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64 ans de la RDC : L’ECC exhorte le président Tshisekedi à prendre des initiatives courageuses et consciencieuses d’engager le pays dans le processus de « vérité et réconciliation »
les Chers compatriotes et Peuple de Dieu,
En ce jour du 30 juin 2024 où nous commémorons le 64e anniversaire de notre indépendance, que la grâce et la paix nous soient accordées de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur.
Jean 8, 32 dit : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira ». La vérité en rapport avec la commémoration de cet événement est celle de dire que des efforts sont encore à fournir à tous les niveaux pour que 64 ans après l’accession de notre Pays à l’indépendance, nous puissions vivre son effectivité. Si durant les 75 ans de la colonisation, le Pays avait été victime des pillages systématiques de ses ressources naturelles et sa population avait été soumise à des traitements infrahumains, fort est de constater que depuis l’indépendance, la situation générale laisse à désirer, faisant de cette indépendance une illusion pour une population qui demeure encore un peuple meurtri.
Et le passé d’un peuple meurtri n’est jamais passé tant qu’il n’est pas encore guéri par un processus courageux et consciencieux de vérité et réconciliation. Voilà pourquoi même pour nos morts qui sont des invisibles et non des absents, la justice doit être rendue par le triomphe de la vérité et de la réconciliation. Une Nation foncièrement religieuse comme la nôtre devrait sans cesse laisser la vérité questionner le sens et la place de la vie dans la triade Dieu, Univers et Homme.
Entre Histoire et Mémoire d’un peuple, « La vérité peut dire sans vouloir tout dire pour ne pas dire ce que les autres refusent de dire et d’entendre ». La vérité relève donc de l’acte de la Parole et de l‘attitude de l’entendre.
Victime des crimes de masse ayant fait près de 10 millions de morts et continuent à faire couler le sang de nos compatriotes, à cause des agressions et des conflits armés perpétrés depuis près de trois décennies, sous le silence coupable de la communauté internationale, la République Démocratique du Congo devient un cas d’école de la justice transitionnelle et un symbole de la banalité du mal par la désacralisation de la vie humaine dans notre contemporanéité.
Ce 30 juin 2024 trouve notre Pays confronté aux multiples défis socio-économiques, politico-idéologiques, diplomatiques et sécuritaires qui, d’un côté, sont le fruit de notre incapacité de nous arrêter en vue d’analyser sans complaisance les causes profondes de nos souffrances à partir d’une reprise consciente de notre passé commun et, de l’autre, par l’absence de notre responsabilité collective de mettre en place un cerveau collectif en vue de repenser notre autodétermination face à la reconfiguration des blocs de puissance et aux chocs civilisationnels de l’heure.
Chers compatriotes et Peuple de Dieu,
Décidées de faire de notre Pays un réservoir mondial d’exploitation illicite des ressources naturelles et de la biodiversité, certaines puissances se sont livrées aux crimes de masse par la traite négrière, la colonisation et autres formes d’esclavages perpétrés sur nos populations.
Plusieurs rapports d’experts nationaux et internationaux attestent qu’un partenariat d’affaires s’est cristallisé principalement au Nord-Kivu et en Ituri entre les groupes armés, certains pays voisins et quelques multinationales dans l’exploitation des minerais du sang.
64 ans après l’accession de notre Pays à son indépendance, nous devons avoir le courage d’avouer que plusieurs processus initiés pour tenter de réparer ce long passé sombre et le plus récent ont été conjoncturels et ont montré leurs limites face aux problèmes endémiques.
Qu’il s’agisse des processus politiques internes, notamment la démocratisation du Pays en 1990 passant par la Conférence nationale souveraine en 1992 et la longue période de transition politique de 1990 à 2003, du Dialogue inter congolais de Sun City en 2002 ayant mis en place l’actuel ordre constitutionnel grâce auquel il a été organisé les quatre cycles électoraux de 2006 à 2023, pour ainsi légitimer et articuler les institutions en vue d’une gouvernance démocratique de l’Etat ; qu’il s’agisse des processus diplomatiques basés sur les relations internationales, notamment par des adhésions dans différentes organisations continentales et mondia passant par la signature de différents traités et accords internationaux jusqu’à la tentative de réparation du passé colonial, le Pays reste confronté aux défis géopolitiques et géostratégiques de l’heure.
