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61 an d’indépendance de la RD Congo: Qu’en est-il de l’évolution des partis politiques? (Interview avec Me Elvis Mayo Bieme Ngalisame)
A l’occasion du 61 ème anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, Congopronfond.net est allé à la rencontre d’une personnalité politique, en l’occurrence Me Elvis Mayo Bieme Ngalisame, Cadre de l’Udps et Conseiller du Président a.i. Jean-Marc Kabund, afin d’obtenir quelques détails particuliers sur l’évolution des formations politiques au bout de ces six décennies.
Congoprofond : Depuis 1960, le pluralisme politique a-t il été bénéfique pour ce pays ?
Me Elvis Mayo Bieme : Mi-figue mi-raison exprimera ma réponse parce que d’une part cela est allé dans tous les sens au début des années 60 avec une floraison sans contrôle des partis ; un multipartisme intégral et sauvage dans les années 90 et d’autre part une consécration constitutionnelle du pluralisme qui interpelle les partis au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique. Le pluralisme est favorable aussi car nul n’ignore les affres des années mobutiennes avec le règne du parti unique. La qualification légale de crime de haute trahison quant à l’institution d’un parti unique est une avancée considérable depuis 2004.
Congoprofond : Est ce qu’il y a à redire sur le cadre organisationnel et fonctionnel de nos partis politiques à l’égard de la femme ?
Me Elvis Mayo Bieme : Malgré une timide percée de la représentation des femmes au sein des instances gouvernementales, les obstacles à l’entrée au niveau des instances des partis politiques demeurent encore nombreux. Pour les surmonter, les mesures de quotas sont généralement considérées comme le moyen le plus efficace.
Congoprofond : Pourriez-vous épingler quelques maux qui rongent nos partis continuent de survivre en dépit des âges ?
Me Elvis Mayo Bieme : Il y en a beaucoup. Prenons l’exemple de la corruption et du phénomène du changement d’allégeance partisane en cours de mandat électoral, appelé nomadisme ou transhumance. Or, lorsque les citoyens constatent que des élus qui se sont présentés sous les couleurs d’un parti en en défendant les principes et le programme, rompent en quelque sorte ce «contrat moral» et renient leurs présumées convictions d’hier pour adhérer à un parti qu’ils dénigraient auparavant, ils peuvent ressentir un sentiment de trahison, alimentant ainsi un cynisme politique. Cela est très offusquant.

Congoprofond : Qu’en est-il de l’évolution de l’épineuse question des finances des partis ?
Maître Elvis Mayo Bieme : Les textes légaux organisent tout cela. Du financement public ou privé à la gestion comptable et fiscale des partis. C’est la volonté politique qui fait défaut depuis des lustres. N’oubliez pas aussi que la logique comptable et celle politique sont un peu opposées. D’abord La comptabilité est associée à la rigueur et à la transparence, incompatible apparemment avec le discours politique fait quelques fois d’annonces tonitruantes mais peu crédibles. Ensuite, le «mauvais» comptable utilise les chiffres pour déformer la portée du discours et de l’ambition du politique. Somme toute, depuis 1960, on s’est toujours étonné de l’absence ou quasi-absence de discours sur la comptabilité des partis. C’est une défaillance.

Congoprofond : Comment envisagez – vous l’avenir de nos partis politiques avec l’apparition des réseaux sociaux ?
Maître Elvis Mayo Bieme : 61 ans après, le numérique, qui nous fait entrer dans un nouvel âge du politique, est l’espoir de l’actualisation d’une promesse encore inaboutie depuis l’indépendance : la participation de tous à la vie publique. A cet égard, les réseaux socio-numériques sont souvent présentés par les partis politiques comme de nouveaux modes de communication sollicitant la mobilisation et la participation des citoyens au processus électoral. Il s’agit en fait d’un outil d’information, d’échange et de discussion, de mobilisation, d’amélioration de la gouvernance mais aussi de la manipulation. Certes le numérique sert dans le débat politique, mais on sait à quel point cette arène électorale en ligne peut être dangereuse lorsque par exemple les états-majors des partis, sans filtre de respect et de bienséance, s’y emploient pour affaiblir et diaboliser les camps adverses avec des publications indécentes faites dans le but de leur nuire et les clivages profonds que révèlent les élections se sont réglés souvent en ligne. Les partis doivent s’y pencher à fond en vue d’une orientation civique pour le bien de la nation.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
