. Cela implique non seulement d’écouter les voix du peuple, mais aussi d’intégrer des experts et des leaders communautaires dans le processus décisionnel.

Un renouvellement du discours politique, basé sur des actions concrètes et mesurables, est essentiel pour restaurer la confiance des citoyens. L’avenir politique de la RDC dépendra de la capacité de ses dirigeants à sortir de cette spirale de décalage et à s’engager vers un avenir où le bien-être du peuple est au cœur des préoccupations, des afflictions, des ennuis.

La route est semée d’embûches, mais un changement de cap est non seulement possible, il est vital. La RDC mérite une élite inspirée par des valeurs rationnelles, un sens du temps renouvelé, et une vision claire pour un avenir meilleur. Celui qui ignore le temps ne récolte que le chaos. Agir sans réfléchir, c’est semer l’irréparable car le temps perdu ne se rattrape jamais.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

Protection de l’enfant et de la femme contre les violences sexuelles en RDC (par Zagor Mukoko)

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Les violences sexuelles sont très répandues, systématiquement et culturellement ancrées en République Démocratique du Congo. Les plus répandues sont les viols, les violences conjugales, les mariages forcés et précoces. 

Selon l’Enquête démographique et de Santé-2023 de UNFPA, en République Démocratique du Congo 45% des femmes de 15-49 ans ont subi des actes de violences physique ou sexuelle.

Parmi ces femmes, 68% n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à quelqu’un. Cette même étude démontre un taux de mariage précoce préoccupant : 18 % des femmes de 25-49 ans sont en union avant l’âge de 15 ans et 53 % sont en union avant 18 ans. Cette même enquête a aussi montré que 89% des femmes de 15-49 ans et 73% des filles de 0-14 ans sont excisées.

De plus, la crise actuelle à l’Est du pays, les violences sexuelles en occurrence, les viols, sont utilisées comme une arme de guerre. D’après les enquêtes, les femmes déplacées qui ont trouvé refuge dans des camps de fortune autour des zones d’exploitation minière subissent aussi de nombreuses violences : viols, harcèlements sexuels, mariages forcés, prostitution.

Selon les mêmes enquêtes, 13,9% des personnes en situation de vulnérabilité enquêtées ont déclaré avoir subi des violences et abus. Les plus fortes proportions de ces cas de violence sont notées dans les Zones d’exploitation minières (22%) et en Ituri (18,3%).

Le Cercle d’étude pour la protection de l’enfant et la famille, en sigle CEPEF ,est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs universitaires , les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF agit dans la proximité de la population pour protéger les droits de l’enfant et prévenir les violences sexuelles et celles basées sur le genre.

En tant que groupe de réflexion, le CEPEF offre non seulement une voix collective et amplifiée pour défendre les questions de protection de l’enfant et de la famille en RDC et dans le monde, selon les valeurs universelles , des Opportunités de réseautage, de connexion, et d’échange au sein d’un réseau de Protection de l’enfant en situation d’Urgence qui comprend des ONG internationales, régionales et nationales, des agences de l’ONU, des gouvernements ainsi que d’autres acteurs humanitaires mais aussi une promotion des liens entre les membres du CEPEF sur le terrain et les organismes régionaux et mondiaux chargés de l’élaboration des politiques, information et analyse des derniers développements liés à la coordination.

Afin de réduire les effets dévastateurs du VBG dans les communautés congolaises les plus à risque, le CEPEF vise à prévenir les VBG sur les femmes et particulièrement les jeunes avec une attention soutenue portée aux personnes en situation de vulnérabilité.

Il s’articule autour d’une réponse holistique qui appuie l’engagement des acteurs sociaux de première ligne et des structures de prise en charge ; et renforce la résilience des femmes et des filles, potentiellement victimes, une participation accrue et inclusive de ces dernières à toutes les étapes de traitement de la problématique dans un environnement protecteur.

Le CEPEF est appelé à collabore avec tous les acteurs qui interviennent en République Démocratique du Congo en matière de protection et de lutte contre les VBG. Le CEPEF intervient en complémentarité des activités développées, notamment en termes de renforcement des capacités et de promotion de l’inclusion des femmes et filles survivantes de VBG et déplacées de guerre.

De plus, le CEPEF favorise une synergie d’intervention entre tous les acteurs présents à travers les cadres de concertation inclusifs.

Ancré au sein des communautés surtout parmi les acteurs qu’il appuie, le CEPEF vise un impact à long terme par le biais du renforcement durable des capacités des acteurs locaux (volontaires, prestataires de soin…), l’amélioration de la capacité d’accueil des structures de santé communautaire et de la qualité de la prise en charge des survivantes de VBG, et le renforcement de la résilience socioéconomique des bénéficiaires.

Le CEPEF dispose également d’un ancrage institutionnel à travers le renforcement de capacités des élus locaux et la mise sur pied de cadres de concertations inclusifs qui regroupent les autorités des entités décentralisées, les acteurs de santé et les associations. Cela permettra de garantir la pertinence, l’efficacité et la durabilité des actions sur le terrain.

Zagor Mukoko Sanda

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