64 ans après, il est temps de quitter le monde de célébration d’un événement historique et lui donner un contenu pratique de l’affranchissement du Pays et de sa population de tout ce qui les maintiendrait encore dans un état d’esclavage déguisé. Il nous faut donc engager notre Pays dans un nouveau processus hautement spirituel de sagesse et d’intelligence en vue de guérir son passé, mieux vivre le présent et retrouver son destin initial.
Psaumes 133,1 est interpellateur lorsqu’il déclare : « Voici, oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble.» Demeurer ensemble appelle à l’unité des fils et filles du Pays, à regarder dans la même direction, à l’acceptation de vivre ensemble avec les autres dans la tolérance mutuelle, et l’engagement dans la recherche du bonheur collectif.
Engager le Pays dans un tel processus courageux et consciencieux exige absolument une approche rationnelle qui transcende les pesanteurs sociologiques, idéologiques, politiques et religieuses pour arriver à identifier des causes profondes de notre plus grande tragédie dans l’historiographie des humains et, par conséquent, parvenir aux résultats escomptés.
L’Eglise du Christ au Congo (ECC) lance un vibrant appel aux fils et filles du Pays, dirigeants et dirigés, à s’unir comme un seul Homme derrière l’initiative de vérité et réconciliation en ces temps difficiles que traversent notre Pays et sa population.
Mettons nous ensemble comme frères et sœurs pour parler en profondeur du Congo, notre Congo, cela est doux et agréable, le Seigneur nous enverra la bénédiction, la vie pour l’éternité ! Debout congolais !
L’Eglise du Christ au Congo exhorte le Chef de l’Etat, en sa qualité de Représentant de la Nation et Symbole de l’unité nationale (Art. 69 de la Constitution du 18 février 2006) à prendre des initiatives courageuses et consciencieuses d’engager le Pays dans le processus susmentionné. Car, il est écrit : « vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira » (Jean 8, 32).
Le processus dont il est question ici n’est nullement celui de partage du gâteau ou de naïveté collective. C’est plutôt un processus spirituel qui marquera un changement de paradigme de notre combat, pour ainsi donner l’occasion à notre peuple de tirer des véritables leçons de son passé et de construire l’espérance de son rêve collectif.
Il s’agit ici de briser le silence pour accéder à la vérité, de manière à reconnaitre les vrais acteurs internes et externes, pour ainsi établir les responsabilités en vue de parvenir à la réparation ou au pardon.
Ce processus permettra une justice réparatrice d’une part, entre peuple congolais et, d’autre part, entre les Congolais et les autres peuples du monde qui se sont rendus coupables des faits susceptibles d’être qualifiés de crimes de masse et de pillages des ressources naturelles de la République Démocratique du Congo.
Cette justice réparatrice permettra de mettre fin au silence complice de la communauté internationale et de redonner à la dignité humaine son fondement éthico-spirituel en vue de reconstruire une paix durable et lancer le processus du développement durable dans notre Pays. Elle aura aussi le mérite d’influencer la stabilité et la prospérité de la sous-région des Grands-Lacs en particulier et de la Région d’Afrique Centrale en général.
Si notre Hymne national consacre et immortalise la date du 30 juin, c’est pour qu’à la fois nous défendions notre serment de liberté et que nous prenions le sacré engagement de bâtir un Pays plus beau qu’avant, d’assurer sa grandeur et de léguer dans les limites de ses frontières à notre postérité pour toujours.
Je termine en lançant un vibrant appel très particulier aux fils et filles de l’Eglise, les affranchis de Christ, devenus réellement libres de tout ce qui peut maintenir l’homme dans le contraire de la vérité, qui est le mensonge et de l’affranchissement, qui est l’esclavage. De la même manière Dieu nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour (Col.1,13), il nous donne aussi la mission de faire pareil pour nos semblables et notre Pays de qui dépend notre bonheur.
