Actualité
29èmes championnats nationaux de boxe amateur : le Haut-Katanga en pole position
Du 28 février au 07 mars Kinshasa se sont tenus les championnats nationaux de Boxe amateur dans sa 29ème édition. A l’issue de cette compétition, le Haut-Katanga s’est accaparé la première place, laissant ainsi Kinshasa derrière sur 23 provinces participantes.
En effet, le Haut-Katanga a raflé 12 médailles dont 9 en or, devant la province de Kinshasa et Kongo-Central qui ont fait chacune 6 médailles d’or.
Notons que pour cette dernière journée, plusieurs combats étaient au rendez-vous, mais le plus attendu était celui de l’athlète de VClub (Kinshasa), Landry Matete dit « Baloo » et Timuntu Chapiteau surnommé « Roi Congo » du Kongo-Central, dans la catégorie de Lourds, rencontre tournée à l’avantage du Kinois qui a inscrit dans sa gibecière son troisième titre national.

Les deux pugilistes déjà en rivalité en dehors du ring, leur combat a répondu aux attentes du public pendant les deux premiers rounds avant que l’athlète du Kongo-Central gâche la fête, lors du troisième rounds, par un geste anti-jeu.
Ce dernier a été disqualifié, donnant ainsi la victoire à Baloo Matete alors que le combat était encore équilibré.
Satisfait du résultat malgré sa première fois de faire cette catégorie, Baloo Matete a remercié ses entraîneurs pour son troisième titre national. « Je m’étais préparé pour ce troisième titre vu que récemment je venais de rater le titre du championnat de Kinshasa parce que je ne m’étais pas bien préparé. Cette défaite face à Pita m’avait vraiment donné le courage de faire mieux. Je me suis très bien entraîné avec mon coach, j’avais promis de rafler ce troisième titre, voilà aujourd’hui c’est fait. Je suis deux fois champion du Congo en catégorie des mi-lourds, mais mon directeur technique a jugé bon de me placer chez les lourds en tenant compte de mes compétences. Voilà ça été, j’ai d’abord gagné le demi-finale face au boxeur du Maniema avant de gagner cette finale », a-t-il expliqué.

Rappelons également que c’est pour une première fois que les championnats nationaux se tiennent avec 90 pourcents de provinces. Un record battu par la fédération congolaise de boxe que dirige Ferdinand Ilunga Luyoyo, qui depuis son arrivée avec son comité ne cessent de faire parler cette discipline dite « Nobl’art ».
Les prochaines échéances de cette fédération, c’est l’organisation du tournoi d’Afrique de la zone dans ce même mois de février. Ce dernier va réunir plus de 14 pays africains.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
Politique
Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple
Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.
Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.
Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.
Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.
Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.
S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
