Société
Démantèlement du ministère de l’Emploi et du Travail : Un coup dur pour la prévoyance sociale en RDC
L’annonce récente du Gouvernement Judith SUMINWA Tuluka concernant le démembrement du Ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale et l’élargissement de celui de la Santé publique en République Démocratique du Congo a suscité de vives inquiétudes quant à l’avenir de la protection sociale dans le pays.
Le changement de dénomination et le transfert des questions de prévoyance sociale au Ministère de la Santé Publique remettent en question la cohérence et l’efficacité du système de sécurité sociale en RDC. La prévoyance sociale, intrinsèquement liée aux questions d’emploi, est un pilier essentiel du système de protection sociale dans le monde.
En se conformant à la Convention 102 de l’Organisation Internationale du Travail et en adoptant une législation nationale claire en matière de sécurité sociale, la RDC s’est engagée à garantir une couverture sociale adéquate à ses citoyens. Cependant, le démembrement du Ministère de l’Emploi et du Travail risque de compromettre ces engagements et de créer un désordre institutionnel.
La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), chargée de la gestion des cotisations sociales et des prestations associées, se retrouve désormais sous la tutelle du Ministère de la Santé Publique, un ministère dont la vocation première n’est pas en adéquation avec la gestion de la sécurité sociale des travailleurs.
Cette situation pourrait entraîner un dysfonctionnement des mécanismes de protection sociale et mettre en péril les avancées réalisées en matière de sécurité sociale en RDC. En outre, la RDC n’a intégré que trois branches sur les neuf prévues par la Convention 102 de l’OIT, ce qui témoigne de l’importance de renforcer et non de fragiliser le système de protection sociale dans le pays.
Le démembrement du Ministère de l’Emploi et du Travail risque de compromettre la gouvernance de la prévoyance sociale et de fragiliser la position de la RDC sur la scène internationale en matière de sécurité sociale. Il est impératif que les autorités reconsidèrent cette décision et rétablissent un cadre institutionnel adéquat pour garantir une protection sociale effective et pérenne en RDC.
En préservant l’intégrité du Ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale et en favorisant la collaboration entre les ministères concernés, le gouvernement pourrait rectifier le tir et assurer une protection sociale adéquate pour les travailleurs congolais. La fourberie est ennemie des excès. Elle est l’apanage exclusif de l’homme et dans le mensonge, elle finit souvent par suggérer la saveur réelle des choses.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Lubumbashi : 5 présumés criminels interpellés, dont 2 femmes
La Police nationale congolaise (PNC) du Haut-Katanga a présenté, lundi 8 juin, 5 présumés criminels, dont 2 femmes, arrêtés par le Groupe de recherche et d’investigation criminelle (GRIC) à Lubumbashi.
Les suspects ont été présentés au commissaire provincial adjoint chargé de la police administrative, le colonel Bale Agwaki John, à l’occasion de la parade hebdomadaire de la police.
Selon le commandant du GRIC, le colonel Simplice Tshikala, ces personnes seraient impliquées dans un réseau de détention et de vente illégale d’armes et de munitions.
« Depuis un moment, nous avons appris qu’il y a des bandes organisées qui se ravitaillent à travers nos camps militaires en armes et en munitions. Nous avons déployé nos sources et nous avons arrêté Etomale Mbat, un voleur à main armée extrêmement dangereux. Sur lui, nous avons trouvé 1 300 munitions, un revolver ainsi que deux chargeurs garnis », a déclaré le colonel Tshikala.
La police affirme également avoir arrêté deux autres suspects qui tentaient de vendre des armes à feu. Après leur interpellation, ces derniers auraient conduit les enquêteurs dans une maison où étaient dissimulées d’importantes quantités de munitions.
Au total, plus de 2 850 munitions de calibre 7,62 mm, plusieurs chargeurs garnis destinés aux fusils AK-47 ainsi qu’un revolver de calibre 9 mm ont été saisis.
Par ailleurs, deux policiers accusés d’avoir extorqué 1 820 dollars américains à des habitants du quartier Bel-Air 2, dans la commune de Kampemba, ont également été présentés à l’autorité policière provinciale.
« Ce sont des personnes capables de déstabiliser la paix et la tranquillité publiques », a insisté le commandant du GRIC, précisant que les enquêtes se poursuivent afin d’identifier l’origine de ces effets militaires et les réseaux impliqués.
Le colonel Bale Agwaki John a, de son côté, salué le professionnalisme des éléments du GRIC dans la lutte contre la criminalité et appelé les unités de police à renforcer les opérations de sécurisation de la population et de ses biens.
Les suspects civils ainsi que les 2 policiers ont été transférés devant les juridictions compétentes pour la suite de la procédure.
Patient M.MBY/CONGOPROFOND.NET