Il dit à chacun et chacune par Paul : « Je t’ai choisi du milieu des congolais, vers qui je t’envoie, afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de la dépendance, de l’esclavage, de l’exploitation à la vraie indépendance, pour qu’ils reçoivent en héritage les retombées des richesses dont regorge leur Pays.» (Actes 26,17-18).
Nous avons été délivrés pour délivrer, nous avons été bénis pour devenir une source de bénédiction pour notre Pays et non le contraire.
Nous avons donc l’obligation de persévérer, quoi qu’il arrive, dans la prière avec foi et la recherche du bonheur de notre Pays et de sa population pour ainsi devenir un exemple à suivre pour les autres qui ne connaissent pas encore Christ, le vrai Libérateur.
C’est dans ces conditions que la République Démocratique du Congo, Pays béni de Dieu, retrouvera son rôle prophétique pour le salut de l’humanité.
Que l’Eternel, notre Dieu, bénisse la République Démocratique du Congo et son Peuple.
Bonne fête de l’indépendance à toutes et à tous. Je vous remercie !
Fait à Kinshasa le 30 juin 2024
Rév. Dr André-Gédéon BOKUNDOA-bo-LIKABE
Président National, Représentant Légal de l’ECC
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Afrique : Moscou avance ses pions sur les terres d’influence du Vatican
Ne laissant plus un secteur sans sa présence, Moscou à travers ses instruments d’influence, s’attaque depuis peu, au secteur religieux. En 3 ans, les églises orthodoxes en Afrique sont passées de 5 paroisses en 2022 à 350 en 2025 couvrant plus de 36 pays.
Le 19 avril 2026 alors que la visite du pape Léon XIV suivait son cours en Afrique, notamment en Angola, la dynamique russe ne s’est pas faite prier pour prendre le contre-pied de l’Église catholique en Afrique. En effet, le compte pro-russe Rybar_Africa publie une carte de l’expansion de l’église orthodoxe russe en Afrique. Simple coïncidence ou aveu assumé d’une concurrence stratégique en Afrique qui n’épargne plus aucun secteur, un faisceau de données semble corroborer la 2ème hypothèse. Ce d’autant plus que, depuis plusieurs années, la Russie mène en Afrique une campagne d’influence qui dépasse le cadre militaire. Une enquête de All Eyes On Wagner (AEOW),une organisation de la société civile, travaillant sur les ingérences et influences russes, met en lumière une stratégie pilotée par Africa Politology. Liée au Service de renseignement russe externe(SVR), cette stratégie vise à présenter le Vatican, les missionnaires catholiques et les chrétiens non-orthodoxes comme des instruments de déstabilisation occidentale. L’objectif principal est de fragiliser l’influence du Vatican et des Églises chrétiennes non orthodoxes pour installer une présence religieuse russe concurrente, indique ledit rapport.
Depuis 2019 qui est considérée comme l’année de la relance russe en Afrique, ou 2017 selon certaines analyses, Moscou semble ne laisser un secteur sans sa présence. Depuis 2022, la religion est ciblée. Moscou veut surtout imposer en Afrique, les églises orthodoxes comme une alternative au Vatican à en croire la dernière enquête de AEOW dans son enquête sur les stratégies pilotées par Africa Politology, liée au SVR (Service de renseignement russe externe) . C’est ainsi en tout cas, ce que décline le visuel publié le 19 avril 2026 par des comptes pro-Kremlin. Cependant, Henri Teko, sociologue et chercheur sur les questions de religion, «il ne faut pas directement y voir une stratégie cachée de la Russie ». Ce d’autant plus que « les jeunes africains ont de plus en plus tendance à aller vers de nouvelles spiritualités » poursuit-il. Et d’indiquer à titre d’illustration, qu’«il en est de même du nombre de jeunes qui se tournent de plus en plus vers les religions ancestrales ».

Capture d’écran faite le 28 avril 2026 à 10h.
Derrière le visuel sur l’expansion des églises orthodoxes en Afrique, le message est avant tout politique. Afficher une présence organisée et assumée sur le continent, au moment même où le pape Léon XIV mène une tournée africaine pour la paix ( 1 , 2 , 3 ). Le timing est bien mesuré car, la visite papale prévoit également un volet géopolitique comme on peut le lire de façon subliminale dans son programme. Il s’agit entre autres raisons, de renforcer la position du Vatican en Afrique et faire face aux défis géopolitiques . En rappelant au pape que ses églises sont également présentes sur le continent. « L’histoire des églises orthodoxes, c’est aussi ce qu’on appelle conquérir les cœurs et les esprits. Et je pense qu’ils l’ont bien expérimenté, ce soft power en Centrafrique, où les Russes ont travaillé ou même créé ou financé des médias. Ils ont fait des films saluant la fraternité entre la Russie et la Centrafrique. Ils ont créé des centres culturels, notamment à la maison de la culture russe », pense Samba Dialimpa Badji, chercheur sur les questions de désinformation et d’instruments d’influence à l’université d’Oslo en Norvège. « Et donc, je pense que les églises qui s’installent, c’est aussi un peu dans cette logique de soft power, de vendre la culture russe et d’essayer de développer une autre image, qui est un peu différent de l’image que tout le monde a de la Russie et qui est toujours associé à Wagner et après Afrika Corps », poursuit-il.
La « guerre » derrière la foi
Le contre-pied de Moscou ne s’est pas fait attendre. Il a profité de cette visite pour faire connaître ses intentions. Sauf que derrière cette expansion religieuse, se dessine un réseau d’influence structuré, au cœur d’une stratégie plus large de recrutement d’africains pour combattre sur le front. Ce d’autant plus que, entre 2023 et 2025, plus de 1 417 Africains ont rejoint l’armée russe pour la guerre en Ukraine. Ces africains ont été ciblés via différentes méthodes, notamment grâce aux réseaux d’églises orthodoxes russes. A titre d’exemple, On dénombre 500 départs vers la Russie qui ont été facilités en deux ans, avec 200 familles ayant signalé des cas problématiques. Au Cameroun, la présence paroissiale de l’église orthodoxe a été multipliée par 27 dans le pays. En parallèle, le Kenya, premier sur la liste , compte environ 137 paroisses qui y sont installées. C’est plus de 335 recrues selon certaines, 1 000 volontaires selon d’autres dans l’armée russe qui ont été recensées, dont 94 ont été déclarées décédées.
D’après nos informations, pour s’y prendre, plusieurs schémas sont utilisés au sein de ces églises. De façon non exhaustive, une approche via des réseaux religieux et envoi dans des séminaires orthodoxes russes. L’utilisation initiale comme travailleurs, puis redirection vers le front ukrainien, intégration progressive dans des circuits militarisés, au moins 26 étudiants concernés par cette forme. Enfin, recrutement via des emplois civils, notamment dans des usines de drones comme Alabuga Start .
Par ailleurs, ces structures religieuses servent donc aussi à identifier des profils, faciliter le recrutement et diffuser des narratifs pro-Kremlin. Sur ce dernier cas, la diffusion est régulièrement assurée, s’appuyant parfois sur des relais locaux, comme le mentionne le rapport de All Eyes On Wagner publié le 23 avril 2026. Le basculement est visible à plus d’un titre, certaines paroisses changent d’identité, passant de «Église Orthodoxe Africaine» à «Orthodoxie russe». Il s’agit notamment du diocèse de l’Afrique du Nord avec siège au Caire en Egypte et du diocèse d’Afrique du Sud avec siège à Johannesburg. C’est un remplacement visible et symbolique de l’identité qui renvoie de façon sémiotique à une mutation idéologique sur le continent.
Paul-Joël KAMTCHANG/DataCheck
